La réputation de SNC-Lavalin

L'extraordinaire réputation de la firme de génie-conseil est... (Photo Rémi Lemée, Archives La Presse)

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L'extraordinaire réputation de la firme de génie-conseil est entachée.

Photo Rémi Lemée, Archives La Presse

André Pratte
La Presse

2011 devait être une belle année pour SNC-Lavalin, l'année de son centenaire. Malheureusement, la révolution qui a éclaté en Libye, où l'entreprise menait d'importants projets d'infrastructures, a provoqué une onde de choc dont les effets sur SNC se font encore sentir aujourd'hui. L'extraordinaire réputation du groupe d'ingénierie est entachée.

Lorsque les troubles ont éclaté en Libye, il y a un an, SNC-Lavalin a dû interrompre les travaux sur ses chantiers. Quelques mois plus tard, la firme a embauché une certaine Cynthia Vanier pour qu'elle lui fasse rapport sur la situation sur le terrain. Mme Vanier, qui n'avait aucune compétence particulière en la matière, a produit un document favorable au régime du colonel Kadhafi.

Rebondissement: l'automne dernier, Cynthia Vanier est arrêtée au Mexique. Les autorités de ce pays la soupçonnent d'avoir orchestré un complot visant à faire entrer un des fils de Kadhafi, Saadi Kadhafi. Son arrestation lui a fait manquer le rendez-vous qu'elle avait le lendemain avec le vice-président des finances de SNC, Stéphane Roy, dont on ignore le rôle dans cette histoire.

Ces événements ont attiré l'attention des médias sur les affaires de SNC en Libye. On a notamment appris que la firme y construisait une prison, un contrat de 275 millions. Elle a beau prétendre qu'il s'agira du «premier centre de détention du pays à se conformer aux normes internationales en matière de droits humains», on voit mal ce qui aurait pu empêcher le régime Kadhafi d'y déléguer ses bourreaux...

Le grand responsable des succès de SNC en Libye est Riadh Ben Aïssa, vice-président de l'unité Infrastructures et Construction. M. Ben Aïssa était devenu proche de Saadi Kadhafi, à un point tel que SNC a payé toutes les dépenses de ce dernier lors d'un séjour à Toronto.

Jeudi, SNC-Lavalin a annoncé que MM. Roy et Ben Aïssa ne travaillaient plus pour l'entreprise. Pas un mot sur les faits ayant provoqué leur départ. D'ailleurs, depuis le début de cette affaire, la firme en dit le moins possible. Face à ce silence, les questions abondent. Qu'ont fait les deux anciens vice-présidents pour que SNC-Lavalin les largue ainsi? Étaient-ils les seuls impliqués? Que savaient les grands patrons du groupe des faveurs consenties au fils du colonel Kadhafi?

Présentant son code de déontologie, SNC-Lavalin écrit: «L'intégrité et la réputation de la société en matière de déontologie sont essentielles à une rentabilité soutenue.» Dans son rapport annuel 2010, la firme dit être «déterminée à assumer ses responsabilités de citoyen du monde.» Si elle agit conformément à ces valeurs, SNC-Lavalin fera rapidement la lumière sur toute cette affaire. Elle mettra en place des mesures permettant d'éviter de tels dérapages dans l'avenir. Et elle révisera ses activités à l'étranger de façon à éviter que celles-ci ne cautionnent la violation systématique des droits de la personne.




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