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L'entente permet enfin à la Caisse de se dépêtrer de son placement malheureux dans Québecor Média.

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Depuis 11 ans, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) était prisonnière de son investissement de 3,2 milliards dans Québecor Media, placement qui lui a fait perdre plusieurs centaines de millions. L'entente annoncée hier matin permet enfin à la Caisse de se dépêtrer de ce placement malheureux.

À la fin de l'année 2011, la Caisse estimait la valeur de sa participation dans QMI (45% des actions) à 2,3 milliards, 900 millions de moins que l'investissement initial, sans compter le rendement substantiel qu'elle aurait obtenu en investissant cette somme ailleurs (elle a reçu de maigres dividendes totalisant 324 millions). Le libellé du contrat conclu en 2000 faisait en sorte que la CDPQ ne pouvait pas trouver preneur pour ses actions. Elle était donc à la merci de Québecor. La Caisse était d'autant plus mal à son aise que QMI représentait une part disproportionnée (15%) de son portefeuille de placements privés.

En vertu de l'accord dévoilé hier, la Caisse se départit de presque la moitié de ses actions en échange d'un milliard comptant et de 500 millions de débentures de Québecor. La CDPQ reste propriétaire de 25% des titres de Québecor Media. Cependant, l'entente lui offre une voie de sortie: en 2019, si jamais la Caisse veut se départir de ces actions et qu'elle ne s'entend pas avec Québecor, elle pourra les vendre à une société financière ou exiger que les actions de QMI soient offertes en bourse.

La transaction annoncée hier clôt un chapitre douloureux dans l'histoire de la Caisse de dépôt. Certes, grâce à son aide, Québecor Média est devenue une entreprise florissante. Mais l'aventure a été très coûteuse pour les Québécois dont les pensions et les contributions d'assurance sont gérées par la CDPQ. Il y a là un enseignement pour les politiciens, notamment les membres du nouveau gouvernement, qui souhaitent voir l'institution «protéger nos entreprises contre les prises de contrôle par des compagnies étrangères et stimuler l'émergence et la croissance de secteurs clés au Québec» (Pauline Marois, 9 août 2012).

En supposant qu'elle soit souhaitable, cette mission, qui comporte nécessairement des risques importants, ne devrait pas être confiée à la Caisse de dépôt. Celle-ci doit déjà assurer l'équilibre délicat entre le rendement et la protection du capital des déposants. Sous Michael Sabia, la direction actuelle a choisi une approche prudente. Il faut continuer dans cette voie.

Si le gouvernement veut investir des fonds publics dans la cause du nationalisme économique, qu'il le fasse à même son budget au lieu de se cacher derrière la Caisse et de mettre à risque les rentes des Québécois. Cela l'obligera à expliquer aux contribuables à quelles fins politiques il choisit d'alourdir la dette déjà pharaonique du Québec.

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