L'inconfort de Projet Montréal

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Le 1er novembre dernier, le parti Projet Montréal (PM) a fait élire 14 conseillers. Quelques jours plus tard, dans un geste historique, le maire Tremblay a nommé leur chef, Richard Bergeron, responsable de l'urbanisme au comité exécutif.

Si on fait le bilan des 100 premiers jours «au pouvoir» de PM, on constate que malgré son petit nombre d'élus, le parti est pratiquement devenu l'opposition officielle. Ses membres ont de bonnes idées et savent comment attirer l'attention des médias (pensons à leur récent examen des dépenses électorales).

 

Pour sa part, le maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, a beaucoup fait parler de lui pour les propos tenus sur son blogue. La façon de communiquer est d'ailleurs ce qui, pour l'instant du moins, distingue le plus les élus de PM des autres formations politiques: un certain franc-parler, une plus grande utilisation des médias sociaux (Facebook, Twitter, blogues, etc.). Pour la façon de gouverner, toutefois, il est trop tôt pour dire si la présence de PM au conseil d'arrondissement aura un impact. L'absence de précipitations cet hiver ne nous a pas permis d'apprécier les conséquences de la décision du maire Ferrandez de ne pas enlever la neige les week-ends. Quant au dossier du stationnement sur le Plateau, on retiendra surtout le fiasco en matière de relations publiques.

Trois mois après leur arrivée à l'hôtel de ville, les questions les plus difficiles auxquelles doivent répondre les élus de PM concernent surtout la présence de leur chef au comité exécutif de la Ville de Montréal. Cette nomination est-elle une petite victoire ou un cadeau empoisonné? M. Bergeron est-il, comme il le prétend, en position d'influencer le maire ou se retrouve-t-il plus souvent assis entre deux chaises?

Il est permis de se poser de sérieuses questions quand on sait que le projet de l'entrepreneur Catania de transformer en condos un immeuble situé sur le mont Royal sera soumis au conseil municipal ce soir. Ce point a été ajouté à l'ordre du jour vendredi, sans que M. Bergeron ne soit mis au courant. L'affront à M. Bergeron, qui a toujours protégé la montagne bec et ongles, est d'autant plus grand qu'à titre de responsable de l'urbanisme, il s'agit de SON dossier. Le comité exécutif doit se réunir d'urgence cet après-midi. M. Bergeron sera-t-il entendu?

Ce n'est pas le premier incident du genre. Depuis trois mois, M. Bergeron a les mains liées à cause de la solidarité qu'impose sa présence au comité exécutif. Ainsi, lorsque son parti a déposé un mémoire virulent critiquant le projet chouchou du maire Tremblay autour du réaménagement de l'autoroute Bonaventure, le chef de PM est resté coi. Même silence lorsque Projet Montréal a critiqué le budget ou les allocations de dépenses d'Union Montréal lors de la dernière campagne électorale. Quand PM rue dans les brancards, son chef doit se taire.

Pourra-t-il tenir encore longtemps dans cette position inconfortable? Ou saura-t-il bientôt faire la preuve que son pari était le bon?

 

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