Refuser l'insécurité

Quand une attaque survient au coeur d'une communauté, les répercussions sont... (Photo Chris Wattie, Reuters)

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Quand une attaque survient au coeur d'une communauté, les répercussions sont prévisibles. Au même rythme auquel les mesures sont renforcées, un sentiment d'insécurité s'insinue dans la population qui perd, du coup, toujours un peu plus de son innocence. Il ne faut pourtant pas s'y résigner.

Les images de policiers lourdement armés et de véhicules blindés roulant dans les rues calmes d'Ottawa hier ont frappé l'imaginaire. Ce sont des images déjà vues - pensons à la crise d'Octobre - mais qui détonnent toujours dans une société démocratique.

La menace, si elle vient clairement de chez nous, semble prendre racine dans une idéologie extrémiste dont les causes nous sont lointaines, celles des djihadistes et des islamistes radicaux.

Y a-t-il un lien entre le geste commis par Martin Couture-Rouleau, qui a happé des militaires, dont un mortellement, à Saint-Jean-sur-Richelieu lundi et ce qui s'est passé à Ottawa hier? On l'ignore encore.

Mais il semble que le tireur abattu à l'intérieur du parlement - après que le caporal Nathan Cirillo eut été tué devant le monument commémoratif de guerre - avait un profil similaire. Les premières informations semblent indiquer qu'il figurait aussi sur une liste de 90 Canadiens «radicalisés» sous surveillance et que son passeport avait été saisi.

Il est beaucoup question de terrorisme cette semaine. Alors qu'il est généralement le fait de groupes organisés, on assiste à une nouvelle forme de terrorisme, où des individus, séparément, adhèrent à une idéologie commune et radicale propagée au sein d'une communauté virtuelle.

L'objectif est le même: déstabiliser. Cultiver la peur en s'attaquant aux symboles d'une société.

Hier, la réaction des autorités a été immédiate. Tous les édifices publics symbolisant le pouvoir ont fait l'objet d'un code rouge. La sécurité a été renforcée à l'Assemblée nationale, dans les palais de justice, à l'hôtel de ville de Montréal comme de Québec. Les grandes villes canadiennes, dont Toronto, ont fait de même. Les Forces armées canadiennes ont même demandé aux militaires de ne plus porter leur uniforme à l'extérieur de la base.

La conférence de presse organisée par les autorités policières semblait surtout destinée à rassurer la population plutôt qu'à diffuser des renseignements. Un nouvel appel à la vigilance a été fait. Les citoyens sont invités à rapporter aux autorités tout changement radical chez leurs proches.

Aussi nécessaires soient-elles, ces actions ne sont malheureusement pas infaillibles. Nous en avons la preuve cette semaine. Malgré la collaboration des familles et des communautés, malgré la surveillance des autorités, des attaques se sont produites, des innocents ont été tués.

Il faut éviter la tentation de se surprotéger. Cela ferait en sorte d'accentuer le sentiment d'insécurité, et c'est justement ce que recherchent les terroristes. Nous ne devons pas y céder.

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