Les caméléons

À l'Assemblée nationale, rien n'a changé depuis les... (Photo: Jean Goupil, archives La Presse)

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À l'Assemblée nationale, rien n'a changé depuis les élections du 4 septembre. En traversant le salon bleu, libéraux et péquistes ont adopté l'attitude et le langage de leurs prédécesseurs, comme si de rien n'était.

Photo: Jean Goupil, archives La Presse

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Décidément, nos politiciens s'adaptent vite aux nouvelles situations. À Québec, péquistes et libéraux ont mis à peine quelques jours pour adopter le discours de ceux dont ils venaient de prendre la place. Maintenant au gouvernement, les péquistes défendent leurs décisions avec les mêmes arguments que leurs prédécesseurs libéraux. Les députés du PLQ, quant à eux, se comportent exactement comme le faisait l'opposition.

Lorsque le gouvernement Marois a déposé le projet de loi 1 sur l'intégrité dans l'attribution des contrats publics, les représentants libéraux ont accusé le gouvernement de ne pas aller assez loin. Pardon? Comment les libéraux, sous lesquels la corruption a apparemment connu un âge d'or, peuvent-ils aujourd'hui faire la leçon à qui que ce soit?

Le Parti québécois n'est pas en reste. Lui qui annonçait la «tolérance zéro» à l'égard de la collusion se montre tout à coup indulgent quand un des siens est pris à partie. Le nouveau secrétaire général à la métropole, André Lavallée, siégeait au comité exécutif de la Ville de Montréal au moment où des contrats gonflés ont été approuvés. Le ministre Jean-François Lisée a accusé l'opposition de lancer à son sujet des «allégations fondées sur absolument rien». Ça ne vous rappelle pas quelque chose?

Dans l'opposition, les députés du PQ s'étaient faits les défenseurs de l'indépendance des tribunaux. Aujourd'hui, ils ne voient rien de mal à l'intervention déplacée du ministre de l'Environnement, Daniel Breton, auprès des membres du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement. «Je peux vous assurer que chacune des institutions qui composent notre société sera protégée de la mainmise qu'a exercée le Parti libéral pendant son régime», a déclaré le leader parlementaire du gouvernement, Stéphane Bédard. Tout indique, en effet, que ces institutions seront désormais sous le contrôle absolu des péquistes.

De son côté, l'ancien ministre de la Santé, Yves Bolduc est sorti de ses gonds pour traiter son successeur, Réjean Hébert, d'«incompétent total». Compte tenu des difficultés considérables qu'a connues M. Bolduc au cours de ses premiers mois chargé de ce portefeuille, il aurait dû faire preuve de plus de mesure.

En somme, à l'Assemblée nationale, rien n'a changé depuis les élections du 4 septembre. En traversant le salon bleu, libéraux et péquistes ont adopté l'attitude et le langage de leurs prédécesseurs, comme si de rien n'était.

Cela est dû, en bonne partie, à la nature du régime parlementaire: le gouvernement gouverne, l'opposition s'oppose. Néanmoins, la facilité avec laquelle les politiciens changent de costume conforte l'opinion selon laquelle en ce qui a trait aux moeurs politiques, PLQ et PQ, c'est du pareil au même.

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