Turban sikh et ballon rond

Ici, ce n'est pas l'intégration des immigrants que... (Photo Andy Clark, Reuters)

Agrandir

Ici, ce n'est pas l'intégration des immigrants que nous voulons, mais leur assimilation.

Photo Andy Clark, Reuters

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La Fédération de soccer du Québec a décidé la fin de semaine dernière de continuer d'interdire le port du turban. Cette décision a pour effet d'écarter du jeu quelques dizaines de jeunes Québécois de religion sikhe, à moins qu'ils acceptent de laisser leur turban (et donc leur foi) sur la touche. Pourtant, s'il y a un cas où un accommodement aurait été possible, c'est bien celui-là.

Quelles raisons sont généralement invoquées pour refuser un accommodement religieux?

- L'État doit être neutre, affirme-t-on. Ici, toutefois, il n'est pas question de l'État mais d'une organisation régissant le sport amateur, notamment la pratique de dizaines de milliers d'enfants.

- Les immigrants doivent respecter les valeurs fondamentales du Québec, notamment l'égalité des sexes. Or, le turban sikh n'est d'aucune manière un symbole de domination masculine.

C'est au nom de la sécurité des joueurs que la Fédération interdit le turban. Pourtant, de l'aveu même de la directrice générale de l'organisation, il n'existe aucune indication d'un danger quelconque. Contrairement au hijab, le turban sikh ne couvre pas le cou. «Dans une mêlée, le turban pourrait se défaire», dit Brigitte Frot. Difficile d'imaginer les risques de blessure découlant d'une telle éventualité, les jeunes sikhs portant le patka, un foulard de petite dimension. 

En tout cas, si risque il y a, les dirigeants du soccer québécois sont les seuls à les voir. Ailleurs au pays, le turban est permis, notamment en Colombie-Britannique et en Ontario, où vivent plus de 80% des sikhs canadiens.

Comme elle l'avait fait pour le hijab, la Fédération québécoise de soccer s'en remet à la Fédération internationale de football association (FIFA). C'est une façon comme une autre de se défiler. La FIFA gérant le soccer d'élite à l'échelle mondiale, de telles décisions sont nécessairement lentes à venir. Il aurait été bien plus facile de régler la question au Québec afin d'ouvrir dès maintenant les terrains aux enfants de religion sikhe.

La réalité, telle qu'illustrée par le sondage Léger Marketing publié récemment par le gouvernement du Québec, c'est que la majorité des Québécois ne veulent pas consentir d'accommodements aux minorités religieuses. Aucun, quelles que soient les circonstances. Dès qu'ils quittent leur domicile, on attend des membres de ces minorités qu'ils oublient leur foi et se fondent dans la masse.

Le foot, selon la FIFA, est un «symbole d'espoir et d'intégration». Pas au Québec. Ici, ce n'est pas l'intégration des immigrants que nous voulons, mais leur assimilation.

Les représentants de la communauté sikhe envisagent un recours aux tribunaux. Ce n'est pas la voie à suivre. Puisque la Fédération de soccer invoque les risques de blessure, les sikhs devraient travailler à la rassurer à cet égard. Ils devraient aussi multiplier les représentations auprès de la FIFA, dont une décision favorable susciterait certainement moins de controverse que si elle venait des tribunaux.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box
la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer