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Universités: des compressions justifiées?

Le ministre de l'Enseignement supérieur Pierre Duchesne.... (Archives Le Soleil)

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Le ministre de l'Enseignement supérieur Pierre Duchesne.

Archives Le Soleil

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La Presse

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, exige des universités qu'elles réduisent leur budget de 5%, soit 140 millions, avec quatre mois à écouler pour l'année en cours. Selon vous, est-ce une demande justifiée?

Marc Simard

Professeur d'histoire au cégep Garneau, à Québec.

LES FOSSOYEURS

Sous prétexte de quelques cas de «mauvaise gestion» et de concurrence entre les universités pour attirer de la clientèle, une coalition (étudiants, gauche bien pensante et Parti québécois) a entrepris de planter le dernier clou dans le cercueil des universités québécoises. Depuis plus de 20 ans, les étudiants criaient au sous-financement et réclamaient un «réinvestissement massif» en éducation. Ces expressions sont disparues de leur lexique quand le gouvernement Charest leur a fait savoir qu'une partie de la solution proviendrait de leurs poches. Ils se sont alors transformés en spécialistes de l'administration des universités, dénonçant leur «mauvaise gestion» avec la complicité de journalistes ravis de contribuer à leur «lutte». La gauche et les syndicats, baignant dans ce climat de mépris du savoir et de la culture qui afflige le Québec depuis toujours, les ont soutenus dans ce putsch civil qui a abouti au renversement du gouvernement Charest et à l'annulation de la hausse des droits. Le gouvernement péquiste a achevé le travail. Dès son assermentation, le ministre de l'Enseignement supérieur a remis en doute la «thèse du sous-financement». Le ministre des Finances et le président du Conseil du Trésor viennent de jeter la dernière pelletée de terre : non seulement les budgets de nos universités ne seront-ils pas augmentés, mais ils seront amputés. Cette troïka de demeurés aura fait en moins d'un an plus de tort à notre système d'éducation que tous ses adversaires historiques.

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Jean-Pierre Aubry

Jean-Pierre Aubry

Économiste et fellow associé au CIRANO.

À LA TRONÇONNEUSE

Réduire de façon importante les dépenses d'opération des universités alors qu'il ne reste qu'un tiers de l'exercice financier risque de faire plus de mal que de bien. Les compressions ne vont pas se faire aux ciseaux à bois, mais à la tronçonneuse. Le seul cas où une telle approche ferait du sens est celui où il y aurait d'importants gaspillages dans les opérations de ces institutions, ce qui ne me semble pas être le cas. Par contre, si le gouvernement est de cet avis, ne devrait-il pas commencer par mettre à la porte les gestionnaires responsables de tels gaspillages? Des incompétents peuvent faire d'énormes dommages avec des tronçonneuses.  Le gouvernement a raison de vouloir faire des importants gains d'efficience à long terme dans ses opérations, mais cela prend du temps et implique à la fois le développement de nouvelles stratégies au niveau agrégé et des milliers de petits gestes dans une multitude d'unités de production. L'approche du gouvernement va plutôt impliquer des baisses dans la quantité et la qualité des services offerts par les universités ainsi que des hausses de coûts à plus long terme dans plusieurs cas.

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Daniel Gill

Daniel Gill

Professeur agrégé à l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal.

LA QUALITÉ DE L'ENSEIGNEMENT EN SOUFFRIRA

La victoire des étudiants commence tranquillement à avoir un goût amer.  S'il est vrai que les universités ont à revoir une partie de leur gestion, on ne peut penser sérieusement qu'il est possible de retrancher 140 millions alors que l'année financière tire à sa fin et que de nombreux engagements sont déjà pris. Inévitablement, cette ponction se fera au détriment de la qualité d'enseignement.  Comme il est pratiquement impossible de couper dans les postes existants au sein des universités, cela va assurément se répercuter sur l'engagement de nouveaux professeurs. L'embauche de nouveaux professeurs va être reportée, ils seront remplacés par des chargés de cours dans des classes toujours surchargées.  On ne se surprendra pas, comme c'est déjà le cas, à voir des classes de maîtrise de 60 étudiants, par manque de ressources physiques et professorales. Certes, la dérive immobilière des dernières années est en partie responsable de la piètre situation financière, mais il ne faudrait pas oublier que c'est aussi le manque de ressources qui les a obligés à s'éloigner de leur mandat en croyant par l'investissement dans la pierre pouvoir mieux soutenir leur mission d'enseignement.  Malheureusement, tout cela a mal tourné et on en fait les frais aujourd'hui. Il y a un coût à la qualité d'enseignement que les étudiants n'ont pas voulu endosser.  Comme pour le reste,  le nouveau gouvernement ne tiendra pas ses promesses.  Doit-on en être surpris?

Jana Havrankova... (Photo fournie par Jana Havrankova) - image 5.0

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Jana Havrankova

Photo fournie par Jana Havrankova

Jana Havrankova

Médecin endocrinologue.

GOUVERNER RÉTROACTIVEMENT

Par cette coupe budgétaire inattendue, le gouvernement démontre qu'il ne croit pas au sous-financement des universités, et pas beaucoup plus à son sommet sur l'enseignement supérieur. Les discussions sur l'enseignement universitaire à peine commencées, il assène un coup dur aux universités en leur demandant de sabrer les dépenses de la présente année financière. Comment sont-elles censées s'y prendre? La plus grande partie des budgets étant consacrée aux salaires et aux avantages sociaux, doivent-elles congédier les professeurs ou d'autres employés? Réduire l'aide aux étudiants? Exiger que les universités réduisent leur budget pour l'année en cours de plus de 100 millions $ s'avère injuste pour les universités et inquiétant pour l'ensemble de la société. Le gouvernement manifeste une fâcheuse tendance : imposer rétroactivement. D'abord, il projetait une imposition rétroactive des dividendes et du gain en capital, mesure abandonnée devant les protestations du public. Puis, au moment d'augmenter les taxes sur le vin et les spiritueux, il a obligé les restaurateurs de faire un inventaire et de payer les taxes sur des produits achetés parfois plusieurs années plus tôt. Il demeure vrai que les universités pourraient envisager certaines réductions budgétaires : moins de campus extérieurs, partage de certains programmes, réduction des projets immobiliers. Mais cela devait faire partie des discussions au sommet, non?

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Adrien Pouliot

Adrien Pouliot

Président et chef de direction de Draco Capital.

COMPRESSIONS COLOSSALES

Les compressions à accomplir en quatre mois sont colossales, surtout quand on pense que plus de 70% des coûts d'une université représentent du salaire. Les universités affirment  qu'elles sont déjà sous-financées et fondent leur plaidoyer sur l'analyse comparative des subventions reçues par les autres universités canadiennes. Malheureusement, nous sommes dans un système où il n'y a pas de vrai mécanisme de prix librement consenti qui sous-tend la transaction entre l'élève et l'établissement et qui nous dirait tout de suite si les universités sont vraiment sous-financées. Une très grande partie des droits de scolarité est en effet payée par un tiers (l'État) qui ne reçoit pas les services et qui paie avec de l'argent qui ne lui appartient pas (celui des contribuables). Dans un marché où les étudiants paient eux-mêmes (quitte à recevoir directement un crédit d'impôt remboursable de l'État pour les aider à défrayer ces frais), le « sous-financement » de l'université, c'est-à-dire la faiblesse de ses revenus, entraînerait une gestion plus efficace pour réduire les coûts ou une meilleure offre aux clients pour justifier une hausse des droits de scolarité.  Sans l'arbitrage des prix, les universités doivent s'en remettre au marché politique et au lobbying pour gagner leur cause auprès de l'État.

Jean Bottari

Préposé aux bénéficiaires.

MANQUE DE COURAGE

Le gouvernement fait fausse route en demandant aux recteurs d'universités de réduire leurs dépenses de 5% d'ici les quatre prochains mois. Où croyez-vous que les dirigeants des universités vont couper? Ce sont fort probablement les services directs aux élèves qui vont écoper de cette décision. Ces coupes, bien que justifiées, ne sont pas raisonnables, car elles ne surviendront pas au bon endroit. Un gouvernement courageux aurait tenté de récupérer ces sommes en réduisant les salaires et nombreux avantages pour le moins discutable de toutes sortes offerts, entre autres, aux recteurs d'université. La très grande latitude de dépense laissée aux personnes dirigeant nos universités devrait être revue. Le gouvernement qui octroie des dizaines de millions à ces établissements devrait pouvoir diriger lui-même les sommes d'argents aux bons endroits, soit aux services directs aux élèves. Sans quoi ce sont les étudiants, les cours ainsi que le corps enseignant qui en souffriront et les cadres de haut niveau continueront de se voter de généreux salaires et avantages tout en appliquant les compressions exigées par le gouvernement péquiste.

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Commentaires (27)
    • Après la lecture des nombreux commentaires, je suis retourné sur les bancs d'école pour lire le fameux «Indicateurs de l'Éducation 2001». Tout au long de ma lecture, je repensais ce que j'avais lu sur cette page: « Étudiants qui doivent faire leur part, recteurs qui s'en mettent plein les poches, %$*/!%? de gouvernement Marois, etc, et je me disais:« au Québec, peut-on collectivement s'intéresser à l'avenir?».
      Je sais que cette question n'est pas claire, pour l'instant. Ce qui me fait rire, c'est qu'on émet des hypothèses sur les effets de la coupe en éducation à savoir que la qualité de l'enseignement va s'amoindrir et que nous devrons encore une fois niveler par le bas, que les étudiants et les enseignants, qui n'auront plus de primes quelconques, seront les pauvres petites victimes de ces coupures et que les recteurs s'en mettront encore dans les poches avec de belles primes de retraite. De plus, les coupures vont désavantager les petites universités au détriment des grandes.
      Collectivement, nous devons nous asseoir ensemble et penser à l'avenir... rouvrir les conventions collectives de toutes les professions (Recteurs, gestionnaires cadres, professeurs, personnels de soutien, associations étudiantes) et établir des normes non en fonction des intérêts financiers, mais bien des intérêts éducatifs. Il est faux de croire qu'une augmentation salariale fera des recteurs ou des professeurs de meilleurs employés. Pourquoi établir une compétition entre nos universités? L'éducation est un bien commun. Elle doit être considéré comme une passion. Le savoir est essentiel pour le développement de notre société. Je suis en accord avec ses coupures, car il faut réorganiser le système d'éducation, les salaires et les conventions collectives du Québec.

    • @jacques194709
      J'ai le plus grand respect pour les illettrés mais il est évident que ce n'est pas ton seul problème. Sans connaître ta situation personnelle, je crois que tu es irrécupérable. Seras-tu capable de lire ce court message ?

    • @sim06
      Les Universités ont couru après en se dépêchant de budgéter tout ce que le parti libéral leur avait fait miroiter dans le document ?Un Plan de financement des Universités équitable et équilibré' (64 pages).
      Le visionnaire Jean Charest les y faisait saliver en projetant des revenus pour les universités de
      148 millions additionnels en 2011-2012,
      270 millions additionnels en 2012-2013,
      386 millions additionnels en 2013-2014,
      572 millions additionnels en 2014-2015,
      850 millions additionnels en 2015-2016.

      Compte tenu de l'état de l'économie et de la situation politique, (l'impopularité des augmentations des droits de scolarités envisagées), un minimum de prudence aurait du amener les administrateurs des universités à s'en tenir au moins au budget de l'année précédente. Alors, aujourd'hui, le mot impossible n'est pas acceptable.
      @Seb.b
      Bravo pour tes commentaires. Combien de québécois ont consulté le document ?Indicateur de l'éducation 2011' (140 pages) ?
      Combien de québécois ont consulté les documents mentionnés ci-haut ? Combien de québécois vont consulter les bilans annuels des Universités ? Pourtant le tout est disponible et Google fait la recherche pour nous. Bonne lecture.

    • Quel incompetent se Ministre Duchesne.il etait incompetent comme journaliste ,il l'est encore pls comme ministre ,il etait hypocrite comme journaliste ,il l' est encore plus comme journaliste , mais il est un morceaux de casetete comme Mme Marois les aiment sa demontre encore une fois une nomination qui nous montre une incompetence totale de se partit ,on c'est tous que la seule facon qu'il ny aura pas de gens dans la rue on leur a tout donner ,

    • @jeffside
      Merci pour votre commentaire. C'est très intéressant!

    • @ Seb.b
      Bonjour. Pour votre question concernant le parc informatiqu, j'étais dans la classe du Dr. Pascot du département des SIO à la FSA de l'université Laval. Ce dernier, avec d'autres informaticiens, ont été consultés pour le remplacement du système de gestion des données des étudiants. Ils ont proposé de monter, en l'espace d'un an, un système de gestion en logiciel libre entièrement géré par l'université Laval et adptable en fonction de l'évolution de leurs besoins, à l'instar de ceux existant en Scandinavie et en Suède. Coût de la mesure projetée: 3 M$. Leur offre, très sérieuse, a été balayée de la main car les autorités universitaires recherchaient plutôt un nouveau logiciel propriétaire. Il ont finalement opté pour Capsule, qui a connu son lot de mauvais fonctionnement lors de son démarrage. Coût de la mesure: 25 M$ plus 8 M$ pour réparer les problèmes de mauvais fonctionnement.
      Or on demande aujourd'hui à cette université de couper 21 millions dans son budget de fonctionnement. Selon vous, est-ce si difficile? Et que se passe-t-il d'autre que nous ne connaissons pas encore... J'attends le Sommet pour le découvrir.
      Jean-François Côté

    • Je trouve le commentaire de seb.b très pertinent.
      Je sens dans la majorité des commentaires plus une haine envers Marois que une réelle tentative de réflexion sur le sujet demandé.
      Moi même je suis très loin d'être PQ ,mais ce sujet mérite d'être débattu ...
      Les publicités des universités pourraient déjà couper une bonne partie du 140 millions. La seule chose je déplore est la vitesse à laquelle les universités devront faire face à ce problème. Un peu plus de temps aurait été la bienvenue selon moi.

    • Je me demande si parmi tous ceux qui sont si sûrs que c'est une terrible erreur de la part du PQ , si parmi eux il y en a qui ont des faits. Ou si vous préférez, une opinons basée sur des faits. En les entendre, c'est impossible pour les universités/CEGEP/Commissions scolaires de s'en sortir sans cet argent ou sans couper dans les services aux étudiants ou dans la qualité de l'enseignement. À les écouter, ces établissements sont des modèle de gestion, en effet, étant donné que ce manque à gagner va forcément se répercuter dans la coupe non pas du gras, mais de l'essentiel. Et bien... je suis désolé de faire éclater votre bulle. Ils ne sont pas des modèles de gestion. Les dépenses inutiles sont à tous les niveaux. Les contrats trop chers (non négociés de gré à gré à cause de l'obligation d'aller en appel d'offre, 20% à 40%). La perte au niveau du rendement à cause de la non utilisation de processus efficaces combinée à la non utilisation efficace de informatiquement. Le dédoublement du travail fait dans chacune de ces institutions au lieu de mettre leurs ressources en commun afin d'éviter les frais inutiles. Le manque de normalisation entre les processus se répétant d'institution à institution. Les guerres de pouvoir et de clocher, chacun voulant protéger sa part du gâteau, cela empêche de travailler pour le bien commun. Pour avoir vécu les économie possible lorsque tout le monde travail dans le même sens ou les pertes et les mauvaises décisions impliquant des coûts inutiles tels que mentionnées plus haut. Je sais pertinemment qu'il y a moyen de s'en sortir sans avoir l'argent supplémentaire. L'organisation gouvernementale pour laquelle j'ai travaillé a réussi à réussi en 5 ans, a faire faire des économies de 12 millions par année de façon récurrente (avant que M. Charest entre au pouvoir). Nous avons réussi parce que tout le monde a travaillé dans le même sens. Ce travail est aussi possible dans les institutions scolaires mais ça prend une réelle volonté.

    • @ seb.b: Votre propos est très pertinent.
      «Les données en dollars courants montrent qu?en 2008-2009 la dépense globale par étudiant des universités au Québec (29 242 $) était nettement plus élevée qu?en Ontario (26 383 $). L?écart
      s?explique surtout par une dépense par étudiant plus élevée au Québec pour le personnel enseignant, l?administration, les activités relatives à l?informatique et aux communications, la recherche et les frais financiers.» Les recteurs ont-ils déjà expliqué le poids de chacun de ces éléments sur leurs dépenses? Si oui j'ai peur que ça m'ait échappé.
      Si quelqu'un a la réponse votre éclairage serait apprécié. Et que dit le Ministère? Sinon La Presse pourrait peut-être mettre un de ses nouveaux journalistes d'enquête sur le dossier?


    • Jamais un gouvernement aura fait autant pour détruire la société québécoise en sabrant dans l'éducation et la recherche. Autrefois c'était l'Église catholique qui entretenait les québécois dans l'ignorance afin d'avoir un meilleur contrôle sur eux et bien maintenant se sont nos nationalistes qui veulent s'assurer que tout ses citoyens égalitaires nivelés par le bas afin des convaincre qu'avec la création d'un nouveau pays ils auront accès au paradis. Quelle farce que la madame nous offre une fois au pouvoir.

    • Non! Ce que je ne comprends pas, c'est que d'un côté, on affirme que les universités manquent de financement pour demeurer compétitives avec les autres universités canadiennes et que, d'un autre côté, le gouvernement du Québec décrète un moratoire sur les droits de scolarité des étudiant, en plus d'exiger des universités une coupe de 140 millions $ de leur budget actuel? On veut quoi, là? Punir les universités pour leurs petites frasques supérieures? Montrer aux étudiants que le gouvernement est de leur bord?...
      Et ce, en même temps que commence un Sommet de l'éducation universitaires. Je n'y comprends plus rien. Ne trouvez-vous pas que cela sent encore l'improvisation à plein nez?
      J'avoue mon incompétence des rouages politiques mais, il me semble qu'il y «bons sens » et «innocence»! Avoir été ministre de l'éducation supérieure, il me semble que, pour créer le meilleur climat de travail possible au Sommet de l'éducation, j'aurais attendu les suites de ce Sommet, avant d'émettre toute consigne, modalité ou décision quelconque, tout en espérant que celle-ci obtienne un concensus de la majorité des intervenants...
      Une suggestion au gouvernement: avant d'imposer quoi que ce soit, consultez donc d'abord et décidez ensuite. N'était-ce pas ce que vous reprochiez continuellement aux Libéraux?

    • Les recteurs d'universités ont raison d'être furieux. D'abord des coupures majeures à la mi-année, ça ne se fait pas parce que c'est impossible techniquement à réaliser. De plus ce même gouvernement a littéralement gaspillé des dizaines de millions en ne retirant pas aux étudiants les sommes consenties par les libéraux en contrepartie de la hausse des droits de scolarité.
      Les universités ont fait quelques erreurs mais ce n'est pas une raison pour les asphyxier. Concernant les salaires des recteurs on peut toujours vouloir faire plaisir à certains leaders étudiants et à certains membres de l'électorat mais il faut réaliser que si vous offrez 200 000$ au recteur de McGill, il va rapidement être recruté par Toronto, Vancouver ou Chicago, etc... Il faut tenir compte du marché. Comme au hockey.
      Dans cinq ans ou dix ans, on se rendra sans doute compte que nos universités ont dépéri; le gouvernement se posera alors en sauveur/pompier comme ça s'est fait pour nos infrastructures. Mais le mal sera fait .
      A noter aussi que le gouvernement fait subir le même traitement aux autres réseaux du secteur de l'éducation avec les mêmes dommages potentiels.
      Ah oui j'oubliais:" Tout ceci sans impacts sur la clientèle"...
      Guy Gagné


    • Ce dossier est depuis le début géré par des politiciens et non des hommes et femmes d'état.
      M. Charest a mis le bordel dans les rues du Québec en exigeant trop des étudiants et en ne voulant faire aucune concession pour plaire à une partie de l'électorat.
      Mde Marois va mettre le bordel dans le futur du Québec en exigeant trop des universités pour plaire à une autre partie de l'électorat.
      Une femme d'état aura imposé une augmentation des frais de cours égale à l'inflation 2% ou 3% d'augmentation, n'aurait pas imposée une réduction des dépenses rétroactive, aurait encadré le droit de grève, aurait fait son sommet sur l'éducation et ensuite aurait agi.
      Daniel Legault

    • Ce qui ne va pas avec ce parti, c'est qu'il a en horreur l'EXCELLENCE: on nivelle par le bas, puis fidèle à sa croyance en la tondeuse, on décrète. Dans ce cas, les impératifs des maisons de cotation les empêchent d'aller plus loin dans la béatification des "cogneux" de casserole au détriment de la qualité de l'éducation. Dorénavant, cette clientèle a été doté du qualificatif de "tous" les québécois, puisqu'ils ont raflé le gros lot des besoins sociaux du Québec.

    • Selon moi,les compressions demandées ouvrent la portes à des dons étrangers comme le Quatar qui prônent l'islam et la charia et exposent les futures générations à étudier dans un climat de méfiances.

    • Addendum
      Ah, oui, j'oubliais, il y a aussi le modèle de la Ligue nationale de hockey où les propriétaires (les recteurs) maintiennent des équipes dans des marchés non rentables et où les joueurs (les professeurs) exigent des salaires sans limites et augmentent les prix des billets (les droits de scolarité), tout en faisant financer leurs amphitéâtres pas les gouvernements (les payeurs de taxes). À nous de choisir...

    • Avant de porter un jugement partisan, il faudrait regarder les faits. Certains avancent que les salaires des recteurs et démesurément hauts. Le gouvernement est sûrement au fait de cette information. Si comme les administrateurs de beaucoup d'hôpitaux, les administrations des universités se payent des conditions de travail de millionnaires, bien il serait temps pour un bon examen de conscience de solidarité collective. Les médias nous crient à chaque jour qu'il y a crise partout dans le monde et que l'on doit couper partout, bien cela vaut aussi pour les recteurs.
      Les retraites dorées de certains administrateurs portées depuis un certain temps à l'attention du public nous portent à penser qu'il y a des "extras" là aussi.
      Le Sommet que le gouvernement a mis en place pour 2013 doit absolument avoir lieu, mais s'il y a des exagérations à regarder, il vaut mieux le faire maintenant pour ne pas embourber le Sommet davantage.

    • Vrai... Pas vrai... Peut-être... Il me semble dans ce débat que tout un chacun rejette bien cavallièrement le rapport du ministère de l'éducation, pourtant préparé sous l'ancien régime libéral, plutôt que de tenter d'y voir plus clair. En tout cas, l'analyse de seb.b plus bas me met l'eau à la bouche...
      Cela étant dit, puis-je rappeler à tous ce qu'on fait dans le privé quand l'argent ne rentre plus dans les coffres? Eh bien, oui, on coupe et on ferme des usines, ... bref, on rationnalise les opérations. Prenez le secteur du papîer comme exemple, si besoin est. Ne nous trompons pas, personne dans ce secteur cherche actuellement à augmenter les prix pour survivre...
      Mais les recteurs, non pas d'une mais de toutes nos universités, contre toute attente logique, ont décidé eux d'ajouter de nouvelles usines à diplômes. Vous savez ce que ça coûte un milliard $ d'investissement dans le béton? À 5 % d'intérêts par année et l'amortissement sur 20 ans de l'investissement, ça coûte 100 millions $ par année...
      Je regrette, Messieurs, les contribuables de la province demandent depuis assez longtemps qu'on arrête les dépenses; c'est le temps qu'on passe à l'acte... Que les recteurs rationnalisent... vendent leurs foutus usines à diplômes s'il le faut... Et encore je me garde de suggérer des stratégies comme la fusion...
      Normand Alexandre

    • Non, ce n'est pas justifié! Monsieur Duchesne veut oublier que les étudiants doivent faire leur part comme tout le monde afin de répondre à l'invitation du ministre Marceau quand il dit: TOUT LE MONDE DOIT FAIRE SA PART! Monsieur Duchesne mentionne souvent publiquement..."dans la rue, c'est tranquille, il n'y a plus de chaos"...on sait bien pourquoi, il leur accorde tout ce que certains étudiants demandent, ce sont les plus bruyants, les plus revendicateurs, ceux qui ont semé le désordre au printemps. Le PQ semble avoir peur de leur demander de FAIRE LEUR PART COMME TOUT LE MONDE! Le PQ est minoritaire, c'est vrai. Cela ne doit pas l'empêcher de se tenir debout et d'agir en conséquence pour que la classe étudiante soit mise au pas comme TOUT LE MONDE! La société actuelle a besoin du soutien et des sous des étudiants dans la recherche du mieux-être québécois.
      lgagnon

    • La chasse aux recteurs est effectivement ouverte
      Navrant de voir l'énergie et l'enthousiasme de l'éclosion citoyenne du printemps se transformer en une chasse aux recteurs et à la négation de la nécessité de qualité de l'enseignement universitaire. Le sommet de l'éducation s'annonce comme une corvée de vidange collective. Il faudra de l'abnégation, voire du masochisme pour aller se frotter à des étudiants sous-gradués baveux et imbus d'eux-mêmes et un ministre journaliste démagogue qui ne s'enfarge pas avec les faits. Quel recteur voudra se faire humilier ainsi dans un exercice de flagellation de l'élite universitaire par un groupuscule heureux de patauger dans sa soue de médiocrité, tant qu'il ne paie pas un sou de plus?
      Il me semble que le PQ mérite un rappel à l'ordre en règle sur cet enjeu. Le nationalsiste en moi souffre le martyr face à cette course à la médiocrité de nos universités. Je n'ai pas le goût d'un pays ou la seule université de classe mondiale, McGill est de langue anglaise. Un sursaut d'orgueil collectif s'impose.

    • Il n'y a pas de pilote dans l'avion.

    • Il faudrait qu'on nous explique quelque chose. Le document du ministère de l'éducation "Indicateur de l'Éducation 2011" faisant état de l'absence d'un sous-financement par rapport aux universités du ROC a été attaqué par les recteurs. Leur argument est que le budget de recherche est mélangé au budget de fonctionnement des établissements. Ainsi, les universités auraient plus d'argent pour la recherche mais seraient sous-financées pour ce qui est de la formation des étudiants. Je suis parfaitement d'accord avec le fait qu'on ne peut pas toucher aux budgets de recherche même s'il est un peu ironique d'entendre d'un côté que les universités sont médiocres et de l'autre, de voir qu'elles reçoivent davantage d'argent pour la recherche, qui est le principal indicateur d'excellence.
      Mon point est plutôt qu'à la page 42 du document, on peut lire ceci: "Les données en dollars courants montrent qu'en 2008-2009 la dépense globale par étudiant des universités au Québec (29 242 $) était nettement plus élevée qu'en Ontario (26 383 $). L'écart
      s'explique surtout par une dépense par étudiant plus élevée au Québec pour le personnel enseignant, l'administration, les activités relatives à l'informatique et aux communications, la recherche et les frais financiers. À l'inverse, on observe une dépense globale par
      étudiant moins élevée au Québec qu'en Ontario pour les services aux étudiants (dont les bourses d'études3), les relations extérieures et les bibliothèques."
      Ainsi, l'étude nous dit que oui, la recherche est plus importante au Québec mais que ce n'est qu'une des causes de l'écart parmi plusieurs autres. On y ajoute les frais d'administration et les contrats informatiques, deux thèmes dont les recteurs ne veulent probablement pas discuter.
      Enfin, on ne parle même pas des dépenses faramineuses pour la construction de campus satellites dans chaque ville du Québec. Un campus de l'Université Laval au centre-ville de Montréal est vraiment nécessaire?

    • D'accord avec la majorité des commentaires et avec la chronique de M. Boisvert! Le PQ ne commence à récolter que ce qu'il a semé au printemps dernier. Le seul endroit où selon moi on pourrait économiser dans les universités c'est en supprimant les années sabatiques des professeurs. Ils faut les remplacer pour dispenser les cours aux étudiants et je me suis toujours demandé quels étaient les grandes retombées positives de cette tradition. La promesse du sommet était une autre arnaque, qui se fera à nos frais d'ailleurs. Tout comme la mise sur pied d'un comité annoncé par Mme Marois pour trouver des idées aux nominations à des fonctions comme celle de M. Boisclair. C'est le "boutte"! Un comité aux frais des contribuables pour aider le gouvernement Marois à réparer ses improvisations successives! Et dire qu'ils se prétendaient prêts à gouverner, sous le signe de la transparence.... On repassera

    • Je crois qu'il y a un positionnement politique plus qu'autre chose dans ces coupures demandées qui ne sont pas réalistes ni même crédibles.
      Depuis son élection Madame Marois s'inquiète et s'agite à propos des étudiants. Donner l'augmentation des bourses en même temps qu'annuler la hausse des frais montrait déjà l'importance de l'enjeu pour ce gouvernement qui ne se gardait rien pour négocier et se donnait éperdument aux carrés rouges.
      La proposition du droit de grève était une main autre tendue et désespérée vers les mêmes groupes de personnes à qui elle doit son élection et qui pourraient la défaire à la prochaine.
      Là cette coupure ça sent la déclaration d'amour aux carrés rouges plus que le bon sens. Si les carrés rouges ne l'appuient pas aux prochaines élections, ce sera la mort politique de Madame Marois, c'est donc pour elle sa priorité.
      Maintenant, voir notre gouvernement ramper devant quelques agités est assez humiliant pour la plupart d'entre nous. Paradoxalement ça ne semble pas humilier les indépendantistes purs et durs qui défendent leurs naufrageurs jusque dans l'abjecte.
      La position de Jean Charest était la bonne, Les positions du parti québécois dans l'opposition n'étaient pas fondées sur une analyse sérieuse des différentes réalités et problèmes auquels le gouvernement faisait face, c'était juste un "Ôtes-toi de là que je m'y mette."
      Denis Mercier

    • Je crois que les commentaires sont unanimes, ça ne tient pas la route. Tous les observateurs du milieu ainsi que les recteurs le disent, ce ne sera pas possible.
      On retrouve ici beaucoup de dogmatisme de la part du gouvernement du PQ, de l'entêtement qui se transformera bientôt en recul stratégique, devant l'évidence et la montée au front des vraies forces vives du Québec.
      Et les étudiants devront en faire beaucoup plus, ce que la majorité d'entre eux sont prêts à faire, n'en déplaise aux associations d'étudiants et à tous ceux qui les ont supportées.
      La trève de Noël sera bienvenue, souhaitons que cette période puisse apporter un éclairage nouveau à tous les acteurs du domaine. Mais que M. Duchesne n'espère pas trop de miracles, l'argent ne pousse pas sous les sapins...
      Réal Lavoie

    • Quelle bonne farce!!! Ils annoncent l'abolition de la hausse des frais de scolarité et ils coupent les finances dans les budgets aux universités... Qui va payer la facture finalement? Les étudiants puisque les services seront de moindre qualité.... de futurs diplômés de république de bananes!!! Un cadeau empoisonné comme seule Pauline Marois sait le faire...L'image qui me vient en tête: je te donne l'usage de la maison mais j'ai coupé tous les services et congédié tout le personnel.... Le monde de l'éducation, elle n'en a que faire, sa réforme l'a prouvé et elle continue avec les cegeps et les universités... C'est pitoyable!!!
      F. Vézina

    • Je ne puis que partager l'opinion du professeur Simard. C'est une honte, cette façon de faire du PQ. Du petit électoralisme! Quel mépris de fait pour l'enseignement et la recherche universitaire! En ce sens, le PQ se comporte comme l'Union nationale de Duplessis. Une honte!
      Michel Lebel
      Ancien professeur d'université

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