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Les commissions scolaires ont revu leurs pratiques et réduit les services administratifs à moins de 5%. Visiblement, il reste du gras à couper.

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La crédibilité des commissions scolaires est mise à mal depuis longtemps et le manque de jugement de certains gestionnaires est directement en cause.

Le milieu a unanimement décrié le budget Leitao qui n'accorde qu'un maigre 0,2% d'augmentation en éducation. On a brandi le spectre de compressions difficiles et de coupes dans les services aux élèves. L'Association québécoise des cadres scolaires (AQCS) a dit craindre que le réseau scolaire n'ait plus «l'oxygène pour respirer».

Comment justifier, au même moment, la tenue d'un colloque sur le thème «Quand gérer rime avec jongler... il faut laisser sortir le clown en nous!», avec au programme une session de rigologie - une approche fondée sur le rire - pour les cadres scolaires?

Les formations en milieu de travail sont qualifiantes et nécessaires. Mais la tendance à recourir à des «motivologues», des communicateurs professionnels et autres coachs de vie, dont les conférences n'ont parfois rien à voir avec les exigences du milieu de travail, n'est pas toujours heureuse, particulièrement dans un contexte de restrictions budgétaires.

Devant le tollé suscité par la publication d'un reportage sur son colloque hier, l'AQCS a d'ailleurs annulé la session de rigologie.

C'est le dernier exemple d'une série de dépenses douteuses en éducation. Des gestionnaires ont reçu des formations dans le Sud en plein hiver; d'autres voyagent à travers le monde pour recruter de nouveaux élèves; des salles de réunion ont été rénovées à grands frais; des commissaires scolaires fraîchement élus se sont votés des augmentations salariales.

Pendant ce temps, des écoles manquent de ressources matérielles et humaines, des services aux élèves sont coupés et les comptes de taxes scolaires grimpent. Québec verse plus de 8000$ annuellement par élève, mais des directions d'école s'interrogent sur la couleur de cet argent qui transite d'abord par les commissions scolaires. Difficile de savoir si les fonds sont utilisés à bon escient, disent-elles.

Critiquées de toutes parts, les commissions scolaires ont revu leurs pratiques et réduit les services administratifs à moins de 5%. Visiblement, il reste du gras à couper.

L'éducation n'est pas le seul milieu où des questions se posent. Au moment où les centres de la petite enfance dénoncent de nouvelles compressions de 74 millions, les cadres des CPE se réunissent pour un colloque au Château Frontenac, où séance de yoga urbain et conférence sur la «calmitude» et la «zénité» sont à l'honneur.

Cessons d'invoquer la «loi du 1%» - qui oblige les entreprises à verser 1% de leur masse salariale en formation pour les employés - pour justifier ces formations bidon et ce gaspillage de fonds publics. Les exemples récents démontrent la nécessité de resserrer les critères d'admissibilité des formations, particulièrement en ce qui a trait aux colloques.

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