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Les Québécois paient leur essence beaucoup moins cher que les automobilistes de la plupart des pays développés.

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On entend souvent dire que les Québécois sont plus soucieux de l'environnement que les autres Canadiens. Si c'est le cas, comment expliquer la levée de boucliers qui suit toute mesure visant à rendre plus coûteux l'usage d'une automobile?

On retrouve quelques mesures de ce genre dans la mise à jour budgétaire présentée mardi par le ministre des Finances, Carlos Leitao. Le CAA ne l'a pas trouvée drôle: «Comment justifier qu'on vienne piger une fois de plus dans les poches des automobilistes?»

Le gouvernement a confirmé qu'à compter du 1er janvier prochain, les distributeurs de carburants seront intégrés au marché du carbone. Ces entreprises vont évidemment refiler aux consommateurs ce que ce changement leur coûtera. Cela ajoutera 2 cents au prix d'un litre d'essence. «Les automobilistes québécois composent avec le litre d'essence le plus taxé en Amérique du Nord», déplore le CAA.

C'est vrai. Cependant, les Québécois paient beaucoup moins cher que les automobilistes de la plupart des pays développés, y compris ceux de pays producteurs de pétrole tels le Royaume-Uni (2,17$ le litre) et la Norvège (2,74$ le litre). La meilleure façon de réduire notre dépendance au pétrole serait de gonfler les prix davantage.

M. Leitao a aussi annoncé une hausse du droit d'immatriculation des véhicules munis de moteur de forte cylindrée (4 litres et plus). Le chef de la CAQ, François Legault, a inclus cette mesure dans sa liste d'augmentations de taxes frappant «la classe moyenne». Or, sauf exception, la classe moyenne ne sera pas touchée par la hausse du droit d'immatriculation. En effet, 85% des véhicules roulant sur les routes de la province ont une cylindrée inférieure à 4 litres. Seuls les conducteurs de voitures de grand luxe ou de haute performance paieront un droit substantiellement plus élevé. Pour leur part, les propriétaires de certains modèles de fourgonnettes et de camionnettes devront débourser une somme additionnelle d'entre 10$ et 30$.

Au final, la grande majorité des Québécois ne paieront pas davantage qu'aujourd'hui pour l'usage de leur voiture. En effet, la Société d'assurance automobile du Québec a fait savoir que ses primes annuelles baisseront de 65$ à compter du 1er janvier 2016. Dans la plupart des cas, le montant ainsi économisé sera plus élevé que l'impact des mesures annoncées mardi.

Du point de vue de la lutte aux changements climatiques, cet effet nul n'est pas une bonne nouvelle. En effet, comme le soulignait mercredi notre collègue Stéphanie Grammond, les mesures annoncées par Carlos Leitao sont trop modestes pour amener les automobilistes québécois à réduire leur consommation de carburant. Si, par surcroît, les prix mondiaux du pétrole restent bas, on peut s'attendre à ce que les véhicules énergivores gagnent des adeptes. Oui, oui, même au Québec!

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