Racisme mortel

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Les tensions qui ont éclaté après la mort de Michael Brown, un jeune Noir abattu par un policier blanc, ont de nouveau mis en lumière une tare de l'empire américain: le racisme banalisé, combiné à la pauvreté qui frappe la population afro-américaine en particulier.

La localité de Ferguson, au Missouri, est au coeur de l'actualité depuis plus d'une semaine. L'intervention policière militarisée qui s'y est déroulée n'y est pas étrangère. Il suffit pour s'en convaincre de regarder cette photo d'un policier en habit de camouflage, juché sur un blindé, l'oeil dans le viseur, son arme pointée vers une foule pacifique, qui a beaucoup circulé. Cette militarisation n'explique toutefois pas tout.

Les événements de Ferguson évoquent ceux survenus il y a deux ans en Floride, quand le patrouilleur bénévole George Zimmerman a abattu un jeune Afro-Américain, Trayvon Martin. Son acquittement avait soulevé l'ire de la population.

Plus près de nous, ils rappellent aussi l'émeute qui avait secoué Montréal-Nord après la mort de Fredy Villanueva, tué par un agent du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en 2008.

La conclusion du psychologue Martin Courcy, mandaté par le SPVM pour faire la lumière sur les événements, a été sans équivoque. «Le racisme et le harcèlement systématique des policiers de Montréal à l'égard des jeunes des minorités visibles sont à l'origine de tensions sociales qui ont culminé avec une émeute», avait rapporté Le Devoir.

Aux États-Unis, le contexte historique exacerbe la situation. La population continue de se débattre avec l'héritage des divisions raciales, de l'esclavage et de la ségrégation, a déjà souligné le président Barack Obama.

Si la ségrégation a été abolie il y a près de 50 ans, les préjugés et la discrimination existent toujours. S'ajoute à cela, pour bien des Noirs, la frustration d'être pauvre dans une société riche.

La population afro-américaine gagne moins, est davantage frappée par le chômage et est moins instruite que la moyenne des Américains. Les Noirs sont également surreprésentés dans les prisons.

À Ferguson, même si les Afro-Américains comptent pour les deux tiers de la population, le pouvoir est blanc: un seul des six conseillers municipaux est afro-américain. Dans la police, c'est le cas de seulement 3 des 53 agents de la ville. Dans leur livraison d'hier, le Washington Post et le New York Times citent les propos de plusieurs citoyens qui se disent harcelés par la police.

Les manifestations auxquelles on assiste finiront par s'essouffler. Le clivage qui existe aux États-Unis promet de s'estomper un jour, d'autant plus que, dans quelques décennies, les minorités visibles supplanteront en nombre la population blanche.

L'immédiat appelle toutefois une prise de conscience généralisée - particulièrement des forces policières -, car d'autres incidents tragiques vont inévitablement se produire ailleurs.




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