Au-delà du fromage

On ne peut pas limiter l'analyse de l'entente... (Photo d'archives Rocket Lavoie)

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On ne peut pas limiter l'analyse de l'entente avec l'Europe à ses seuls effets sur l'industrie du fromage.

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Le premier ministre, Stephen Harper, est à Bruxelles aujourd'hui pour confirmer la conclusion d'une entente de principe sur le libre-échange avec l'Union européenne. Avant même la publication de ce texte de quelque 300 pages, les producteurs de lait et de fromage du Québec ont dénoncé l'ultime compromis fait par Ottawa, soit l'augmentation substantielle des contingents d'importation de fromages européens.

Selon le président de la Fédération des producteurs de lait, Bruno Letendre, cette concession «heurte de plein fouet le dynamisme et les possibilités de croissance» de l'industrie. Ce sont en tout premier lieu nos petites fromageries artisanales qui sont menacées». Hier, certains médias et partis politiques donnaient l'impression que l'accord ne porte que sur deux produits, le boeuf de l'Ouest et les fromages du Québec. Le gouvernement Harper aurait sacrifié ces derniers au bien des cowboys albertains.

Avant de porter un jugement sur l'Accord économique commercial et global Canada-Union européenne, on devra d'abord prendre connaissance de son contenu. Chose certaine, on ne pourra pas limiter l'analyse aux seuls effets potentiellement néfastes du texte sur une industrie, aussi chère soit-elle au coeur des Québécois. L'entente en question, qui a nécessité quatre ans de pourparlers, concerne tous les secteurs de l'économie canadienne. Il ouvre aux industries du Québec un immense marché de 500 millions d'habitants, marché dont l'accès était jusqu'ici limité par des tarifs ou par une réglementation protectionniste.

Au Québec, des industries importantes comme celles de l'aluminium, du fer, de l'acier, des mines, des produits chimiques, du plastique et du bois devraient tirer leur épingle du jeu. Les investissements de nos entreprises en Europe seront aussi facilités, de même que leur accès aux contrats gouvernementaux.

Dans toute négociation, chaque partie doit faire des compromis. Si le Canada n'avait pas cédé aux exigences européennes relatives au fromage, il n'y aurait pas eu d'entente, tout simplement parce que la France aurait dit non. L'Union européenne aurait investi toutes ses énergies dans ses négociations naissantes avec les États-Unis; nous nous serions retrouvés marginalisés.

Ne faisons pas l'erreur de croire que les producteurs de fromages fins de la province ne sauront pas se défendre face à cette nouvelle concurrence. N'oublions pas, à cet égard, qu'outre «nos petites fromageries artisanales», des géants comme Saputo et Agropur produisent eux aussi des fromages de spécialité. Ajoutons qu'il faudra encore plusieurs mois avant que l'entente n'entre en vigueur, et qu'une période de transition est prévue. De plus, le gouvernement fédéral s'est engagé à mettre en place des mesures de compensation pour les producteurs les plus durement touchés.

Dans l'évaluation de cette entente, il faudra garder à l'esprit qu'après la conclusion des accords avec les États-Unis et le Mexique, les critiques avaient prédit la catastrophe. Au contraire, le Canada a grandement profité du libre-échange nord-américain.

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