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Dans les souliers de Legault

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La question de Marie-France Bazzo à François Legault, l'autre soir sur le plateau de Télé-Québec, était aussi rude que directe: «Qu'est-ce que ça fait de se faire tout le temps voler ses idées?»

Je le regardais se tortiller sur son tabouret (plutôt inconfortable, je le sais, ça fait huit ans que j'y pose mes fesses!) en me demandant comment on se sent dans les souliers d'un François Legault pillé par ses concurrents après avoir été rejeté par l'électorat.

En gros, le chef de la CAQ a répondu, en riant, que ça fait toujours plaisir de voir les autres partis reprendre ses idées, ajoutant qu'un jour, peut-être, les Québécois comprendront qu'ils doivent se méfier des imitations et qu'ils choisiront l'original. Bon joueur, il a même dit souhaiter que le gouvernement Couillard «fasse la job», précisant toutefois qu'il a un doute...

On sentait tout de même une légère frustration chez le chef de la CAQ. On peut le comprendre. Pendant toute la campagne électorale, Philippe Couillard a répété tous les jours: «Avec Legault, c'est le chaos», avant de ponctionner, une fois élu, la substance du programme caquiste.

Abolition des commissions scolaires, réorganisation des instances administratives du réseau de santé, diminution de la taille de l'État, tout cela est dans le programme politique de la CAQ depuis 2012.

Voir le gouvernement Couillard reprendre à son compte ces réformes, c'est peut-être flatteur. Voir que la charge en santé est menée, au sein du gouvernement libéral, par un ancien candidat-vedette de la CAQ, Gaétan Barrette, c'est certainement un brin agaçant pour François Legault.

Mince consolation pour le chef de la CAQ, son parti est maintenant en tête des intentions de vote chez les francophones, loin devant les libéraux (36% contre 24%), selon notre plus récent sondage CROP. Ça aussi, c'est flatteur, mais à quatre ans des prochaines élections, est-ce vraiment significatif? Serait-ce une répétition du syndrome ADQ, qui se hissait régulièrement en tête des intentions de vote... entre les élections?

Difficile de dire à quoi ressemblera le paysage politique dans quatre ans, mais à court terme, François Legault doit rester concentré sur deux objectifs précis: garder Lévis lors de l'élection partielle (pour remplacer Christian Dubé) et s'assurer que les députés Éric Caire et Gérard Deltell ne succombent pas au chant des sirènes du Parti conservateur.

NPD-PLC, une guerre à finir

On le savait, la prochaine campagne électorale fédérale au Québec se jouera, en majeure partie, entre le NPD de Thomas Mulcair et les libéraux de Justin Trudeau.

Le dernier coup de sonde de CROP le confirme et il envoie un avertissement à Justin Trudeau: l'audition pour le poste de chef de parti national est terminée, il faut maintenant passer celle pour le poste de premier ministre.

Le fait est que depuis le coup d'éclat sur le Sénat (lorsque Justin Trudeau a éjecté les sénateurs libéraux de son caucus en janvier dernier), il ne s'est pas passé grand-chose chez les libéraux.

Justin Trudeau est populaire, certes, très populaire même, mais cela ne suffira pas. Au contraire, à un certain moment, à l'approche des élections, cela peut devenir un handicap. Le temps est venu pour lui de privilégier le contenu plutôt que le contenant.

Hier, ses réponses évasives sur une éventuelle participation militaire active du Canada contre le groupe État islamique n'auront rassuré personne. Stephen Harper est clairement pour. Thomas Mulcair, résolument contre. M. Trudeau? On ne sait pas. Lorsque les députés voteront aux Communes sur l'implication du Canada, ils répondront oui ou non, pas peut-être. On appelle cela un test de leadership.

Il y en aura d'autres. Notamment sur les questions du transport du pétrole et de l'environnement, dont on a beaucoup parlé cette semaine au Québec.

Les députés du NPD, majoritaires au Québec, mènent la fronde contre le gouvernement conservateur, l'accusant notamment de manquer de transparence dans le projet de port pétrolier à Cacouna.

Précisément le genre de débat où les partis fédéraux devront présenter un front uni et clair en octobre 2015, date des prochaines élections.

Pour joindre notre chroniqueur: vmarissal@lapresse.ca




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