L'avenir du Bloc

Daniel Paillé a annoncé qu'il quittait son poste... (Photo Ryan Remiorz, archives La Presse Canadienne)

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Daniel Paillé a annoncé qu'il quittait son poste de chef du Bloc québécois en décembre dernier.

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André Pratte
La Presse

À la suite de la démission du chef Daniel Paillé, certains indépendantistes ont souhaité que le Bloc québécois se saborde. Selon Yves Michaud, le Bloc n'aide plus la cause souverainiste en «prêchant dans le désert». D'autres affirment au contraire que seuls des souverainistes peuvent bien représenter le Québec à la Chambre des communes: «Voter pour un parti fédéraliste, c'est élire des représentants qui devront tôt ou tard nous trahir (...)». «À Ottawa, ceux qui sont assis à notre place (des bloquistes) décident de nos affaires en fonction des intérêts de la majorité canadienne», renchérit Gilles Duceppe, dans le Journal de Montréal.

Sur un aspect de la question, nous donnons raison à M. Duceppe: il est normal que les indépendantistes puissent avoir la possibilité de voter au niveau fédéral pour une formation qui partage leur vision. Beaucoup de Québécois sont souverainistes et il n'est pas mauvais que cette réalité soit reflétée aux Communes. Cependant, les bloquistes devraient cesser de prétendre parler pour «tous les Québécois», comme ils l'ont habilement fait depuis la naissance du parti.

Suivant l'argumentaire bloquiste, défendre les intérêts du Québec à Ottawa, c'est les défendre exclusivement, sans jamais tenir compte des besoins du pays dans son ensemble. Accepter des compromis, c'est «trahir» le Québec. Le message subliminal, ici, c'est que si le Québec se séparait du reste du Canada, il n'aurait plus à faire de compromis. Or, cela est faux. Au sein de l'éventuelle association négociée avec le Canada, le Québec n'aurait d'autre choix que d'accepter des concessions, comme la France doit le faire comme membre de l'Union européenne.

De toute façon, si les intérêts du Québec sont peu tenus en compte depuis quelques années, ce n'est pas parce que le Bloc québécois est affaibli, mais plutôt parce que les Québécois sont peu représentés au sein du gouvernement conservateur. M. Duceppe a beau soutenir que cela importe peu, dans la réalité politique, il est important d'être présent à la table où les décisions se prennent. C'est vrai à Ottawa comme ce l'est à Québec. Lorsque Denis Lebel cherche à convaincre le cabinet de l'importance de remplacer le pont Champlain, il doit faire face à des collègues dont la grande majorité n'ont jamais de leur vie emprunté cet ouvrage en décomposition.

En mettant tous leurs oeufs dans le panier bloquiste pendant 20 ans, les Québécois se sont exclus du pouvoir. À toutes fins pratiques, ils ont fait la même chose en 2011 en votant en grand nombre pour un parti qui, à l'époque, n'avait pas de chance de former le gouvernement.

La conjoncture sera peut-être différente lors des prochaines élections, en 2015. Quoi qu'il en soit, les électeurs de la province seront bien avisés, alors, de faire leur choix en tenant compte de l'urgence de renforcer la présence québécoise au coeur du processus de décision.

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