Pédagogiques... et discriminatoires

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Des écoles organisent des sorties coûteuses plusieurs fois par année. Les enfants qui n'ont pas l'argent pour y prendre part restent toutefois à l'école.

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Rien ne justifie les journées pédagogiques à deux vitesses - une pour les enfants nantis et une pour les autres - au sein d'une même école. Cette pratique discriminatoire est pourtant courante.

Des écoles organisent des sorties coûteuses (glissade à Saint-Jean-de-Matha, cabane à sucre) plusieurs fois par année. Les enfants qui n'ont pas l'argent pour y prendre part restent à l'école, raconte notre collègue Marie Allard dans un récent reportage. Choquant !

Certains enfants préfèrent jouer à l'école et participer à des activités animées par le personnel du service de garde. Mais d'autres n'ont carrément pas le choix ; ils y restent faute d'argent.

Plus inacceptable encore, lors des congés sans sorties organisées, un double standard s'est aussi installé, à l'intérieur même des murs de certaines écoles. Ainsi, les enfants qui paient plus cher assistent à un spectacle de magie ou regardent un film au gymnase. Les autres se contentent d'un bricolage en retrait.

Les parents déboursent 7,30 $ par jour (bientôt 8 $) pour envoyer leurs enfants au service de garde de l'école. Lors des journées pédagogiques, un supplément est généralement demandé.

Le calendrier scolaire compte 20 journées pédagogiques (pourquoi autant ?). Selon les écoles, de 10 à 15 sorties sont organisées, avec une facture de 25, 30, parfois 40 $ par enfant. C'est cher, surtout pour des familles qui ont deux ou trois enfants à l'école.

Québec finance une portion des services de garde. Les règles budgétaires prévoient un montant annuel par enfant pour le fonctionnement et diverses allocations, dont 16,90 $ par enfant pour chacune des journées pédagogiques.

Auparavant, certains services de garde étaient en mesure d'offrir des sorties gratuites aux enfants. Depuis, les coûts ont augmenté, notamment pour le transport scolaire. Les coupes dans les commissions scolaires ont aussi eu des conséquences. Intégrée dans le budget de l'école, l'enveloppe du service de garde est parfois utilisée pour d'autres dépenses.

***

La question n'est pas tant de savoir si les sorties et les activités doivent être gratuites. Il faut s'interroger sur cette décision d'en offrir toujours plus aux élèves et, ce faisant, de créer un clivage en fonction des revenus des parents.

Les enseignants travaillent dans leurs classes pendant les journées pédagogiques. On peut comprendre que les services de garde manquent de locaux pour accueillir tous les élèves et doivent organiser des sorties. Est-ce nécessaire qu'elles soient si coûteuses ? Une meilleure collaboration avec les villes permettrait d'offrir des activités sportives et culturelles à moindre coût et à proximité.

Les parents l'ignorent souvent, mais ils peuvent se faire entendre auprès des conseils d'établissement sur l'organisation des journées pédagogiques. Quant aux écoles, elles ont la responsabilité d'offrir des activités qui répondent à la capacité de payer de l'ensemble des parents de leur milieu. Elles ont surtout le devoir de ne pas encourager la discrimination dans un lieu qui se doit de favoriser l'égalité des chances.

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