Wynne a gagné

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Kathleen Wynne succède à Dalton McGuinty à la tête du Parti libéral de la province.

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Depuis ce week-end, 80% des Canadiens (29 millions sur 35 millions) sont gouvernés par des femmes au niveau des provinces et territoires. Les libéraux de l'Ontario viennent en effet de porter Kathleen Wynne à la tête du parti, ce qui lui assure la succession de Dalton McGuinty, premier ministre démissionnaire. Terre-Neuve-et-Labrador, le Québec, l'Alberta, la Colombie-Britannique et le Nunavut sont actuellement gouvernés par des femmes.

C'est une première.

Il a fallu aux délégués trois tours de scrutin pour désigner Kathleen Wynne, 59 ans, qui était ministre des Affaires municipales avant de revendiquer le leadership. Elle l'a finalement emporté sur Sandra Pupatello, qui a également été ministre. Cet ultime face-à-face entre deux politiciennes d'expérience indique assez bien que leur sexe n'a pas été un enjeu majeur - ou alors a joué de façon positive.

S'il y avait un éléphant dans la pièce, c'était plutôt l'orientation sexuelle de Kathleen Wynne, homosexuelle affichée, qui a milité dans le passé pour les droits des gais et lesbiennes.

La candidate à la direction a abordé de front le sujet et est apparue devant les délégués avec sa compagne, Jane Rounthwaite, avant le vote final. Cela a été qualifié de «courageux» par les observateurs. On mesure encore mal, en effet, l'impact de l'orientation sexuelle dans le monde politique. Ainsi, on ne saura jamais si ce facteur a joué, et si oui dans quelle mesure, lorsque l'ex-chef péquiste André Boisclair (qui avait lui aussi abordé ouvertement cette question) a été battu aux élections de mars 2007.

La tolérance en cette matière n'est peut-être pas toujours aussi grande qu'on aime le croire.

Ainsi, depuis un demi-siècle, plus de 120 femmes ont été chefs d'État ou de gouvernement dans le monde. En 1960, l'une des pionnières a été Sirimavo Bandaranaike dans ce qui était alors le Ceylan, devenu le Sri Lanka. Or, aujourd'hui, en 2013, la loi sri-lankaise prévoit toujours un maximum de 10 ans d'emprisonnement pour le «crime» d'homosexualité...

Le Sri Lanka est l'un des 82 pays où l'homosexualité est illégale. Six d'entre eux prévoient la peine de mort, la plupart des autres administrant des châtiments corporels ou condamnant à la prison. Ils sont surtout situés au Moyen-Orient et en Afrique, où l'islam et la tradition sont souvent hostiles aux gais et lesbiennes.

En Occident, la situation est très différente, bien que des anomalies perdurent.

Aux États-Unis, les fondamentalistes chrétiens continuent à claironner que «God hates fags». En France, manifestations et contre-manifestations se succèdent (l'une d'elles a encore eu lieu, hier) relativement au mariage entre couples du même sexe. Et ce n'est qu'en 2009, en Islande, que Johanna Sigurdardottir est devenue la première chef de gouvernement au monde à afficher son homosexualité.

C'est donc à plus d'un titre que Kathleen Wynne passe à l'histoire.

mroy@lapresse.ca

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