Diagnostic : schizophrénie

Le chef de la CAQ,François Legault, a soutenu... (Photo Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne)

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Le chef de la CAQ,François Legault, a soutenu que le premier ministre, Philippe Couillard, souffre d'un profond malaise lorsqu'il aborde les questions du débat identitaire.

Photo Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne

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André Pratte
La Presse

« Parmi les symptômes de la schizophrénie, citons : 

- les idées délirantes : le fait de croire que des gens complotent contre nous ;

- les hallucinations : entendre ou voir des choses qui ne sont pas là. »

- L'Institut universitaire en santé mentale Douglas

Dans la foulée des attentats commis à Paris il y a trois semaines, les partis d'opposition se sont remis à souffler sur les braises du débat identitaire. Lundi, François Legault a soutenu que le premier ministre, Philippe Couillard, souffre d'un profond malaise lorsqu'il aborde ces questions : « Il faudrait qu'un psychiatre s'assoie avec lui et regarde ça. »

En admettant que M. Couillard soit en effet mal à l'aise lorsqu'il est question de la place de la religion, cela n'a rien de honteux. Au contraire. Malgré ce que veulent faire croire le PQ et la CAQ, la recherche d'un juste équilibre entre la défense des valeurs de la majorité et la protection des droits fondamentaux des minorités est un exercice délicat. D'autant plus que les tribunaux canadiens et des instances internationales seront appelés à se prononcer sur les décisions du gouvernement du Québec.

Si l'on en croit l'opposition, il y a urgence d'agir. Pourquoi donc ? Où sont les accommodements scandaleux ? Combien de fonctionnaires exigent de pouvoir porter un kirpan ? Où sont les policiers souhaitant se coiffer d'un turban ? Si cela ne puait pas la manoeuvre partisane, on croirait que ces élus hallucinent.

(Parlant des policiers : suivant quelle logique leur interdira-t-on de porter un signe religieux après avoir toléré qu'ils portent des vêtements de camouflage et la casquette de leur syndicat ?)

***

« Il est temps qu'on règle cette question-là ! », lançait M. Legault, la semaine dernière. C'est l'illusion qu'entretiennent les nombreux partisans de « règles claires » sur la laïcité. L'expérience de la France démontre hors de tout doute que les mesures législatives ne mettent fin ni aux tensions entre majorité et minorités ni aux débats sur la place de la religion. La République a eu beau multiplier les interdits, cela n'a pas empêché plusieurs jeunes d'être séduits par l'intégrisme, voire le terrorisme.

En décembre dernier, une controverse a éclaté dans plusieurs municipalités françaises qui avaient installé une crèche devant leur hôtel de ville. S'agissait-il d'« emblèmes religieux » ou d'objets « culturels » ? Appelés à trancher, les tribunaux ont rendu des décisions contradictoires. On le voit, 110 ans après l'adoption de la loi affirmant la séparation des Églises et de l'État, la question religieuse reste extrêmement délicate en France.

L'arme la plus efficace contre l'intégrisme, c'est l'intégration. Celle-ci peut être facilitée par des politiques gouvernementales, bien sûr, mais elle exige avant tout, de la part de la majorité, de l'ouverture et de la patience. Cela n'intéresse évidemment pas les partis d'opposition parce que leur seul souci est d'embarrasser le gouvernement, peu importe les conséquences pour la société québécoise. Cette maladie-là aussi a un nom : l'opportunisme.

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