Tout a changé

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Jusqu'à récemment, plusieurs experts annonçaient l'épuisement des réserves de pétrole et de gaz naturel. La planète se dirigeait inéluctablement vers une crise énergétique, doublée d'impasses économique et environnementale.

En deux ans, tout cela a changé. Grâce au développement de la fracturation des schistes, la production de pétrole et de gaz naturel s'est mise à augmenter rapidement aux États-Unis. Dans un rapport publié la semaine dernière, l'Agence internationale de l'énergie (AIÉ) parle d'une véritable «révolution», de «forces qui sont en voie de redéfinir la manière dont le pétrole est produit, raffiné, vendu et consommé à travers le monde.» Dans la mesure où le recours à la fracturation se répand hors de l'Amérique, «il se peut qu'on doive réévaluer en profondeur l'envergure des réserves mondiales» de pétrole, souligne l'Agence.

Selon le document (Oil: Medium-Terme Market Report 2013), la production totale de pétrole grimpera de 8,4 millions de barils par jour d'ici 5 ans. De cette augmentation, près de la moitié viendra des États-Unis (pétrole de schiste: +2,8 millions de barils par jour) et du Canada (sables bitumineux: +1,2 million de barils par jour). Cette nouvelle capacité de production permet déjà aux États-Unis d'être moins dépendants des importations du Proche-Orient.

Il est vrai qu'il manque d'oléoducs pour transporter tout cet or noir. Mais, faisant preuve comme toujours «de flexibilité et d'ingéniosité», l'industrie s'est tournée vers le train; plus de 230 000 wagons-citernes de pétrole ont circulé l'an dernier sur les voies ferrées des États-Unis.

La nouvelle donne facilitera le maintien de l'essence et du diesel comme carburants dominants dans le transport routier (plus de 95%). Si une autre source d'énergie progresse dans ce secteur, ça ne sera pas l'électricité mais le gaz naturel. En raison de l'exploitation des gaz de schiste, le prix de cette ressource a chuté, de sorte que l'industrie du camionnage et du rail envisagent aujourd'hui de laisser tomber le diesel.

Toute cela aura un impact sur la situation environnementale, notamment en ce qui a trait aux émissions de gaz à effet de serre. Si le prix du gaz naturel reste faible, la production d'électricité aux États-Unis reposera de plus en plus sur ce carburant, plus propre que le charbon.

Presque toute l'augmentation de la demande du pétrole dans le monde au cours des 5 prochaines années viendra des économies en développement et émergentes, qui jouissent d'une forte croissance. Alors que le nombre d'automobiles se stabilise dans les pays riches, il augmente fortement ailleurs, notamment en Chine. Si l'on veut freiner les changements climatiques, c'est là qu'il faudra agir.

Il n'est pas sûr que ces «mouvements tectoniques» se transformeront en tendances lourdes. Néanmoins, ils rappellent un fait qu'il faudrait toujours garder à l'esprit: dans le domaine de l'énergie, l'avenir est tout simplement impossible à prévoir.

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