Dieu et l'Église

Souscrire au catholicisme est  un choix. Insatisfait,... (Photo: Alessia Pierdomenico, Reuters)

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Souscrire au catholicisme est un choix. Insatisfait, on peut s'en détacher.

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Il faut avoir la foi pour être un fidèle à part entière de l'Église catholique. Il faut croire en une divinité créatrice. Croire qu'elle intervient dans la vie des hommes. Croire qu'il n'y en a qu'une: le Dieu des chrétiens. Croire que celui-ci s'est exprimé par des écrits dont les plus récents remontent au IIe siècle. Croire qu'une grande institution temporelle interprète de façon infaillible cette parole divine.

Vu sous cet angle, le parcours du croyant semble... incroyablement périlleux.

Mais ce n'est évidemment pas de cette façon que les catholiques voient la chose. Sauf en des circonstances exceptionnelles comme celle de la démission de Benoît XVI, cette foi à volets est rarement scrutée d'un oeil critique par ses fidèles. Souscrire au catholicisme est un choix, en effet. Insatisfait, plutôt que de chicaner, on peut s'en détacher - ce que les Québécois ont choisi en masse.

***

Cependant, les institutions religieuses font davantage que véhiculer une foi.

Elles donnent une identité et une appartenance communautaire. Elles canalisent un désir irrépressible chez les humains, celui de la spiritualité - mais aussi celui plus troublant du surnaturel et de la superstition. Elles convoient un bagage culturel, intellectuel et artistique dont nous (comme d'autres, sous d'autres cieux et d'autres dieux) sommes les héritiers. Elles fournissent des services: au Québec, l'Église catholique a longtemps dispensé des soins de santé, de l'éducation, de l'aide sociale, du secours psychologique.

Or, chez nous, l'Église a remis à l'État la charge des services aux citoyens. La culture se construit dorénavant en-dehors d'elle, bien que nos racines judéo-chrétiennes demeurent et contribuent, fut-ce dans l'inconscient. La soif de spiritualité s'assouvit par l'art, la philosophie et la science, aujourd'hui arrivée au stade de l'examen des briques fondatrices de l'existence... ou bien par des ésotérismes loufoques. Plus personne ne s'identifie par sa foi ou son Église. Le concept même de communauté a éclaté.

Les religions constituées ne recrutent plus qu'au Sud et dans les régions les plus troublées du monde - le nombre des «sans religion» augmente même aux États-Unis. Entre 2009 et 2011, l'Église catholique n'a progressé qu'en Afrique et en Asie du sud-est (de 15,15 à 15,55% et de 10,47 à 10,87% de la population, respectivement).

On entend souvent, y compris de la part des catholiques, que le Vatican est déconnecté du réel. On fait alors allusion à la contraception et à l'avortement, au mariage des prêtres et aux scandales sexuels. Mais c'est plus profond encore. Dans les sociétés avancées, la question fondamentale n'est plus de choisir entre une Église et une autre, mais de déterminer s'il existe une telle chose qu'un dieu créateur - et interventionniste, de surcroît.

La réponse appartient à chacun. En toute conscience. Et en toute lucidité.

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