Faire du bruit

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Que vise la «grève sociale» lancée par près de 40 000 étudiants? Vu l'amalgame de motifs, les revendications floues et l'absence de solutions de rechange, on peut se demander si l'objectif n'est pas simplement de faire du bruit.

À trop souffler sur les braises du printemps 2012 pour les raviver, il y a un risque de les éteindre. Il y a trois ans, la grève étudiante avait un but précis. La contestation de la hausse des droits de scolarité s'est muée en mouvement d'humeur collectif contre un gouvernement libéral critiqué et en fin de parcours.

Cette fois, toutes les raisons sont bonnes pour manifester, à commencer par «l'austérité» et les hydrocarbures. Voilà une grève érigée sur des bases fragiles, où le discours inspiré par de grands idéaux véhicule des faussetés.

Affirmer que le gouvernement «met l'entièreté de nos services publics en crise permanente» est une exagération grossière. Limiter la croissance des dépenses pour retrouver un - nécessaire - équilibre budgétaire, ce n'est pas mettre la hache dans les programmes sociaux.

Prétendre que la hausse des tarifs dans les services de garde touche les plus pauvres n'est pas exact. La modulation épargne les personnes à faibles revenus et une partie importante de la classe moyenne qui continueront de payer 7,30$ par jour.

Soutenir que les seules compressions dans les universités causent l'abolition de centaines de cours est une déformation de la réalité. La révision des cours, pour en ajouter certains et en faire disparaître d'autres, est un processus normal et sain dans une institution d'enseignement. Si ce n'était pas le cas, les étudiants seraient les premiers à le dénoncer.

Quant aux hydrocarbures, une réflexion est souhaitable. Mais il ne suffit pas de dénoncer une situation, il faut offrir des solutions alternatives. Le pétrole ne fait pas seulement rouler les véhicules; ses dérivés entrent dans la composition de la plupart des produits utilisés au quotidien.

Notre société n'étant pas près de renoncer au pétrole, à quel moment une grève déclenchée pour s'opposer aux hydrocarbures peut-elle prendre fin? On peut se questionner sur la valeur que les étudiants accordent à leur formation quand ils prennent la rue pour une telle cause.

La grève est un ultime moyen de pression que les sociétés démocratiques se sont donné pour se faire entendre. Pas étonnant que les grandes centrales syndicales refusent pour le moment d'emboîter le pas aux étudiants. Les conventions collectives ne viennent à échéance que le 31 mars. Un long processus de négociation et de médiation doit ensuite suivre son cours.

S'il est légitime de manifester pour des idéaux, des étudiants sont tout autant légitimés de refuser cette «grève sociale» qui part dans tous les sens. «Qui trop embrasse mal étreint» est un proverbe qui prend ici tout son sens.

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