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Astres péquistes, nuages libéraux

Pauline Marois... (Photo Étienne Ranger, Le Droit)

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Pauline Marois

Photo Étienne Ranger, Le Droit

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Pour un parti qu'on disait en grave danger d'étouffement et peut-être même d'asphyxie, après la débâcle de 2007 et après la crise de leadership de Pauline Marois, en juin 2011, le moins qu'on puisse dire, c'est que le Parti québécois est solidement retombé sur ses pieds.

Rappelez-vous 2007, à peu près à cette époque-ci de l'année: le PQ dirigé par André Boisclair était en train de se perdre dans une campagne électorale qui allait se solder par son pire résultat en plus de 20 ans.

Légère embellie aux élections de 2008, avec Pauline Marois comme chef, cette fois, au terme desquelles le PQ reprenait le titre d'opposition officielle. Et puis rebelote les problèmes pour le PQ: la démission de quatre députés du caucus de Mme Marois ébranle sérieusement son leadership et sème le doute sur ses capacités de diriger le parti dans une nouvelle campagne électorale.

On connaît la suite: la dame de béton émerge, ressoude les troupes et prend le pouvoir, à la tête d'un gouvernement minoritaire, en septembre 2012. Le chemin parcouru depuis alimentera longtemps les chroniques politiques et les analyses de sciences po. Après un départ titubant et une première année laborieuse, le gouvernement Marois se ressaisit, réussit à imposer son ordre du jour politique, fait trébucher au passage le nouveau chef libéral, tient la CAQ en respect et impose son scénario et son échéancier électoral. Depuis fin 2008, moment où Jean Charest avait réussi à récupérer sa majorité à l'Assemblée nationale, on n'avait pas vu de manoeuvres aussi efficaces sur la scène politique québécoise.

Il n'est pas dit que le PQ réussira le même coup fumant, mais disons qu'il a gagné haut la main la joute préélectorale.

Les rumeurs persistantes en provenance de Québec laissent croire que Mme Marois pourrait déclencher la campagne dès mardi prochain. Un scrutin le 7 avril plutôt que le 14 avril. Bof, rendu là, ça n'a pas beaucoup d'importance (si ce n'est qu'un déclenchement la semaine prochaine scrappera joyeusement la semaine de relâche de tous ceux qui travaillent, de près ou de loin, dans le domaine politique!).

Au point où on en est, pourquoi le PQ attendrait-il? Il est en avance dans les sondages, en avance dans l'organisation, en avance dans le recrutement, il a le vent dans les voiles et espère retirer les bénéfices de la kyrielle d'annonces faites par le gouvernement depuis trois semaines.

De toute évidence, le PQ a retrouvé son pouvoir d'attraction auprès des candidats. La brochette de candidates est particulièrement impressionnante: Lorraine Pintal, Sylvie Legault (une candidature qui montre clairement que le PQ n'est pas prêt à concéder Mercier sans se battre), Sophie Stanké, Martine Desjardins, Dominique Payette, Djemila Benhabib, peut-être un retour de Linda Goupil, des noms qui s'ajoutent aux députées sortantes Agnès Maltais, Nicole Léger, Marie Malavoy, Diane De Courcy, Élaine Zakaïb, Élizabeth Larouche, Martine Ouellet. Et Véronique Hivon, la meilleure carte de visite du PQ, que les stratèges péquistes auraient intérêt à mettre de l'avant en campagne électorale. On a déjà vanté les «Charest's angels», soit les nombreuses et efficaces ministres de Jean Charest dans le gouvernement minoritaire de 2007, mais à l'évidence, Mme Marois est elle aussi bien pourvue en femmes de qualité à l'orée de la campagne électorale.

Philippe Couillard... (ARCHIVES, La Presse) - image 2.0

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Philippe Couillard

ARCHIVES, La Presse

Les choses sont moins faciles pour le Parti libéral de Philippe Couillard. On attend, bien sûr, des annonces de candidature (notamment un gros nom pour Robert-Baldwin, dit-on). Mais pour le moment, le chef libéral congédie plus qu'il ne recrute, ce qui n'est pas très positif comme message en ce début de campagne.

D'abord Fatima Houda-Pepin, éjectée du caucus le mois dernier sur fond de crise autour de la Charte de la laïcité, puis Henri-François Gautrin, qui a embarrassé son parti, son chef et ses collègues en affirmant que le PQ allait vraisemblablement former un gouvernement majoritaire. Des sources au sein du PLQ affirment qu'il avait dès lors signé son avis d'expulsion du caucus libéral.

Les prochains jours seront cruciaux pour le chef libéral. Il a de bons sièges à offrir (Outremont, Robert-Baldwin, Nelligan, Trois-Rivières, Maskinongé) et doit absolument démontrer qu'il est encore capable d'attirer des candidats crédibles, surtout dans le domaine économique.

Quant à François Legault, il serait étonnant, vu l'état de son parti, qu'il nous ressorte un Jacques Duchesneau de sa manche, comme il l'avait fait en 2012. La CAQ compte sur une équipe de candidats sérieux, mais aucune vedette pour le moment dans la nouvelle fournée. Et les Dominique Anglade, Maud Cohen, Gaétan Barrette et autres ne sont pas de retour.

Les astres semblent donc bien alignés pour le PQ, mais Pauline Marois a bien trop d'expérience pour ne pas se méfier du syndrome «THTV», trop haut trop vite, un mal qui plombe parfois les partis qui montent trop vite, au risque de plafonner à mi-campagne et de redescendre inexorablement.




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