Panne d'ascenseur

«Donnez une augmentation à l'Amérique», a lancé le... (PHOTO LARRY DOWNING, archives AFP)

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«Donnez une augmentation à l'Amérique», a lancé le président Obama, lors de son discours sur l'état de l'Union.

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Mario Roy
La Presse

Avec ou sans le Congrès. C'est le message que Barack Obama a voulu livrer, mardi soir, aux élus des deux chambres, ceux-là mêmes qu'il a ainsi défiés: sur plusieurs points qu'il juge essentiels, le président décrétera, tout simplement. Ce sera notamment le cas de certaines mesures liées à la pauvreté et à l'emploi.

Car le thème était annoncé: c'est aux inégalités que la nation doit maintenant s'attaquer.

Aussi, dans son cinquième discours sur l'état de l'Union, Obama n'a pas parlé d'austérité, mais plutôt d'une intervention plus vigoureuse de l'État en maints domaines.

La mesure phare, même si elle n'est que partielle et largement symbolique, est son projet de hausse substantielle - tout près de 40% - du salaire minimum fédéral pour les 250 000 futurs contractuels de l'État. Le président a demandé au Congrès, aux gouverneurs, aux maires et même aux employeurs de généraliser de leur propre initiative des hausses importantes. Dans les faits, plusieurs États américains imposent déjà un salaire minimum plus élevé que ne l'exige Washington, actuellement de 7,25$ l'heure.

À ce niveau, la perception des inégalités n'est qu'une idée. Mais la pauvreté, elle, est douloureusement réelle.

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Selon un sondage éclair (CNN/ORC International) réalisé après l'allocution, 76% des répondants ont jugé «très» ou «plutôt positifs» les propos du président.

Quoi d'étonnant?

La société américaine est réputée celle de l'opportunité, mais le mécanisme semble s'être enrayé. Le président a résumé: «Je crois que ce qui unit notre nation est une foi profonde voulant que, si vous travaillez fort et êtes responsable, vous irez de l'avant. Mais l'ascenseur social s'est coincé. La réalité, c'est que, même au milieu d'un redressement économique, trop d'Américains ne travaillent que pour survivre - ne parlons pas de progresser. Et trop n'ont tout simplement pas d'emploi».

Ce diagnostic est posé par plusieurs. Trois jours avant le discours sur l'état de l'Union, 60% des Américains disaient estimer que le système favorise injustement les riches et 65%, que le fossé s'est élargi depuis dix ans (USA Today/Pew Research Center).

Mais, bien sûr, la division survient lorsqu'il est question des remèdes à prescrire. Ainsi, 38% des gens estiment que l'ascenseur social fonctionne toujours à la condition d'y mettre du travail et de la détermination. Mais 69% croient que l'État doit maintenant jouer un rôle (majeur ou non) pour dénouer la situation.

En cette matière, il n'y aura jamais de jugement sans appel...

Certes, le président des États-Unis a abordé d'autres sujets - soins de santé, immigration, défense. Mais il est évident que l'attention se fixe maintenant sur l'économie, la justice sociale et les conceptions qu'on peut avoir de l'une et de l'autre.

C'est ce que l'on verra sans doute agir, dans quelques mois, sur le résultat des élections de mi-mandat au Congrès.




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