Les gaffes grecques

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Le premier ministre Alexis Tsipras (à droite) et son ministre des Finances Yanis Varoufakis, au Parlement grec, à Athènes.

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André Pratte
La Presse

Élu avec le mandat de libérer la Grèce de l'austérité imposée par l'Union européenne et le Fonds monétaire international, le gouvernement d'Alexis Tsipras semble faire exprès de contrarier les créanciers du pays. À tel point que même les observateurs les plus optimistes perdent patience. «Je jette l'éponge, a lancé dimanche l'économiste Erik Nielsen, du groupe financier UniCredit. Si les Grecs ne veulent pas suivre les règles, qu'ils quittent la zone euro!»

Le gouvernement formé par la coalition Syriza s'était donné une mission presque impossible: convaincre l'Europe et le FMI de renouveler leur appui financier tout en desserrant l'étreinte des réformes. Dans l'esprit des nouveaux gouvernants, ces réformes ne sont pas le remède, mais la cause de la profonde récession dans laquelle le pays a sombré.

Cependant, une réalité demeure incontournable: sans l'aide de l'UE et du FMI, la Grèce ferait faillite. Athènes est donc mal placée pour les envoyer promener. Le gouvernement Tsipras devait plutôt démontrer à ses partenaires que son approche pouvait remettre la Grèce sur la voie de la croissance et de la santé financière. Pour vaincre le scepticisme des apôtres de l'austérité, il fallait avant tout de la rigueur et de la diplomatie. La politique échevelée du jeune premier ministre et de son ministre des Finances, Yanis Varoufakis, donne plutôt l'impression qu'on a affaire à une bande de collégiens.

La semaine dernière, M. Tsipras a sorti des boules à mites les demandes de compensations financières faites à l'Allemagne pour les pertes subies pendant l'occupation nazie. La question fait l'objet depuis des années d'interminables débats juridiques, les Allemands soutenant que des compensations ont déjà été versées en 1953 et en 1990.

Le premier ministre voulait apparemment, par cette diversion, colmater les brèches qui ont commencé à apparaître dans son parti. Le discours a surtout eu pour effet d'accroître la colère de la population allemande. Selon un sondage publié vendredi dernier, 52% des Allemands souhaitent que la Grèce quitte la zone euro, une hausse de 11 points en un mois.

Pendant ce temps, le flamboyant Varoufakis n'a cessé d'agacer ses homologues européens en consacrant plus de temps aux entrevues avec les médias qu'aux négociations. Disant «mépriser le star-system», le ministre s'est néanmoins laissé photographier par Paris Match, avec sa femme, dans leur luxueux «nid d'amour au pied de l'Acropole».

Lorsqu'une vidéo s'est mise à circuler le montrant faire le doigt d'honneur à l'Allemagne, au cours d'une conférence prononcée en 2013, Varoufakis a prétendu que le film avait été truqué. Inutile de dire que son geste a fait la une des journaux allemands; son explication n'a convaincu personne.

Le ministre belge des Finances, Johan Van Overtveldt, a exprimé hier la frustration croissante des Européens: «Les réformes fonctionnent en Espagne et au Portugal. Elles ont fonctionné en Irlande. Si ça ne marche pas en Grèce, c'est parce que les autorités grecques n'ont pas fait le nécessaire.»

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