Simpliste et irréaliste

Environ 2500 écologistes, élus et citoyens, ont manifesté... (Photo Robert Skinner, La Presse)

Agrandir

Environ 2500 écologistes, élus et citoyens, ont manifesté dimanche à Sorel-Tracy pour protester contre «la transformation du fleuve Saint-Laurent en plaque tournante de l'exportation des sables bitumineux». 

Photo Robert Skinner, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
André Pratte
La Presse

Plus de 2500 personnes ont manifesté dimanche, à Sorel-Tracy, pour dénoncer l'exportation du pétrole des sables bitumineux par la voie du fleuve Saint-Laurent. Aux yeux des manifestants, il faut absolument empêcher que le pétrole albertain transite par le fleuve.

Il ne s'agit pas seulement de protéger ce majestueux cours d'eau lui-même. Le mouvement écologiste veut stopper la croissance de la production du pétrole albertain en bloquant toutes les avenues en permettant l'exportation par le sud (Keystone XL), par l'Ouest (Northern Gateway) et par l'Est (Énergie Est).

Les écologistes ont certes raison de critiquer la performance environnementale de cette industrie. Cependant, leur discours est simpliste et leur objectif irréaliste.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) produites par l'extraction du pétrole bitumineux constituent un défi considérable pour le Canada. D'ici 2020, ces émissions augmenteront de 83 % par rapport à leur niveau de 2011. Le gouvernement fédéral doit absolument prendre des mesures réglementaires pour imposer à l'industrie des efforts supplémentaires.

Cela dit, à l'échelle planétaire, l'impact de ces émissions est minuscule.

Si l'on vise la protection du fleuve Saint-Laurent, pourquoi s'en prendre seulement au pétrole venant de l'Alberta ? Les gros pétroliers circulent sur le fleuve depuis des années sans que cela suscite le moindre émoi. Hier, le Dubai Angel (capacité : 750 000 barils) a quitté le quai 87 de Valero, à Lévis, après y avoir déchargé sa cargaison. Sur sa route, il a croisé deux pétroliers encore plus imposants, le Cap Guillaume et le Eagle San Diego (capacité : 1 million de barils), tous deux voguant à destination des installations de Valero. Où étaient les manifestants ?

On dira qu'un déversement de pétrole bitumineux aurait des conséquences particulièrement graves pour l'environnement. La recherche à ce sujet n'est pas concluante, mais, quoi qu'il en soit, tout déversement d'importantes quantités de pétrole brut dans le Saint-Laurent pourrait avoir des effets désastreux. S'il fallait appliquer le principe du risque zéro (version radicale du principe de précaution), on interdirait le passage de tout pétrolier sur le fleuve. Et alors, d'où viendrait l'or noir que nous consommerons encore en grandes quantités pendant plusieurs années ?

Les opposants ferment les yeux sur les avantages qu'apporte l'arrivée au Québec de pétrole canadien. D'abord, il rendra les deux raffineries de la province indépendantes des approvisionnements étrangers, plus chers et moins sûrs. Si le nombre de pétroliers servant à l'exportation augmentera, le nombre de pétroliers transportant du pétrole importé d'outre-Atlantique diminuera. Chez Valero, on estime qu'on ne recevra qu'une douzaine de navires-citernes par année, contre 90 à l'heure actuelle.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer