Tourner autour du sable

« De concert avec l'Alberta et les États-Unis, le... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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« De concert avec l'Alberta et les États-Unis, le gouvernement fédéral devrait être à la recherche acharnée de solutions », écrit André Pratte.

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Bien que dénoncée par les écologistes, la cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) que s'est fixée le Canada  -  30 % d'ici 2030 - est ambitieuse. Malheureusement, le document déposé à l'ONU par Ottawa est muet sur le principal défi que devra relever le Canada pour atteindre cet objectif : les émissions croissantes produites par l'exploitation des sables bitumineux.

La plupart des « contributions prévues déterminées au niveau national » rendues publiques jusqu'ici - 38 pays sur 196 - sont de courts documents dans lesquels les gouvernements ne détaillent pas les mesures envisagées pour arriver à leurs fins. Le document canadien ne diffère donc pas des autres de ce point de vue. N'empêche, le monde entier sait que l'extraction de pétrole des sables bitumineux produit des quantités considérables de gaz à effet de serre. On sait aussi que le Canada n'a rien fait pour s'attaquer au problème. En n'abordant pas franchement la question, le gouvernement Harper enlève toute crédibilité à l'objectif qu'il a annoncé.

Contrairement à ce qu'on entend souvent dire, le gouvernement conservateur a bel et bien mis en place des mesures qui diminueront nos émissions de GES. La plupart de ces politiques sont semblables à celles adoptées par Washington. C'est le cas des normes régissant les émissions de GES des automobiles et du règlement visant le retrait graduel des centrales électriques au charbon. Ottawa a aussi annoncé qu'il réglementera les émissions des centrales au gaz naturel et celles résultant de l'extraction des hydrocarbures par fracturation. Tout cela est bien. Mais personne n'est dupe : le Canada tourne autour du pot.

Selon Environnement Canada, les émissions de la plupart des secteurs de l'économie canadienne seront stables ou en baisse au cours des prochaines années. Une industrie fait exception : les sables bitumineux. De 2005 à 2012, les émissions de cette industrie ont doublé. Selon des documents du cabinet obtenus cette semaine par CBC, en 2030, elles atteindront trois fois le niveau de 2005.

Contrairement aux militants, le gouvernement du Canada ne peut ignorer la grande importance des sables pétrolifères pour l'économie nationale. Pour cette raison, comme l'expliquent les documents cités plus haut, « les sables bitumineux représentent un défi unique en matière d'émissions ». Au lieu de faire comme si ce défi n'existait pas, Ottawa devrait exposer clairement à la communauté internationale le dilemme devant lequel il se trouve.

Surtout, de concert avec l'Alberta et les États-Unis (acheteurs de 70 % du brut canadien), le gouvernement fédéral devrait être à la recherche acharnée de solutions. Au contraire de ce nécessaire volontarisme, l'attentisme des conservateurs fait du tort, non seulement à la réputation du pays, mais aussi à l'industrie même qu'ils croient protéger.

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