Les lutins débarquent

Qu'il s'agisse de Pâques, de l'Halloween ou de... (Photo Edouard Plante-Fréchette)

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Qu'il s'agisse de Pâques, de l'Halloween ou de Noël, pourquoi chaque fête doit-elle automatiquement donner lieu à de telles surenchères?

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Vous avez l'impression que votre entourage n'a que le mot «lutin» à la bouche? Vous n'avez pas la berlue. C'est la période de l'année où ces petits êtres au bonnet pointu débarquent dans les maisons, pour la plus grande joie des enfants.

Malheureusement, l'engouement est aussi en train de prendre un virage commercial qui menace de devenir envahissant.

Censés arriver avec la première neige, les lutins ont fait leur apparition dès septembre dans les magasins à grande surface, les librairies, les boutiques de jouets, les pharmacies, moussant l'excitation des petits pour une fête prévue des semaines plus tard.

La légende veut qu'ils se fassent «attraper» dans des pièges par les enfants. Chacun sait que ce sont les adultes qui les capturent d'abord avec des billets de banque. Les plus abordables coûtent 20$ et disparaissent les premiers; les autres coûtent quelques dizaines de dollars de plus. L'an dernier, une pénurie a provoqué des scènes dignes du film La course aux jouets pour les derniers lutins disponibles.

Flairant l'aubaine, des commerçants en ont rajouté: poudre magique, traces de pas, pièges, permis de chasse, petites couvertures, lits et jus de sapin (pour apaiser les lutins). Sur leur site internet, certains vont jusqu'à vanter l'apport «éducatif», indiquant que «le lutin agit comme intermédiaire pédagogique et ludique entre l'enfant et ses parents».

Qu'il s'agisse de Pâques, de l'Halloween ou de Noël, pourquoi chaque fête doit-elle automatiquement donner lieu à de telles surenchères?

Les lutins envahissent même les réseaux sociaux; les parents y publient des photos montrant les bêtises que font les lutins. Car les nains sont bien vivants: immobiles le jour, ils s'amusent à faire des folies pendant la nuit. C'est à qui inventera le tour le plus pendable: dérouler un rouleau de papier toilette en entier, renverser un sac de farine sur le plancher, etc.

C'est généralement rigolo. Mais certains parents finissent par ressentir une pression à devoir suivre la parade, soir après soir, jusqu'à Noël.

Il y a un risque: celui de perdre la magie. Le problème ne vient pas des lutins. Leur présence amuse et fait rêver les enfants. Ils sont beaux à voir au réveil, quand ils se demandent où s'est caché leur lutin pendant la nuit. Cette interaction nourrit leur imaginaire et remplit l'attente avant Noël.

Mais cette surabondance, ce désir de se surpasser, ce besoin de dépenser pour en faire toujours plus sont-ils nécessaires? Pourquoi ne pas revenir à l'esprit de la légende: le bonheur de passer de beaux moments en famille, de créer des traditions, parfois très simples, qui deviendront un jour des souvenirs impérissables?

À trop en faire, à vouloir commercialiser - encore un peu plus - l'esprit des Fêtes, il n'y a plus de plaisir. C'est à ce moment que Noël perd sa magie.

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