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L'étalement urbain inévitable?

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Plus de la moitié des habitants de la région de Montréal vivent à l'extérieur de l'île.

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La Presse

Plus de 50% des habitants de la région de Montréal vivent maintenant en dehors de l'île. L'étalement urbain est-il devenu inévitable dans la région métropolitaine? La Ville de Montréal est-elle en mesure de freiner l'exode? LES COMMENTAIRES DOIVENT ÊTRE SIGNÉS.

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Mélanie Dugré

PHOTO FOURNIE PAR MÉLANIE DUGRÉ

Mélanie Dugré

Avocate.

TROP PEU, TROP TARD

Si Montréal investit présentement des efforts afin de contrer l'exode de sa population vers les banlieues, force est de constater qu'ils tardent à porter leurs fruits. Non seulement l'accès à la propriété est plus difficile que jamais compte tenu du prix des immeubles mais l'avantage de la proximité et de la facilité des déplacements est de moins en moins réel. Bien que certaines améliorations aient été apportées à l'efficacité du transport en commun, le métro reste sale et bondé en permanence et il n'est pas rare de devoir laisser passer plusieurs rames avant de pouvoir y monter ou de voir des autobus ne pas s'arrêter aux arrêts faute d'espace disponible pour les usagers. Quant au charme pittoresque de la métropole et son énergie effervescente, encore faut-il pouvoir survivre au véritable chantier à ciel ouvert qu'est devenue la ville et au festival de rues fermées pour être capable d'en profiter. La décision de s'établir sur l'île ou en banlieue est un choix infiniment personnel qui s'exerce en fonction des ressources et des besoins de chacun. Je persiste toutefois à croire que vivre sur l'île de Montréal et y être propriétaire exigent d'être riche, tolérant et patient.

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Michel Kelly-Gagnon

Archives

Michel Kelly-Gagnon

PDG de l'Institut économique de Montréal.

DES TAXES AU MINIMUM

La seule véritable façon pour Montréal de retenir et d'attirer des citoyens est de réduire les taxes au minimum et de leur éviter le plus possible de tracasseries (dont le harcèlement systématique des automobilistes), afin que les familles de classe moyenne aient les moyens et la volonté de vivre sur l'île. L'adoption de mesures coercitives pour freiner le développement des banlieues risque simplement de pousser les familles à s'établir encore plus loin dans la périphérie urbaine. Ce n'est pas un hasard si les banlieues sont si populaires : il existe une importante corrélation entre le développement de la banlieue (appelé péjorativement «étalement urbain»), l'utilisation de l'automobile et la forte croissance économique qui est survenue dans les pays développés depuis la Seconde Guerre mondiale. Des millions de ménages ont pu cesser d'être locataires et commencer à contribuer à leur avoir net grâce aux maisons moins coûteuses bâties sur des terrains plus abordables situés en banlieue. En pouvant se déplacer n'importe où dans la région métropolitaine à l'intérieur d'un délai relativement court, les gens ont pu profiter d'un éventail beaucoup plus large d'occasions d'emploi et de magasinage qu'en se déplaçant en transport en commun. Bref, le développement de la banlieue est un phénomène inévitable et, dans une certaine mesure, il contribue en fait à la prospérité globale de la région métropolitaine.

Louis Bernard

Consultant et ancien haut fonctionnaire au gouvernement du Québec.

UNE RESPONSABILITÉ MÉTROPOLITAINE

Exode en dehors de l'île de Montréal et étalement urbain ne sont pas synonymes. Par exemple, il y a moins d'étalement urbain à vivre à Longueuil qu'à Baie d'Urfé. Ce qui mêle les choses, c'est que Montréal est une île, ce qui n'est pas le cas de Toronto et de la plupart des autres villes. Il faut donc éviter de confondre les rapports entre le centre-ville et sa périphérie (étalement urbain), et ceux entre l'île et ses alentours (exode hors de l'île). Il faut également faire abstraction des limites municipales qui ont peu à faire avec la répartition géospatiale de la population: un habitant de Westmount, qui est une municipalité défusionnée, est plus près du centre-ville qu'un citoyen de l'île Bizard, qui fait partie de Montréal. Cela étant dit, on doit se préoccuper de limiter autant que possible l'étalement urbain, qu'il se produise dans l'île aussi bien que hors de celle-ci. C'est le but d'ailleurs du plan d'aménagement et de développement qui vint d'être adopté par la Communauté métropolitaine de Montréal et qui a reçu l'aval du gouvernement du Québec. L'adoption de ce plan est une avancée majeure qui n'aurait pas été possible sans la création, il y a une dizaine d'années, de la CMM qui est la seule structure politique ayant compétence sur l'ensemble de la région métropolitaine. Et c'est pourquoi il est si important que ce plan soit mis en oeuvre avec vigueur et persistance. C'est une responsabilité qui incombe non pas surtout à la Vile de Montréal, comme on a tendance à le croire, mais d'abord à la CMM, au gouvernement du Québec et à l'ensemble des municipalités de la région métropolitaine.

Adrien Pouliot

Président de Draco Capital Inc., société d'investissement privée.

RIEN D'UNE TRAGÉDIE

L'étalement urbain est accusé d'être la cause de tous les maux, du saccage des terres agricoles au dépérissement des villes centrales. L'expansion de la banlieue n'a cependant rien d'une tragédie. La perte de terres agricoles n'a pas de quoi inquiéter puisqu'on produit aujourd'hui beaucoup plus sur un même lopin de terre qu'il y a quelques décennies à peine. L'expansion des banlieues n'est pas non plus un jeu à somme nulle qui se fait au détriment des quartiers centraux, comme on peut le voir avec la construction de nouveaux quartiers à Montréal (Griffintown, par exemple).  Quant à l'impact de l'automobile (de moins en moins polluante grâce à la technologie), plusieurs entreprises se sont relocalisées près du domicile banlieusard de leurs employés. De toute façon, le transport en commun, et plus particulièrement les trains de banlieue, n'a pas la flexibilité requise pour répondre au développement multipolaire des villes modernes. La revitalisation de Montréal passe bien plus par une diminution du fardeau fiscal et réglementaire des Montréalais et par le relâchement des contraintes au développement résidentiel sur l'île que par un train de mesures coûteuses visant à y garder captif les Montréalais. L'étalement urbain étant causé par l'augmentation de la population et de la richesse, laquelle de ces causes veut-on bannir pour prévenir le présumé fléau de l'étalement urbain?

Jana Havrankova

Endocrinologue.

SE FAIRE DÉSIRABLE

Parfois, je me demande si Montréal souhaite vraiment retenir ses résidants. Les taxes y sont élevées, plusieurs coins de Montréal sont repoussants de saleté, la circulation automobile y est difficile la plupart du temps et les transports en commun sont bondés et inconfortables. Montréal ne semble pas vouloir non plus attirer les banlieusards pour qu'ils fréquentent davantage ses restaurants et ses institutions culturelles. Les parcomètres, qui ont poussé partout, limitent souvent le stationnement à deux heures. Gare à vous si vous dépassez de quelques minutes! Utiliser le transport en commun? Un autre problème surgit : la rareté des correspondances en dehors des heures de pointe. La prolifération des centres d'achats avec les stationnements abondants et gratuits, ainsi qu'une offre de plus en plus intéressante pour les événements culturels en dehors de l'Île, n'aident pas la cause de Montréal. Nettoyer la ville, offrir le congé de parcomètres les fins de semaine (cela se voit dans certaines villes en Europe), verdir les terrains vagues et montrer que la ville est administrée pour le bien commun améliorerait l'attrait de Montréal pour ses résidants ainsi que pour les visiteurs.

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Denis Boucher.

PHOTO FOURNIE PAR DENIS BOUCHER

Denis Boucher

Associé au sein d'un cabinet de relations publiques.

RÉVISER LE PLAN D'URBANISME

L'étalement urbain a pu prendre forme quand la mode du béton et des autoroutes faisait fureur dans les années 60. Grâce à ces liens routiers, Laval, Longueuil et les autres villes ceinturant Montréal devenaient des choix logiques et faciles d'accès. Malheureusement, il n'a pas fallu longtemps avant que les désastres de conception que sont les autoroutes Décarie, Métropolitaine, Ville-Marie et la 20 deviennent des stationnements à ciel ouvert presque en permanence. Pourtant les gens ne quittent pas la banlieue pour revenir vers la ville. Il serait difficile de les blâmer! Il n'y a vraiment rien qui donne le goût de revenir à Montréal. Les infrastructures en ruine, les taxes trop élevées, les rues mal déneigées, les labyrinthes du Plateau Mont-Royal, la malpropreté généralisée sont autant de boutons sur un visage qui est pourtant si joli. Mais il faut vraiment avoir une bonne mémoire pour se rappeler du visage tant il y a de boutons! Par le biais d'un plan d'urbanisme révisé et bien pensé, il faut que l'on revitalise tous ces quartiers maintenant laissés à l'abandon et arrêter de penser que créer de la richesse est un péché capital. Montréal doit attirer les investisseurs sans pour autant accepter n'importe quel projet. Pensez à ces gens qui nous ont précédés et qui nous ont laissés les belles maisons de la rue Sherbrooke ou des édifices comme ceux que l'on retrouve dans le Vieux-Montréal. Arrêtons de bâtir pour les 20 prochaines années. Rebâtissons Montréal pour les générations futures et notre présent.

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Commentaires (20)
    • @paix-verte

      Bonjour M. Montminy

      Je voudrais juste nuancer vos affirmations.

      Les infrastructures routières servent l'ensemble de la collectivité et tout le monde en profite de différentes façons. Ainsi, elle permettent, entre autre, d'acheminer les denrées, matériaux, fournitures, etc. vers les villes centre et...en sortir les déchets. Elles servent aussi aux citoyens des villes qui "visitent" la campagne, généralement les fins de semaines. Le nombre de mètres carrés de voie, en proportion du nombre de citoyens en milieu urbain est bien inférieur qu'en région (une sorte d'économie d'échelle). Ça fait partie de l'effort collectif permettant l'occupation du territoire (Abitibi, basse côte nord, Gaspésie, etc.). Les voies périphériques quant à elles, servent principalement à soulager les villes centres du flot de circulation de transit (camions principalement). Les usagers de la route en défraient non seulement les coûts d'entretient mais contribuent, via les taxes, à supporter le transport en commun. les villes nord-américaines, incluant Montréal, fonctionnent toutes selon le même principe. Là dessus, on a rien inventé.

      Quant aux taxes imposées aux montréalais (je devine qu'il s'agit des taxes municipales), elles sont fonction de la gestion des services (aqueduc, égoûts, etc.) par les instances en place élues par la population. Vous devriez exprimer vos doléances (bien légitimes) à votre hotel de ville.

      Salutations

      Jacques Bisson, Laval

    • L'étalement urbain, celui qu'on veut nous faire avaler, n'existe pas ! C'est purement une invention de ceux qui veulent culpabiliser les gens qui quittent les grands centres comme Montréal pour pouvoir mieux vivre en banlieue. Ou encore un épouvantail environnementaliste destiné à apeurer ceux qui cherchent a améliorer leur sort en abandonnant Montréal pour aller vivre......plus loin. Plus loin que quoi ? Plus loin que ce qu'ils ont décidé ?

      Qu'est-ce que la banlieue ? Qu'est-ce que l'étalement ? Est-ce que tout le Québec devrait vivre à Montréal ? Empilés tous les sur les autres pour satisfaire les apôtres du non étalement urbain. Brossard, Longueuil, Greenfield Park sont plus près du centre ville de Montréal que Pointe-aux-Trembles, Pointe-Claire, etc. Étalement, de qui parle-t-on ?

      En 1981, j'ai quitté Montréal, quartier Villeray, pour la banlieue, Saint-Hubert. Ainsi, je me suis rapproché de mon travail à Montréal sur la rue Saint-Paul. J'ai quitté pour des raisons simples, très terre a terre.

      Maison neuve, abordable, plein pied, détachée, sur un terrain d'une grandeur raisonnable a un prix raisonnable. J'y ai trouvé paix, tranquillité, espace, verdure, air beaucoup moins polluée, plus sécuritaires pour les enfants. Des choses que Montréal ne voulait pas me permettre. Alors.......bye!

      Michel Lavoie, Saint-Hubert.

    • Dans ma recherche en cours sur La famille en banlieue, auprès des familles d'une municipalité de la Rive-sud, nous constatons que l'établissement des familles n'est pas seulement liée à l'étalement urbain mais davantage à des préférences résidentielles en réaction au mode de vie de la grande ville. L'étalement urbain favorise la venue des familles en banlieue, elle y met la table en quelque sorte, mais la décision d'y venir et d'y rester est davantage déterminée par leurs besoins et leurs valeurs.
      C'est avant tout la recherche d'une qualité de vie, du désir de vivre dans une petite ville, axée sur la vie familiale, dans un environnement sécuritaire et tranquille, pourvu de moyens de transport accessibles et à proximité du lieu de travail que s'explique le choix d'habiter la banlieue. La possession d'une maison, les sentiments et le projet qui l'entoure dépassent parfois les conditions matérielles telles que le prix, la présence de services et le temps alloué au transport.
      Les personnes interrogées disent avoir peu ou pas d'intérêt à vivre dans une grande ville comme Montréal. La grande ville représente à leurs yeux densité, criminalité, insécurité, bruit, pollution, etc. et ils ne voudraient point y élever des enfants et des adolescents. Il faut noter que la banlieue accueille non seulement les familles en provenance de la grande ville mais aussi celles venant des régions.
      En conclusion, l'étalement urbain n'est pas inévitable, il est contrôlable. D'ailleurs le Plan métropolitain et d'aménagement de Montréal (PMAD) adopté par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a cette prérogative. Toutefois, l'intervention du gouvernement du Québec et de la Ville de Montréal aura peu d'effet sur l'émigration ville-banlieue si une intervention musclée en habitation n'est pas mis en ?uvre. Un plan d'action correspondant aux besoins des jeunes familles au moyen d'une offre de logements et de maisons à prix abordable, localisés dans un environnement proche de la nature, avec équipements et services adaptés, dans des quartiers résidentiels modernes construits ou requalifiés assurant une qualité de vie propice à la vie familiale et à celle des enfants. Sans une telle intervention, il est fort à parier que la progression de la banlieue, même avec un contrôle de l'étalement urbain, perdura.
      Carmelle Benoit, doctorante en sociologie, carbenoit@videotron.ca

    • Un des problèmes de la situation actuelle est que les gens qui s'installent en banlieue éloignée ne paient pas un prix équitable pour les services qu'ils utilisent et les dommages qu'ils causent à l'environnement. Il est inacceptable que les taxes imposées aux citoyens montréalais soient supérieures à celles d'individus dont il a fallu supprimer des espaces verts pour construire la maison et qui, par conséquent, "consomment" à outrance nos infrastructures routières.

      Il est inacceptable que ces utilisateurs d'autoroutes ne paient pas davantage pour ces couteux services et pour les dommages qu'ils entraînent à la santé des citoyens par les émanations polluantes de leurs voitures.

      Malheureusement, nos politiciens n'ont pas le courage de gérer ce problème et ont peur de perdre le vote de ces nombreux banlieusards qui étouffent lde plus en plus a ville avec leur automobiles.

      Pierre Montminy

    • TRANSPORT-ZÉRO

      Et si on créait des emplois dans les couronnes nord et sud ? En fait, il y a aussi

      les étudiants, les patients nécessitant des traitements spécialisés, etc.... Après

      tout, côté ressources humaines, je pense que les banlieues (qui représentent 50% de

      la région montréalaise) ont ce qu'il faut. Et puis, si les gens préfèrent la banlieu

      pour y fonder une famille, ne serai-t-il pas normal que leurs enfants puissent y

      compléter leur éducation incluant le niveau universitaire ?

      En regard des coûts des transports et des pertes de temps qu'on ne comptabilise pas,

      est-ce qu'on ne devrait pas considérer la possibilité de réduire À LA SOURCE la

      pression sur les transports ? Une sorte de règle des 3 R (Réduire, Réutiliser,

      Recycler) appliquée aux services. Il faudra bien y arriver un de ces jours (?).

      Je pense qu'avec un peu de recul, il devrait y avoir une solution win-win banlieues-

      ville-centre pour peu qu'on mette de coté, le temps d'une réflexion, l'esprit de

      clocher (dans un sens ou dans l'autre). Bien sûr, ça ne règlerait pas le problème

      d'exode de la ville centre (la partie entourée d'eau) mais la diminution du trafic

      automobile en zone urbaine et une réduction de la pression sur les transports en

      commun constituerais une amélioration des conditions de vie de ses résidents.

      Avant d'investir massivement dans les transports en commun ou les infrastructures,

      est-ce qu'on ne pourrait pas réévaluer nos besoin à la lumière d'une certaine

      réorganisation ?

      Pour trouver les bonnes solutions, il faut considérer l'évantail le plus large

      possible des possibilités, quitte à rejeter celle qu'on déclarera inapplicables. On

      aura au moins amorçé une réflexion.

      Salutations

      Jacques Bisson, Laval+

    • Bravo pour tous ces billets rédigés sur la base d'une saine réflexion. Tous pertinents et empreints de clairvoyance et d'objectivité. Un point de départ donc pour toutes les actions positives visant à faire de la région de Montréal (pas juste la partie entoutée d'eau...) un milieu de vie harmonieux. Pour trouver les bonnes solutions, il faut dabord définir le problème et les billets présentés sont un exclellent point de départ.

      Ça nous change des chroniques ou l'introduction ressemble plus au réchauffement en vue d'un combat de coq...et on sent, à la lecture des commentaires (sauf rares exceptions) que le ton est plus serein, respectueux et objectif. Aimer sa ville et choisir d'y demeurer, en décrire les avantages, faire état de son doute quant au choix d'autres personnes ne partageant pas sa vision, c'est légitime, dans la mesure ou on accepte que l'opinion des autres n'aille pas dans le même sens.

      Encore bravo donc, ça nous change des échanges qui se terminent pas "nous-dominerons-le-monde"

      SAlutations

      Jacques Bisson, Laval

    • Haro sur la banlieue! Non seulement l'étalement urbain est évitable, il est impératif de le contrer par des investissements aux bons endroits. Les sommes consacrées au transport en commun vers les banlieues sont disproportionnées par rapport celles investies à développer la ville.
      Attention, les banlieues sont d'un attrait trompeur. Gare aux économies de bouts de chandelles. Les ménages auraient intérêt à bien faire les calculs financiers avant de s'exiler. Pour avoir vécu en banlieue avant auparavant, je peu témoigner qu'il est beaucoup plus facile d'élever une famille sur l'île près des lieus de loisirs bien organisés et de la disponibilité des écoles à tous les niveaux. Tous comptes faits, mieux vaut investir plus pour une maison ou autre que gaspiller son argent pour les transports supplémentaires inévitables.
      Fernand Lavigne

    • Merci Olivier Roy-Bailargeon.
      Pendant un instant, je me demandais si j'étais le seul au monde à aimer vivre à Montréal. J'ai grandit en banlieue et je retournerait jamais dans ce mode de vie. J'habite dans "les labyrinthes du Plateau Mont-Royal" et j'adore. Pas de voiture, c'est la vrai liberté.

      Benoit Delage

    • Toutes les personnes que je connais, qui se sont installées en banlieue, l'ont fait avant tout parce qu'elles voulaient devenir propriétaires et trouvaient le coût des maisons trop élevé à Montréal.

      Même si on dira que c'est quand même moins cher qu'à Vancouver ou Toronto, les prix demandés sont souvent exagérés. Près de chez moi par exemple (secteur Ahuntsic près de la station de métro Sauvé), une maison à 2 logements (un au rez-de-chaussée et l'autre à l'étage au-dessus) avec soubassement et une petite aire de stationnement a été récemment vendue 450 000 $. Quand cette même maison avait été construite vers 1958, le premier propriétaire avait payé environ 14 000 $ pour en faire l'acquisition !

      Ce qui est désolant, par contre, au sujet des villes de banlieue est que celles-ci se sont pour la plupart développées là où se trouvaient avant certaines des meilleures terres agricoles du Québec. Du gaspillage quand on songe que 3 % seulement du territoire québécois est propice à l'agriculture !

      B. Gervais

    • La notion d'étalement urbain est très vague. La rive-sud de Montréal n'a qu'une seule station de métro et aucun nouveau moyen de connecter avec le centre-ville, alros qu'elle est la banlieue géographiquement la plus près.



      Afin d'éviter l'étalement urbain, il faudrait donc favoriser la rive-sud, au détriment des extrémités est et ouest de l'île qui sont géographiquement beaucoup plus loin. Donc, il faut ajouter des ponts (gratuits) sur la rive-sud et surtout ajouter des stations de métro en très grande quantité.



      Oui la densité de population y est plus faible alors le business case des stations de métros est douteux, mais cette densité est la conséquence du manque de métro, elle ne doit pas en devenir la cause!



      Favoriser la rive-sud correspond à limiter l'étalement urbain, qu'on se le dise! Étienne Daoust

    • J'apprécie beaucoup les nuances apportées par Louis Bernard. La distinction île de Montréal ? banlieue est fallacieuse. Si l'on trace un cercle de 13 km. autour de la place Ville-Marie, le secteur ainsi défini englobe l'essentiel de la ville de Montréal, la quasi-totalité de la portion urbanisée de la rive-sud, mais pas le West-Island. Du reste, ce dernier se trouve coupé du centre de l'île par l'aéroport et d'importantes infrastructures ferroviaires qui n'ont rien à envier au fleuve Saint-Laurent en terme de barrière urbaine.

      La question renvoie donc plutôt au mode d'occupation du territoire et aux pratiques de transport qui y sont associées. Il est naïf de prétendre que le choix de la banlieue relève uniquement, voire principalement, de l'accumulation de choix individuels. Une telle interprétation fait fi des choix en matière d'investissement public en équipements et en infrastructure pour la construction et l'entretien à perpétuité des routes, écoles, hôpitaux, bibliothèques, et etc.). Dans l'état actuel des choses, ces derniers ne sont pas internalisés dans le coût d'achat d'une propriété de banlieue. Cette interprétation fait également l'impasse sur les forces économiques qui tirent profit de telles subventions. C'est très payant pour des développeurs privés de développer des terres acquises à vil prix, lorsque tous les coûts d'infrastructures nécessaires à leur mise en valeur sont assumés collectivement. Mais est-ce là la meilleure utilisation de nos ressources collectives ? Ne vaudrait-il pas mieux entretenir et faire meilleur usage de l'existant plutôt que de reconstruire sans cesse à neuf ? On ferme des écoles à Montréal et dans les vielles banlieues pour en construire de nouvelles en périphérie ! On manque d'argent pour entretenir les infrastructures à Montréal, alors qu'on dépense sans compter pour en créer de nouvelles en banlieue... Le manque d'entretien des infrastructures montréalaises est d'ailleurs pointé du doigt pour expliquer l'exode vers les banlieues. Quelle ironie, alors que leur mise à niveau permettrait d'accélérer le développement des grands secteurs en friches situés à même le centre de l'île !

      Il est également faux de prétendre que l'amélioration technologique des véhicules automobiles réduit les émissions polluantes et celles de gaz à effet de serre. Les gains enregistrés à ce chapitre sont largement outrepassés par l'augmentation importante du nombre de kilomètres parcourus.

      Le nerf de la guerre est donc le gaspillage éhonté de ressources associé à la construction d'habitation de faible densité sur des terres agricoles et dans les milieux naturels. La décision de concentrer notre investissement collectif dans l'aire déjà urbanisée et en particulier au c?ur de l'île permettrait aisément d'y produire de l'habitation abordable et attrayante, notamment pour les jeunes familles. C'est d'ailleurs ce que la crise des changements climatiques et l'utilisation raisonnée de nos ressources collectives nous invite à faire : mais cela requiert un leadership politique qui fait présentement cruellement défaut à Montréal et au Québec.

      Pierre Gauthier

    • Je suis bien d'accord avec la plupart des intervenants sur le fait que le développement des banlieues est un phénomène normal de la croissance économique et démographique. Il est même souhaitable. Quel serait le prix de vivre au centre-ville s'il n'y avait pas de banlieues? Encore plus cher que maintenant sans aucun doute! Cependant il est vrai qu'il serait souhaitable que les jeunes familles restent davantage en ville. C'est le système financier actuel, avec ses bas taux d'intérêt, qui encourage le développement accéléré des banlieues en permettant aux jeunes couples de s'acheter une maison bien avant que celle-ci soit vraiment nécessaire. En augmentant la part de capital requise pour l'achat d'une maison, on encouragerait l'épargne et l'on retarderait de quelques années le départ vers la banlieue pour l'achat d'une maison à prix abordable. On réduirait ainsi l'endettement des ménages; ce qui serait beaucoup plus sain pour notre économie...

      Yves Capuano

    • Je reste surpris des commentaires exprimés sur les grands avantages de Montréal: les BIXI, les resto, faire son marché à pieds, l'architecture de la banlieue n'est pas à la hauteur. Mais pourquoi donc tant de gens vont-ils tout de même s'installer en banlieue ? Parce que la banlieue rencontre leurs besoins. Allez-vous aller faire l'épicerie d'une famille de 4-5 personnes à pied ? Allez-vous faire un BBQ familial sur le perron du 3e étage ?
      Le BIXI et les resto c'est bien pour les célibataires mais pour les familles, l'attrait est assez relatif. Les mouvements de population vers la banlieue en font foi. Lorsqu'on veut vendre un produit, on l'adapte au besoin du client et non le contraire.

      Gilles Duguay

    • Les villes semblent être les laissées pour compte de la fédération; tout pour le gouvernement central ou les provinces. La dévolution de pouvoirs de taxation et de gestion aux grandes agglomérations encouragerait peut-être la mise en place de structures démocratiques puissantes, propres à intégrer ces grands "étalements" tant décriés. Les grandes villes internationales disposent toutes de gouvernements à leur échelle, qui peuvent planifier à long terme et coordonner les efforts. À Montréal, le plan à long terme du CMM est vu comme un fait d'arme c'est tout dire.


      Jacques Saint-Cyr, Québec

    • Je suis entièrement d'accord avec M. Roy-Baillargeon. N'ayant pas beaucoup d'argent, je prends le bus de temps en temps mais la majorité je fais pratiquement tout à pied. Hier je suis partie de Rosemont-Petite-Patrie (près de Pie IX) et je me suis rendue jusqu'à la rue Beaubien (parc Molson) et tout ça à pied. Je peux me rendre sur le Plateau à pieds et au centre-ville et l'été je marche jusque dans le Vieux et tout ça à pieds. Es-ce que Laval est une ville ''de pieds'' ou d'autos? Ce que je vais faire aujourd'hui? La Grande bibliothèque et oui, toujours à pieds... c'est ce qui s'appelle aussi: se garder en santé pour pas chère. Bonne journée!

      G. Caillé

    • Je ne comprends pas pourquoi certains journalistes et autres commentateurs politiques sont si alarmistes à ce sujet. L'étalement urbain est selon moi un phénomène tout à fait normal. Il est tout à fait naturel pour une grande métropole cosmopolite de voir plusieurs de ces citoyens quitter le centre-ville et ses alentours pour les banlieux. Au 17e siècle, la ville de Montréal se résumait à la région du vieux-port. Tranquillement, elle s'est agrandie et les Montréalais ont dû s'installer sur le reste de l'île. Ils s'installent maintenant de plus en plus au-delà des fleuves et des rivières, compte-tenu de la saturation de l'espace sur l'île, des prix des loyers et maisons, mais aussi des problèmes récurrents de construction et de trafic automobile. Ce sont les gens de la classe moyenne qui s'exilent sur la rive-nord ou la rive-sud de Montréal. Ce sont de nouvelles familles, en quête d'espaces pour leur maison, auto, garage, cour arrière, terrasse, etc. Il est clair que seul des gens assez fortunés peuvent se payer un tel luxe sur l'île, sinon ils doivent vivre en appartement ou en condo. L'étalement urbain devient donc inévitable pour certains. En ce sens, je crois qu'il faut voir l'étalement urbain comme quelque chose de positif, qui suit la courbe normale du progrès. Cela se produit dans toutes les grandes villes du monde. Je suis convaincu que nos élus et les grands stratèges québécois sont au courant de ces faits et qu'ils mettent en place les mesures nécessaires pour faire face à cette situation, même si, avouons-le, d'autres enjeux sont beaucoup plus préoccupants à l'heure actuelle.

      Julian Sacco

    • Un des principaux problèmes provocant l'étalement urbain qui est rarement évoqué est que le type de loyer qui est construit n'étant pas vraiment propice pour l'établissement d'une famille. J'ai récemment fait l'achat d'un condo à Montréal et la grande surprise dans mon magasinage est de voir à quel point les nouvelles constructions sont la plupart du temps des condos de 4 pièces et demi. Justement, les gens de qui j'ai acheté le condo ont dû quitter pour la rive-sud puisque l'espace est manquant dans le condo pour pouvoir vivre convenablement avec 3 enfants.

      Comment la ville peut-elle espérer garder du monde sur place quand les nouvelles constructions sont petites et peu convenables pour élever une famille? Quand j'entends des gens qui parlent de re-nouveau de quartier comme dans le Griffintown, ça me fait toujours sourire, car oui, il y aura de nouveaux espaces, mais ils seront bien certainement limités à 4 ou 5 pièces. Oui, il n'y a pas que les nouvelles demeures dans la vie, mais je prends en compte bien sûr des constructions des 10~15 dernières années. Je peux très bien comprendre que des gens préfèrent quitter la ville pour la banlieue dans le but d'avoir une meilleure qualité familiale au détriment de la qualité de vie pour se rendre au travail par exemple. Si seulement les contracteurs prenaient en compte que les gens préfèrent peut-être bien habiter dans plus grand que 800 pieds carrés, là on pourrait commencer à penser stopper l'étalement urbain.

      M. Grégoire

    • Beaucoup de mots pour une vérité toute simple. Aux modes de vie correspondent des modes d'habiter et au mode de vie familiale correspond la maison unifamiliale. Au recensement précédent, 85 % des jeunes ménages âgés de 25 à 40 ans qui étaient devenus propriétaires l'ont fait dans une maison unifamiliale. Depuis 40 ans qu'on essaie de retenir les familles à Montréal et cela n'a jamais fonctionné.

      EN fait la ville est le lieu de passage des immigrants et des jeunes de 15-24 ans qui viennent y étudier. Au delà de 25-30 ans, le solde migratoire est négatif envers Montréal, et ce pour tous les groupes d'âges. Mais ce phénomène n'est pas nouveau il dure depuis plus de 40 ans.

      IL est donc normal qu'après tend d'année d'exode que la banlieue soit plus populeuse que la ville. Cela n'a rien à voir avec tous les défauts qu'on voudra attribuer à Montréal, ce n'est que le reflet des modes de vie.
      Daniel Gill

    • Je ne me reconnais pas dans la plupart des commentaires ci-haut. J'habite à Montréal et j'apprécie énormément de pouvoir faire mon épicerie et mes courses à pied ou à vélo, et de me rendre au travail de la même façon, même l'hiver. Mes enfants peuvent aussi se rendre à l'école à pied. Quand je suis forcé de me rendre en banlieue pour une raison ou une autre, je constate que les rues sont peut-être en meilleur état, mais qu'il s'agit d'un milieu de vie qui n'est vraiment pas conforme à ma conscience écologique; ça me rempli d'une grande tristesse. Je ne voudrais pas y vivre (pourtant, je sais ce que sais, puisque j'y ai vécu jusqu'à l'âge de 20 ans). Vive Montréal et son joyeux bordel plein de vie!
      Louis-Eric Trudeau, professeur, Université de Montréal



    • À lire tout le monde, on comprend que Montréal est laide, sale, désagréable et en mille morceaux. On devrait avoir honte d'y vivre! J'aimerais vraiment qu'on m'explique, alors, pourquoi des dizaines de milliers de jeunes et de moins jeunes continuent à venir s'y installer chaque année pour y étudier, y travailler, y vivre et même y fonder une famille; pourquoi BIXI et la STM y fracassent des records de popularité; pourquoi tant de journalistes étrangers la font trôner au sommet de leurs palmarès d'avant-gardisme et de qualité de vie; pourquoi sa gastronomie, ses festivals, sa joie de vivre et son innovation sont constamment vantées par tous ceux qui la découvrent avec amusement; etc.



      J'aimerais vraiment, aussi, qu'on réponde à mes questions: À quand remonte le dernier reportage du New York Times ou de Lonely Planet sur le dynamisme cool de Brossard et de Repentigny? Où sont les hordes d'amoureux éperdus de l'atmosphère bourgeois-bohème si rafraîchissante qui règne à Laval et à Sainte-Julie? Qu'est-il advenu des innombrables louanges du design architectural des plus beaux quartiers de Boisbriand et de Vaudreuil-Dorion?



      Peut-être qu'il faudrait que certaines personnes arrêtent d'exagérer les défauts de Montréal -- «les labyrinthes du Plateau Mont-Royal»? quel euphémisme! «les parcomètres, qui ont poussé partout»? je dirais même plus! -- et commencent à regarder leur quartier de banlieue, leur bretelle d'autoroute et leur "smart center" d'un oeil objectif. La laideur et le désagrément ne sont pas toujours (que) là où on les imagine.



      Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, j'ai une ville à aller détester...



      Étalement vôtre,



      Olivier Roy-Baillargeon

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