Une richesse gaspillée

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En forçant Hydro-Québec à accroître ses tarifs pour satisfaire à leurs impératifs politiques, libéraux et péquistes ont créé une grande confusion autour de la tarification de la société.

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André Pratte
La Presse

La Régie de l'énergie a conclu jeudi ses audiences sur les demandes tarifaires d'Hydro-Québec (HQ) pour 2014-2015. Ces audiences se sont déroulées dans une indifférence quasi générale. Pourtant, si la Régie approuve les requêtes de la société d'État, la facture d'électricité des ménages grimpera en moyenne de 5,8% en une seule année.

Nous ne sommes pas opposés à ce que les Québécois paient leur électricité plus cher, au contraire. Si les consommateurs d'ici payaient le prix du marché, ils gaspilleraient moins. De plus, les revenus supplémentaires pourraient être investis dans la réduction de la dette. Ce serait une façon beaucoup plus sage de faire profiter les Québécois de toutes les générations de notre richesse en eau que de pomper les profits d'Hydro-Québec pour payer les dépenses d'épicerie du gouvernement.

Le ministre libéral des Finances, Raymond Bachand, avait adopté cette approche réfléchie: une hausse du prix de l'électricité dite patrimoniale qui, à terme, aurait permis de verser chaque année plus de 1,6 milliard à la réduction de la dette. Le gouvernement Marois a choisi de remplacer cette augmentation par une simple indexation. Le Fonds des générations recevra aussi le produit des redevances minières, mais ces revenus-là sont beaucoup plus incertains.

La hausse substantielle des tarifs demandée pour 2014-2015 résulte, pour l'essentiel, de décisions purement politiques des gouvernements Charest et Marois. Sur les 5,8%, 2,7% viennent de l'électricité que la société d'État doit acheter aux producteurs éoliens, une énergie qui coûte cher et dont le Québec n'a pas besoin. Ce sont les libéraux qui ont lancé le bal éolien il y a quelques années, tentant désespérément de redorer leur blason écologique. On a ainsi créé une industrie artificielle, sans autre marché que celui du Québec, qui lui nage dans les mégawatts. Quel gaspillage!

L'autre gros morceau vient du taux de rendement accru que HQ voudrait faire approuver par la Régie. Le dossier est d'une grande complexité, mais, au bout du compte, il s'agit de répondre aux demandes de l'actionnaire (c.-à-d. le gouvernement), qui a grand besoin des profits d'Hydro-Québec pour revenir à l'équilibre budgétaire.

En forçant Hydro-Québec à accroître ses tarifs pour satisfaire à leurs impératifs politiques, libéraux et péquistes ont créé une grande confusion autour de la tarification de la société. Les discussions devant la Régie sont d'ailleurs plus absconses que jamais. Est-ce voulu?

Bien plus grave, au lieu de faire en sorte que notre richesse hydraulique profite à long terme à la société québécoise, les politiciens la dilapident au gré de leurs besoins partisans. Pourtant, le fait que cette énergie soit renouvelable n'autorise pas qu'on la gère d'une manière aussi irresponsable.




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