Les enfants d'abord

L'école Saint-Gérard, aux prises avec d'importants problèmes de... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE)

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L'école Saint-Gérard, aux prises avec d'importants problèmes de moisissures, sera détruite, même si le bâtiment est classé patrimonial.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

«La santé des enfants doit être notre première considération», a déclaré le maire de Montréal, Denis Coderre, en donnant son appui au projet de démolition et de reconstruction de l'école Saint-Gérard, contaminée par les moisissures.

Il a raison. Dans un débat qui oppose la santé des occupants d'une école à la protection du patrimoine, il faut d'abord penser aux enfants.

L'école primaire Saint-Gérard est fermée depuis janvier 2012. Les moisissures rendaient les élèves et le personnel malades. Des expertises ont révélé que la contamination fongique a envahi la structure de la bâtisse et la maçonnerie.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) a choisi de démolir et reconstruire l'école. Québec a donné son aval au projet en promettant 10 millions.

Mais l'école Saint-Gérard est un édifice à caractère patrimonial. Au début du mois, le Conseil du patrimoine de Montréal et le Comité Jacques-Viger ont rendu un avis concluant que la décision de démolir l'école est prématurée.

Les comités craignent visiblement un précédent. Le parc immobilier de la CSDM est effectivement vétuste et d'autres écoles sont aux prises avec des problèmes de moisissures.

Deux seules écoles sont toutefois irrécupérables: Saint-Gérard et Baril, dont les histoires sont similaires.

Dans leur avis, les instances consultatives font valoir que les problèmes de moisissures constituent une science encore inexacte et en évolution. Elles suggèrent que l'école Saint-Gérard serve de bassin expérimental pour tenter d'autres méthodes de décontamination avant de recourir à la solution ultime.

Combien d'années faudra-t-il encore attendre? Une école n'est pas un laboratoire.

S'il n'existe pas ici de directive gouvernementale concernant les moisissures, des documents produits par des organismes comme l'American Conference of Governmental Industrial Hygienists, l'American Industrial Hygiene Association et l'Institute of Inspection, Cleaning and Restoration Certification servent de guides.

C'est d'ailleurs en se basant sur la littérature scientifique que la Direction de santé publique de Montréal a conclu que le seul moyen efficace et durable pour limiter la contamination fongique dans les écoles Saint-Gérard et Baril est d'enlever toute la maçonnerie et les matériaux contaminés.

Il aurait été souhaitable de préserver un édifice à caractère patrimonial, mais la santé et le bien-être des élèves et du personnel des écoles doivent primer.

Voilà déjà 29 mois que les enfants sont déracinés de leur quartier, transportés matin et soir en autobus vers une école secondaire. Cette situation a des conséquences sur leur vie quotidienne.

Il faut aussi penser à l'avenir. Personne ne veut revivre ce pénible épisode parce qu'on a voulu préserver le patrimoine au risque de voir réapparaître les moisissures.

Le maire Coderre a donné son appui politique au projet. Les arrondissements et le conseil municipal doivent maintenant emboîter le pas rapidement pour donner les autorisations nécessaires aux projets des écoles Saint-Gérard et Baril, malgré l'avis contraire des instances consultatives.

Le temps presse pour que les nouvelles écoles ouvrent comme prévu à la rentrée scolaire 2016.




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