L'absent est présumé vivant

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Yves Boisvert
La Presse

Ronald,

Tu as beau peinturer toute ma famille en bleu blanc rouge, l'heure n'est pas pour autant aux célébrations anticipées.

Trop de choses vont tout croche dans notre équipe.

Bourru camarade, dis-moi, où donc se cache Thomas Vanek?

Ce gros ailier que tu appelais de tous tes voeux depuis des années, le matin dans notre gazette, la nuit dans les établissements licenciés du Grand Rosemont métropolitain, on l'a eu... Il est disparu. Et avec lui tout son trio «numéro un». Les trios vont désormais de 2 à 5.

J'ai consulté des experts, Ronald, et ils en viennent tous à la même conclusion. C'est un cas d'application de l'article 84 du Code civil:

«L'absent est celui qui, alors qu'il avait son domicile au Québec, a cessé d'y paraître sans donner de nouvelles, et sans que l'on sache s'il vit encore.»

Combien de temps pourrons-nous endurer ça, je te le demande?

«L'absent est présumé vivant durant les sept années qui suivent sa disparition, à moins que son décès ne soit prouvé avant l'expiration de ce délai», dit l'article 85.

Michel Therrien n'attendra peut-être pas aussi longtemps, Ronald, si je me fie au temps de glace de l'Autrichien en troisième période.

Je veux bien présumer qu'il vit, mais son absence est-elle motivée par un billet du médecin, ou est-elle médicale parce que non motivée?

Parlant de temps de glace, le printemps aussi est aux abonnés absents. Avoue que la saison rappelle ton Irlande ancestrale. Ce n'est pas demain que tu étrenneras ton nouveau tam-tam au mont Royal. Des voisins à toi me disent que tu t'es entraîné tout l'hiver dans ton salon jusqu'à tard le soir, bien après les matchs, et que pour ne rien manquer de L'Antichambre sans perdre le rythme, tu avais recours à la transcription pour malentendants.

As-tu entendu Michel Therrien dire que les joueurs ont «manqué de synchronisme» ? Le synchronisme étant la simultanéité des événements, on devrait garder ça pour le plongeon à deux et la nage en équipe, je trouve.

N'empêche. Il a bien raison. On a été un brin chanceux. La troisième période était calamiteuse. J'ai entendu dans le salon beaucoup trop de mots répréhensibles, même de la visite, et au total, ce furent 20 minutes assez sombres, question éducation des enfants.

Je te dis ça, mais vois-tu, après les hurlements, une fois les lumières éteintes au Garden et Ron Fournier allumé, en ramassant la vaisselle dans le salon - simples pâtes et saucisses d'un boucher italien du boulevard Saint-Laurent, je t'en reparle -, je me suis rappelé qu'on n'était vraiment pas censé gagner la première. Et pas comme ça! On n'a pas fini de s'émerveiller devant les ressources du lac Labiche, où l'on trouve en abondance de grands corégones en plus de la famille Bourque.

J'accepte donc sans rechigner davantage cette victoire échevelée et très énervante.

Maintenant, dépêche-toi d'aller chercher tes asperges au marché, ça commence ridiculement tôt. Je t'avertis, si on gagne encore, ce sera homard de Gaspésie ce soir.

Bon match. Je compte les présences. Et les absences.




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