Ambitieux

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Le gouvernement Harper a annoncé il y a quelques jours que l'objectif canadien de réduction des gaz à effet de serre était de 30 % sous les émissions de 2005.

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À peine le gouvernement Harper avait-il annoncé son objectif de réduction des gaz à effet de serre (GES) que les écologistes le dénonçaient. Selon Équiterre et Environmental Defence, l'engagement canadien est « l'un des plus faibles du G7 ».

Ce n'est pas parce que le bilan des conservateurs dans le dossier du climat est lamentable que tout ce qu'ils font est mauvais. Dans ce cas-ci, le fédéral a raison de qualifier d'« ambitieuse » la cible déposée à l'ONU la semaine dernière.

Il y a un mois et demi, les écologistes du pays avaient déploré que le gouvernement canadien n'ait pas fait connaître sa « contribution prévue déterminée au niveau national » avant la date de tombée du 31 mars. Ils devraient aujourd'hui se réjouir, le Canada ayant devancé 158 pays qui n'ont toujours pas annoncé leur cible pour 2030.

La cible canadienne n'est pas dérisoire. Par rapport au niveau atteint en 2005, le Canada vise une réduction de 30 % des émissions de GES d'ici 2030. Pour un pays producteur de pétrole, au territoire immense et aux hivers rigoureux, c'est un objectif exigeant.

S'agit-il d'un des engagements les plus faibles des pays du G7 ? Seulement si on cherche une formule-choc qui fera les manchettes.

Les États-Unis visent une baisse de leurs émissions de 26 à 28 % en 2025. Les écologistes ont applaudi. Or, 28 % en 2025 et 30 % en 2030, à l'échelle des changements climatiques planétaires, c'est du pareil au même. Surtout que, malgré le discours vert de Barack Obama, les Américains consomment de plus en plus de pétrole des sables bitumineux. Depuis 2008, les importations américaines de brut canadien sont passées de 60 millions de barils par mois à 90 millions de barils par mois (+ 50 %). Autrement dit, les États-Unis sont les grands bénéficiaires des GES produits par notre industrie pétrolière.

Le Japon, lui aussi membre du G7, n'a pas encore fait connaître sa cible pour 2030. Selon la rumeur, Tokyo proposerait de réduire ses émissions de 20 % par rapport à celles de... 2013. Ce point de départ n'a évidemment pas été choisi au hasard : en 2013, les émissions du Japon ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 2007.

Les quatre membres restants du G7 (France, Royaume-Uni, Italie et Allemagne) font partie de l'Union européenne. L'UE s'est imposé une cible impressionnante pour 2030, moins 40 % par rapport au niveau de 1990. L'Europe a déjà fait des efforts considérables pour développer les sources d'énergie vertes. Cependant, le Vieux Continent a aussi profité du déplacement de la production d'hydrocarbures ; par exemple, ses importations de charbon ont augmenté de 60 % en 20 ans.

Compte tenu des particularités géographiques et économiques du Canada, la cible fixée par le gouvernement Harper soutient bien la comparaison avec celles des autres pays du G7. Le problème, c'est qu'Ottawa n'a pas de plan crédible pour l'atteindre.

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