La disgrâce

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Le cas de la désormais célèbre policière portant le matricule 728, Stéfanie Trudeau, se situe hors de portée de la plus bienveillante indulgence.

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Conscients des très grandes difficultés inhérentes au métier, les citoyens sont a priori compréhensifs à l'endroit des policiers. C'est le cas, par exemple, lorsque ceux-ci interviennent dans des situations de violence individuelle ou collective qui nécessitent l'usage de la force: à moins d'excès patents, on leur accorde souvent le bénéfice du doute. Il s'agit d'un privilège découlant du lien de confiance existant entre la police et la plus grande partie de la population.

Cependant, le cas de la désormais célèbre policière portant le matricule 728, Stéfanie Trudeau, se situe hors de portée de la plus bienveillante indulgence.

La vidéo de sa plus récente bourde, commise aux dépens d'un résidant du Plateau Mont-Royal, pourrait être utilisée à l'Institut de police pour illustrer tout ce qu'un agent ne doit faire sous aucun prétexte. La séquence, récoltée par Radio-Canada et largement diffusée est insupportable de bêtise et de violence. L'affaire est aggravée par les termes («rats, carrés rouges, gratteux de guitare, artistes, mangeux de m...») utilisés par la policière.

Or, Trudeau a des antécédents en matière d'abus. Pendant les manifestations étudiantes du début de 2012, elle a dû être retirée des opérations de contrôle de foule en raison de son comportement - la vidéo de cet épisode est célèbre aussi. Il y a plusieurs années, elle a été suspendue à la suite d'une intervention à l'hôpital Sainte-Justine également caractérisée par le manque de professionnalisme et l'excès. D'autres plaintes en déontologie ont déjà été portées contre elle.

Aujourd'hui, la policière Stéfanie Trudeau est désarmée, suspendue et fait l'objet d'une enquête.

Le Service de police de la ville de Montréal aura à juger des mesures à prendre à son endroit, sans exclure la possibilité de poursuites criminelles. Une chose est sûre: la policière ne doit plus être en contact avec le public en quelque circonstance que ce soit.

***

Toutefois, il y a ici davantage en cause.

«Il y a des policiers qui ne sont pas fiers de voir comment elle (l'agente Trudeau) a pu ternir non seulement le SPVM mais toute la communauté policière», a reconnu, hier, le patron de la police de Montréal, Marc Parent.

Or, cette disgrâce survient à un drôle de moment.

Sont actuellement sous examen 83 plaintes en déontologie déposées contre des policiers du SPVM en rapport avec les opérations menées lors des dizaines de manifestations du printemps: la tentation sera forte de voir ces procédures d'un oeil beaucoup plus critique. Et, nous tenons à le noter, le syndicat des policiers a adopté il y a trois jours une posture de haute élévation morale en désavouant le maire Gérald Tremblay - élévation qui sera utile dans sa façon de traiter l'affaire en cause...

Le lien de confiance entre la police et la population est fragilisé. Il serait catastrophique qu'il se brise tout à fait.

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