La recette de M. Flaherty

Jim Flaherty, le ministre des Finances du Canada.... (Photo Blair Gable, Reuters)

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Jim Flaherty, le ministre des Finances du Canada.

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André Pratte
La Presse

Quoi qu'en disent Québec et Toronto, le budget déposé hier par le ministre fédéral des Finances démontre noir sur blanc qu'Ottawa n'équilibre pas ses finances sur le dos des provinces. Si le gouvernement Harper sortira du rouge l'an prochain, c'est d'abord parce qu'il a mis les freins sur la croissance des dépenses du fédéral. C'est ainsi que, de 2012-13 à 2018-2019, les dépenses de fonctionnement augmenteront de moins de 1%.

Durant la même période, les transferts aux provinces auront crû de 15 milliards (+26%). Certes, à compter de 2017-18, l'augmentation du Transfert canadien en matière de santé sera plafonnée au taux annuel de croissance de l'économie (autour de 4%, plutôt que 6%). Les provinces dénoncent la mise en place de ce plafond, mais il est logique et prudent, pour un gouvernement comme pour un ménage, d'ajuster la croissance de ses dépenses à celle de ses revenus. Au lieu de rechigner, les provinces devraient prendre le taureau par les cornes et appliquer la recette de Jim Flaherty.

Une fois la crise économique passée, le gouvernement Harper était déterminé à revenir à une position d'équilibre. Pour y arriver, il a passé au peigne fin toutes les dépenses. Des compressions ont été imposées dans les moindres recoins de la machine fédérale, faisant de nombreux mécontents. Si nous déplorons certaines des décisions prises, nous souscrivons à l'objectif: revenir au déficit zéro dès que possible et entreprendre de réduire la dette.

L'assainissement des finances publiques étant la priorité des priorités, le gouvernement n'a annoncé hier que des mesures modestes et ciblées. Pour la prochaine année fiscale, les nouvelles dépenses totalisent à peine 700 millions, tandis que les mesures visant à générer des économies sont quatre fois plus importantes (2,8 milliards).

Dans son budget de 2013, le ministre Flaherty annonçait la création de la Subvention canadienne pour l'emploi. Les négociations menées avec les provinces n'ont pas porté leurs fruits jusqu'à maintenant. Hier, le fédéral a confirmé qu'il renonce à la contribution financière des provinces; il paiera donc les deux tiers des coûts du programme et le reste de la facture sera envoyée aux employeurs participants. Du même souffle, Ottawa menace d'aller de l'avant en solitaire là où il n'aura pas conclu d'entente avec une province donnée. Cependant, les fonctionnaires admettent que le fédéral ne dispose pas du personnel sur le terrain pour mettre cette menace à exécution. Il n'y a pas d'autre voie que la négociation, en tenant compte, notamment, de la situation particulière du Québec.

Selon le budget déposé hier, les surplus dégagés à compter de 2015-2016 seront intégralement consacrés à la diminution de la dette. À la veille d'élections, les conservateurs sauront-ils résister à la tentation de multiplier les cadeaux? C'est l'an prochain que la discipline budgétaire du gouvernement Harper sera vraiment mise à l'épreuve.




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