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En 2020, Québec souhaite que 80 % des élèves du secondaire obtiennent un diplôme ou une qualification après sept années d'études.

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Avant de se lancer dans une autre réforme, le ministère de l'Éducation devrait mettre en application les recommandations contenues dans deux récents rapports - l'un du Conseil supérieur de l'éducation (CSE), l'autre du Vérificateur général - qui le pressent de prendre un peu de recul.

Le Rapport sur l'état et les besoins de l'éducation 2012-2014, publié la semaine dernière par le CSE, invite le ministère à plus de cohérence afin que ses intentions soient mieux comprises.

Le CSE s'est penché sur les changements apportés au curriculum et au programme des études, dans la foulée de la réforme mise en place en 1997. Il constate que, 17 ans plus tard, un malaise existe toujours. Des problèmes perdurent et il faudra un jour en débattre.

La réforme a été implantée dans la précipitation, sans que ses visées soient clairement expliquées. Québec ne s'est pas donné les dispositifs de suivi et d'évaluation permettant de faire une bonne analyse de la situation, afin d'identifier, par exemple, les écoles où le virage a été réussi et celles où des difficultés persistent.

Depuis 1997, plusieurs changements se sont empilés sur cette base déjà fragile: intégration des élèves handicapés ou avec des troubles de comportement ou d'apprentissage dans les classes ordinaires, implantation des maternelles quatre ans à temps plein, conventions de gestion pour favoriser la réussite scolaire, etc.

C'est justement sur ce dernier volet que s'est attardé le Vérificateur général par intérim, Michel Samson, dans son rapport publié à la fin novembre. En 2020, Québec souhaite que 80% des élèves du secondaire obtiennent un diplôme ou une qualification après sept années d'études.

Le ministère n'a pas de vision claire pour atteindre cet objectif, déplore le VG. Le ministère ne tire pas profit de la quantité de statistiques qu'il réclame des écoles et des commissions scolaires pour analyser la situation. Il tarde à rendre ces informations publiques. Il n'encadre pas suffisamment les commissions scolaires pour qu'elles atteignent les cibles, pas plus qu'il ne tient compte des particularités des milieux pour identifier les élèves à risque.

La publication de ces deux rapports survient alors que le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, prépare une vaste réforme portant sur la gouvernance des commissions scolaires. Des scénarios de fusions et de redécoupage des territoires circulent, semant l'inquiétude sans que la finalité du projet soit clairement définie.

Il est temps d'appuyer sur le bouton «pause». Le milieu de l'éducation a essuyé bien des changements depuis une quinzaine d'années. Il est nécessaire d'évaluer le chemin parcouru pour définir une direction à prendre et mettre en place les moyens pour y parvenir. Le Conseil supérieur de l'éducation et le Vérificateur général donnent une bonne idée de la marche à suivre; le ministère doit les écouter.

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