Coupez, coupez, il en restera peut-être quelque chose

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(Québec) Mise à jour économique du Québec, hier, en présence du ministre des Finances, Carlos Leitao, du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, et de leur collègue de l'Environnement, David Heurtel.
Moment important à Québec, mais pour vous, chers contribuables, cela ne changera pas grand-chose. En fait, oui, un peu, puisque vous allez payer encore un peu plus au cours de la prochaine année.

Vous le saviez, inutile donc d'insister, mais le Québec est dans le rouge et malgré les discours somme toute assez optimistes et positifs des ministres Leitao et Coiteux, il vous faudra souffrir encore un peu plus et plus longtemps avant que vous ne commenciez à ressentir les bénéfices du traitement-choc.

Alors, désolé d'ajouter à la déprime automnale (je dirais même hivernale, à en juger par les engelures subies en courant sur les plaines d'Abraham ces derniers jours), mais vous n'avez pas fini de payer pour que la province retrouve l'équilibre budgétaire.

Pour le prochain exercice financier, c'est 262 millions de dollars de plus que Québec ira piger dans vos poches (sans compter des hausses que les banques, les compagnies d'assurances et les sociétés pétrolières ne manqueront certainement pas de vous refiler pour éponger des ponctions exigées par le gouvernement). Cela s'ajoute évidemment aux hausses de tarifs (en garderie, notamment) et aux compressions déjà annoncées au cours des derniers mois.

Il faudra aussi trouver encore 1,2 milliard en 2015-2016, ce qui n'«est pas très problématique», selon MM. Leitao et Coiteux. Je ne sais trop s'il faut se réjouir de la facilité avec laquelle les deux ministres déterminent leurs cibles de compressions ou, au contraire, s'inquiéter de leur enthousiasme à jouer du couteau dans les services publics.

Dans leur cadre financier de la dernière campagne électorale, les libéraux prévoyaient le retour des surplus budgétaires en 2015-2016. On parle maintenant du retour à l'équilibre budgétaire pour cette date, pour deux ans, et de modestes surplus en 2017-2018, donc dans trois ans.

Selon les engagements électoraux du PLQ, 50% des surplus iront à la dette et 50% en baisses d'impôts, ce qui est toujours le plan, confirme M. Leitao. N'échafaudez toutefois pas de grands projets de vacances familiales ou de rénovations, puisque Québec ne prévoit pas accorder de baisses d'impôt aux contribuables avant trois ans. Dans le scénario actuel, 450 millions de surplus en 2017-2018, soit 225 millions en baisses d'impôt.

C'est bien peu, mais remarquez que les premières baisses d'impôt tombent - ô surprise - en année préélectorale. Un plan inspiré du gouvernement de Stephen Harper? On dirait bien. Ça va mal, on coupe, on rationalise, on «maximise», on compresse, on réduit la taille de l'État et on retrouve l'équilibre. Puis, les surplus, juste avant les élections. On souffre pour notre bien... mais aussi pour celui du parti au pouvoir.

Le président du Conseil du trésor insiste pour dire que le principal problème au Québec, c'est que l'État dépense trop. À en juger par les chiffres du ministère des Finances, il semble aussi y avoir un grave problème de revenus.

De juin dernier (date du plus récent budget) à la mise à jour d'hier, le gouvernement convient qu'il a surévalué ses revenus autonomes de 725 millions pour les trois prochaines années. Ajoutez le manque à gagner sur les revenus anticipés des entreprises du gouvernement et il manque 900 millions sur trois ans (selon les prévisions de juin). Difficile, après de tels écarts, de faire confiance à un gouvernement qui nous demande de le suivre avec confiance sur la route tortueuse de l'équilibre budgétaire.

Que penser, par exemple, lorsqu'on lit, dans cette mise à jour économique, que le gouvernement annonce des économies de 150 millions dans une section intitulée «Adoption des meilleures pratiques pour améliorer la pertinence des soins de santé et des services sociaux» ?

Selon les documents de la mise à jour, il s'agirait d'«utiliser les ressources de la façon la plus appropriée sans affecter l'accès ou la qualité des services».

C'est curieux, tout de même, qu'un gouvernement énonce des principes aussi vagues, dans un réseau aussi vaste... tout en arrivant à en chiffrer les économies avec autant de précision.

Meilleures pratiques égale 150 millions.

Bien voilà, suffisait de demander.

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