Les arguments de M. Péladeau

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« Le lien de cause à effet indépendance-prospérité n'est pas aussi clair que le prétend Pierre Karl Péladeau », estime notre éditorialiste.

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Les déclarations récentes du nouveau chef du Parti québécois laissent penser qu'il mettra l'accent sur deux types d'arguments pour convaincre les Québécois de choisir l'indépendance. La première assertion est de nature historique : « Si les Québécois connaissaient leur histoire », croit Pierre Karl Péladeau, le Québec serait un pays depuis longtemps.

L'histoire telle que la voit M. Péladeau est pourtant largement diffusée par les intellectuels du Québec depuis des décennies. C'est celle qui est enseignée dans nos écoles et racontée par notre cinéma. C'est le triste parcours d'un peuple valeureux, victime d'une longue série de brimades et de défaites, de la Conquête jusqu'au « référendum volé » de 1995 en passant par le rapport Durham.

Quelle est la pertinence de cette version martyre de notre histoire pour la société québécoise d'aujourd'hui ?

M. Péladeau pense-t-il vraiment que le Québec doit quitter le Canada parce que Louis XV a abandonné la Nouvelle-France en 1763 ou parce qu'un comte anglais a souhaité l'assimilation des francophones il y a 176 ans ?

Le deuxième volet de l'argumentaire du leader péquiste porte sur la situation économique du Québec. « De nombreux autres pays sont là pour témoigner que leur indépendance leur a procuré la richesse (pays baltes, Slovaquie, République tchèque, Norvège) », lit-on dans le programme publié par M. Péladeau pour la course à la direction.

« Le Québec pays serait la 18e puissance économique dans le monde. 18e ! C'est quand même assez formidable », s'est récemment réjoui le député Stéphane Bédard, à l'Assemblée nationale.

Ce raisonnement nous semble aussi peu porteur que le premier. D'abord, si le Québec-province est déjà parmi les États les plus prospères du monde, pourquoi se séparer ? Est-ce Ottawa qui empêche le Québec d'être aussi riche que le Danemark, les États-Unis ou le Luxembourg ?

De toute façon, le lien de cause à effet indépendance-prospérité n'est pas aussi clair que le prétend Pierre Karl Péladeau. Selon l'Institut de la statistique du Québec, le PIB par habitant du Québec le place au 27e rang (et non au 18e...) parmi les 193 pays de la planète. On compte donc 166 États auxquels l'indépendance n'a pas permis de faire mieux que la province de Québec.

M. Péladeau cite les pays baltes, la République tchèque et la Slovaquie. Ce n'est pas l'indépendance qui a sorti ces pays du marasme, mais l'effondrement du communisme. Et ces États souverains restent bien moins prospères que le Québec, simple province. Pour ce qui est de la Norvège, qui s'est séparée de la Suède en 1905 (un référendum avait donné une majorité de 99,95 % au OUI...), son décollage économique date de la découverte de pétrole au large de ses côtes, à la fin des années 1960.

Le nouveau chef du PQ a confirmé la création prochaine d'un institut de recherche sur l'indépendance. À en juger par la fragilité des arguments mis de l'avant jusqu'ici par M. Péladeau, cet organisme aura beaucoup de pain sur la planche.

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