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Un ascenseur social en bon état de marche...

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Un ascenseur social en bon état de marche offre espoir et motivation.

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On parle en général de pauvreté sous deux angles. En chiffres absolus donnant la proportion de la population vivant sous le seuil de faible revenu. Et en termes d'inégalité, en prenant la mesure de l'écart entre les plus riches et les plus pauvres.

Mais il existe une autre échelle: celle de l'opportunité plus ou moins grande offerte à ces derniers de s'extraire de leur condition. Rarement évoquée, elle est pourtant cruciale. Un ascenseur social en bon état de marche est caractéristique d'une société évolutive offrant espoir et motivation. Par contre, une mécanique coincée constitue une sorte de condamnation à perpétuité pour les moins fortunés.

Or, le Canada fait remarquablement bien sous ce rapport. Beaucoup mieux que les États-Unis, où cet ascenseur est connu sous le nom de... rêve américain.

***

Sur une période de 19 ans s'achevant en 2009, quelque 87% des Canadiens (des individus en chair et en os et non des êtres statistiques) se situant à l'origine dans le dernier quintile de l'échelle des revenus ont accédé à des revenus supérieurs. En moyenne, leurs gains annuels sont passés de 6000 à 44 100$ (en dollars constants, avant impôt et péréquation sociale). Bien entendu, cette mobilité économique joue dans les deux sens: 36% des plus riches, ceux du premier quintile, ont descendu au moins d'un échelon.

C'est ce que révèle une étude de l'Institut Fraser utilisant les données de Statistique Canada et portant sur plus d'un million d'individus.

Parallèlement, une autre compilation de Statistique Canada publiée en juin dernier indique ceci: la proportion des Canadiens vivant sous le seuil de faible revenu est descendue à 9,0% en 2010, le plus bas taux enregistré depuis 1976.

Par comparaison, l'affaire est d'autant plus remarquable que, «dans un renversement de la tendance historique, l'égalité des opportunités (de gravir l'échelle des revenus) aux États-Unis est aujourd'hui moins grande que dans la plupart des autres nations démocratiques», constate la revue Foreign Affairs, qui cite le Canada en exemple.

Foreign Affairs explore une panoplie de raisons expliquant cette panne de l'ascenseur américain, à partir de la désagrégation de la famille jusqu'au taux élevé d'incarcération. Cependant, deux thèmes ressortent. L'économie, fort malmenée aux États-Unis au cours des dernières années. Et l'éducation: «L'amélioration de la qualité des écoles demeure chez nous le principal outil pour épauler les enfants moins fortunés», lit-on ainsi.

Comme chaque année, on entendra beaucoup parler de pauvreté au cours des prochaines semaines, à l'approche des Fêtes. Chacun sera appelé à donner aux organismes qui viennent en aide aux plus démunis.

C'est un geste noble et généreux.

Mais il ne doit pas faire oublier la nécessité de se donner collectivement une économie plus robuste et de revendiquer un système d'éducation de meilleure qualité.

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