Un pis-aller

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Le temps écoulé entre le moment où le patient passe au triage, qu'on lui assigne une civière, qu'il voit le médecin, qu'il reçoit des soins et qu'il quitte les urgences est de 16h42, au Québec.

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On ne peut que se réjouir de voir la durée moyenne de séjour sur civière diminuer de 48 minutes, comme le révèle le palmarès des urgences de La Presse. Mais avant de se vanter, il faudrait se demander pourquoi, année après année, les urgences restent l'ultime solution pour voir un médecin.

Le temps écoulé entre le moment où le patient passe au triage, qu'on lui assigne une civière, qu'il voit le médecin, qu'il reçoit des soins et qu'il quitte les urgences est de 16h42 indique le palmarès.

C'est une moyenne. Quelque 5,9% des patients passent plus de 48 heures alités sur une civière, au milieu d'un corridor des urgences. Quand l'on sait que le quart de ces patients sont des personnes âgées de plus de 75 ans, il y a de quoi s'inquiéter.

Beaucoup d'efforts ont été faits pour revoir l'organisation du travail et améliorer la fluidité aux urgences. Cela semble donner des résultats, mais il faut en faire plus.

Ce portrait est d'ailleurs partiel. Il ne tient compte que de la durée moyenne de séjour sur civière. Il écarte l'attente des patients ambulatoires, dont l'état de santé est souvent moins grave.

Combien de temps s'écoule entre le moment où un patient voit l'infirmière au triage, qu'il retourne dans la salle d'attente et qu'il reçoive enfin des soins? Le ministère détient ces informations, mais refuse de les rendre publiques. Dommage, d'autant plus que près de 60% des cas traités aux urgences ne sont pas très urgents.

Le commissaire à la santé et au bien-être vient par ailleurs de publier son rapport de performance sur le système de santé. Le Québec est la province qui s'en tire le moins bien au Canada - territoires exclus - en ce qui concerne la continuité et la coordination des soins.

Près d'un Québécois sur quatre n'a pas de médecin de famille. Ceux qui en ont un ne sont pas capables de le voir quand ils sont malades. Ils se tournent au mieux vers les cliniques sans rendez-vous, au pire vers les urgences.

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec travaille à mettre en place un modèle «d'accès adapté», calqué sur une approche américaine.

L'organisation du travail est complètement revue, ce qui exige un changement de culture. Plutôt que de fixer des rendez-vous un an d'avance, le médecin gère son horaire deux semaines à la fois. Il a ainsi des disponibilités pour les patients malades, ce qui permet de les recevoir la journée même ou dans les jours suivants.

Une centaine de médecins auraient adhéré à cette approche, aussi bien dire une goutte d'eau dans l'océan. Il s'agit pourtant d'une avenue à explorer.

C'est bien d'avoir un médecin de famille, mais c'est encore mieux de pouvoir le voir quand c'est nécessaire. Les patients en bénéficient et les urgences s'en trouvent moins embourbées.




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