L'autoroute du pétrole

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La société Enbridge souhaite inverser le flux du pipeline entre l'Ontario et Montréal en faisant passer le pétrole de l'ouest vers l'est.

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Les premières ministres du Québec et de l'Alberta ont convenu jeudi de former un comité de fonctionnaires qui se penchera sur l'acheminement éventuel du pétrole de l'Ouest canadien jusqu'au Québec. L'ouverture manifestée par Pauline Marois à ce sujet est heureusement à l'opposé de la réaction hystérique de son ministre de l'Environnement, Daniel Breton.

Cela dit, ce n'est ni Québec ni Edmonton qui décidera. Le projet de renverser le flot de l'oléoduc 9B, entre l'Ontario et Montréal, ne relève pas des gouvernements de ces provinces, mais de la société propriétaire du pipeline, Enbridge, et de l'Office national de l'énergie. D'ailleurs, le pétrole qui sera ainsi transporté au Québec pourrait venir des États-Unis comme de l'Alberta.

Pour ce qui est de l'environnement, M. Breton peut se rassurer: les risques de fuite ne sont pas plus grands si le pétrole coule d'ouest en est que lorsqu'il coule d'est en ouest... Les écologistes soutiennent que le transport du pétrole issu des sables bitumineux pourrait provoquer une usure prématurée des oléoducs, en raison notamment de la composition chimique du produit. Cependant, cette thèse est très loin d'être démontrée; au contraire, les études récentes ont conclu que le transport du bitume ne comporte pas plus de risques que celui de pétroles plus légers. De toute façon, à court terme, c'est du pétrole léger qui sera acheminé aux raffineries de Montréal et de Lévis.

La question du transport du pétrole albertain ne concerne pas seulement le Québec, mais le pays entier. Un projet bien plus imposant que le renversement de l'oléoduc 9B, le Northern Gateway, est à l'origine d'une dispute entre les gouvernements de l'Alberta et de la Colombie-Britannique. Le projet prévoit la construction d'un oléoduc de 1172 kilomètres entre les gisements de sables bitumineux et l'océan Pacifique. L'oléoduc traverserait des centaines de kilomètres de zones naturelles sensibles en Colombie-Britannique. Avant de donner son feu vert, Victoria exige des garanties environnementales et financières. Hier, la première ministre Christy Clark a déclaré que l'entente entre le Québec et l'Alberta ne changera rien à son attitude dans ce dossier.

La prudence de Mme Clark est parfaitement compréhensible. Cela dit, dans leur évaluation des différents projets à l'étude, les gouvernements provinciaux doivent se fonder non pas sur les mythes, mais sur les faits. Ils doivent tenir compte de l'intérêt économique national (sinon Ottawa le fera pour eux). Et ils ne doivent pas oublier que les producteurs réussiront à transporter leur pétrole jusqu'aux acheteurs d'une façon ou d'une autre. En témoigne la popularité croissante du transport du pétrole par rail - le CN aura transporté 30 000 wagons de brut cette année - une façon de faire qui n'est certainement pas moins risquée que le recours aux oléoducs.

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