Vers le précipice

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Le chef républicain de la Chambre des représentants John Boehner (à gauche) et le président Barack Obama.

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Les négociations en vue d'éviter que les États-Unis ne plongent dans un «précipice fiscal» ont connu un rebondissement dramatique jeudi soir, alors que les élus républicains ont rejeté l'approche proposée par leur leader, le président de la Chambre des représentants, John Boehner. Voulant montrer son parti sous un jour plus conciliant, M. Boehner suggérait que les républicains acceptent, pour la première fois, le principe d'une augmentation du taux de l'impôt sur le revenu. Celle-ci aurait touché seulement les gens gagnant plus d'un million. C'était trop pour la droite doctrinaire.

Vue du Canada, la partie de bras de fer entre les républicains et le président Barack Obama peut susciter la lassitude tant on s'y perd dans les méandres de la politique et de la fiscalité américaines. Pourtant, l'affaire nous concerne: un échec des pourparlers provoquera des hausses d'impôts et des compressions de dépenses publiques dès le 1er janvier. Totalisant 600 milliards pour la seule année 2013, ces changements automatiques suffiraient à replonger l'économie américaine en récession. Inévitablement, notre propre économie en souffrirait. En fait, le «précipice fiscal» aurait des conséquences néfastes partout sur la planète.

Les enjeux étant aussi considérables, on s'attendrait à ce que le Congrès fasse preuve d'un certain sens des responsabilités. Des élus républicains, dont M. Boehner, sont apparemment disposés à faire des compromis pour arriver à un accord. Cependant, plusieurs autres s'opposent par principe à toute hausse d'impôt, convaincus que la situation financière du gouvernement fédéral doit être rétablie seulement par le moyen de compressions dans des programmes comme la sécurité sociale et l'assurance-santé. C'est pourtant le président qui a raison: il faut à la fois des compressions et des hausses d'impôts. «Personne ne peut obtenir 100% de ce qu'il veut, a-t-il dit hier. Les républicains doivent réfléchir aux problèmes qu'ils causeront aux Américains si le Congrès n'agit pas.»

La politique à Washington étant ce qu'elle est, on assistera sûrement à d'autres soubresauts d'ici la fin de l'année. Plusieurs évoquent même la possibilité que les élus laissent passer la date fatidique dans l'espoir qu'il soit plus facile de s'entendre une fois la chute libre amorcée. Le fait que les républicains - puisqu'ils sont les principaux responsables de l'impasse - soient disposés à faire prendre un tel risque à l'économie mondiale en dit long sur leur dogmatisme.

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