Un avant-goût

La Caisse se retrouvera au coeur de tempêtes... (Photo Martin Chamberland, archives La Presse)

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La Caisse se retrouvera au coeur de tempêtes politiques, elle qui a l'habitude de fuir la controverse comme la peste.

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André Pratte
La Presse

Mercredi et jeudi derniers à l'Assemblée nationale, les premières questions du chef de l'opposition ont porté sur le «grand risque» pesant sur la Caisse de dépôt et placement (CDP) à la suite de la décision du gouvernement de lui confier la construction d'infrastructures de transport. Ce n'est qu'un début: en s'impliquant dans des projets tels le train léger du nouveau pont Champlain et le train de l'Ouest-de-l'Île, la Caisse se retrouvera régulièrement au coeur de tempêtes politiques, petites et grosses, elle qui a l'habitude de fuir la controverse comme la peste.

Les questions de Stéphane Bédard portaient sur une note publiée en janvier par l'agence de notation Moody's, note dont le Huffington Post a fait état mardi. Selon l'analyste auteur de la note, l'entente sur les infrastructures «a un impact négatif sur la qualité du crédit» de la CDP. Il précise que «le fonds de pension sera davantage exposé aux risques opérationnels et de réputation associés à la performance de projets publics d'infrastructures, des risques qui autrement auraient reposé sur les épaules du gouvernement provincial».

Les questions de l'opposition étaient pertinentes. Cependant, tout comme le texte publié par le HP, les propos de M. Bédard faisaient abstraction de nuances importantes. D'abord, dans un communiqué publié en même temps que la note, Moody's a confirmé la cote de crédit «Aaa» (la plus élevée) de la CDP, avec perspective stable. Ensuite, l'analyste tempérait son inquiétude en soulignant que les deux projets envisagés représentent «seulement 2% des actifs nets» de la Caisse.

La Caisse de dépôt est loin d'être le seul gestionnaire de fonds de retraite à investir dans les infrastructures; c'est une tendance lourde depuis la chute du rendement des placements à revenu fixe. Jusqu'à récemment, les investisseurs institutionnels se contentaient d'acquérir des participations dans des infrastructures existantes. Aujourd'hui, certains cherchent à maximiser le rendement en prenant en charge les projets dès leur conception. La Caisse s'est fait la main avec la Canada Line, bâtie à Vancouver à la veille des Olympiques de 2010. Le président, Michael Sabia, rêve de réussir aussi bien à Montréal et de développer sur cette base une expertise exportable.

La CDP est certainement capable de gérer de tels projets avec toute la rigueur requise. Toutefois, elle ne doit pas sous-estimer les risques politiques de l'aventure. Dépassements de coûts, conflits d'intérêts, technologie défaillante, hausses de tarifs: les possibilités de tornades médiatiques sont nombreuses. L'institution sera alors exposée à des pressions aussi fortes que contradictoires venant des élus, de l'opinion publique et de ses déposants. M. Sabia jure que la Caisse saura tenir le cap. Sous sa gouverne, sans doute. Mais ses successeurs seront-ils faits de la même étoffe?

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