Notre Keystone

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La société TransCanada a annoncé qu'elle envisageait de bâtir un oléoduc permettant de transporter du pétrole de l'Ouest canadien jusqu'à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick), en passant par Montréal et Québec. La portion québécoise du nouveau pipeline ferait près de 700 kilomètres. L'ouvrage aurait une capacité de 850 000 barils par jour, similaire à celle du controversé projet Keystone XL, proposé par la même entreprise aux États-Unis.

En apprenant cette nouvelle, la ministre québécoise des Ressources naturelles, Martine Ouellet, s'est montrée inquiète, non seulement à l'égard des risques environnementaux d'un tel oléoduc mais aussi quant au passage en territoire québécois de pétrole issu des sables bitumineux albertains. «On a une préoccupation quant à la provenance du pétrole, dans ce cas-ci du pétrole non conventionnel émettant plus de gaz à effet de serre que le pétrole que nous importons présentement», a dit Mme Ouellet.

C'est le genre d'a priori dont il faudra se défaire dans l'évaluation de ce projet, comme dans celle du projet de la société Enbridge, qui veut renverser le sens de son oléoduc reliant l'Ontario au Québec. L'extraction du pétrole des sables bitumineux émet beaucoup plus de gaz à effet de serre que celle du pétrole conventionnel. Les gouvernements fédéral et albertain doivent absolument exiger des producteurs qu'ils améliorent leur bilan à cet égard. Toutefois, la piètre performance environnementale de ces derniers ne constitue pas une bonne raison pour bloquer des projets d'oléoducs.

D'abord, les oléoducs en question ne transporteront pas nécessairement du pétrole extrait des sables. Il pourrait fort bien s'agir de pétrole conventionnel venant d'Alberta et des États-Unis.

Ensuite, le bitume albertain n'est pas le seul «pétrole sale». Le Québec importe chaque année 15 millions de barils venant de l'Angola et du Nigéria, des pays dont les méthodes de production émettent des quantités considérables de GES. Le gouvernement du Québec envisage-t-il d'interdire ces importations?

Pour ce qui est des risques du transport de pétrole par pipeline, il faut faire preuve de discernement. Si les millions de barils que nous importons chaque année ne nous arrivent pas par oléoduc, il sera transporté sur le fleuve Saint-Laurent, dans les citernes de superpétroliers, comme c'est le cas présentement (qui s'en émeut?). Il pourrait aussi venir par train, un moyen de transport de plus en plus prisé par les producteurs du continent.

Il est vrai que des fuites survenues ces dernières années aux États-Unis amènent à redoubler de prudence en ce qui a trait aux oléoducs qui pourraient traverser notre province. Toutefois, cette prudence doit être fondée sur une analyse complète et lucide de la situation, pas sur de l'angélisme environnemental.

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