Qui veut devenir milliardaire ?

C'est dans ce dépanneur 7-Eleven de Chino Hills,... (PHOTO WILL LESTER. ASSOCIATED PRESS)

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C'est dans ce dépanneur 7-Eleven de Chino Hills, en Californie, que l'un des trois billets gagnants de la loterie Powerball a été vendu. Mercredi, des clients sont venus célébrer la nouvelle - et le chèque de 1 million de dollars versé en prime au propriétaire du commerce - avec l'un des employés, M. Faroqui.

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Qu'auriez-vous fait si vous aviez gagné le gros lot record de 1,6 milliard de la loterie américaine Powerball ?

Acheter une île, marcher sur la Lune, vous perdre dans le désert, offrir des autos électriques à tous les Québécois, ressusciter Ned Stark dans Game of Thrones...

Moi, je ne sais pas. Je ne m'étais jamais vraiment posé la question. Je n'ai pas acheté de billet et n'ai pas songé à le faire. Pourquoi ? Peut-être parce que les probabilités de gagner étaient trop faibles : 1 sur 292 millions. Mais plus j'y pense et plus je me dis que j'aurais dû acheter ne serait-ce qu'un billet, car même si les risques de se faire frapper par la foudre sont plus élevés que les chances de tomber sur la combinaison gagnante, 2 $, ce n'est pas cher pour s'accorder le droit de rêver et de prendre part à un aussi grand divertissement collectif.

Mais c'est trop tard. Au moins trois gagnants, de la Californie, de la Floride et du Tennessee, se sont partagé la somme record de 1,6 milliard (2,29 milliards canadiens) du Powerball, dont les numéros gagnants ont été tirés mercredi. Si le magot n'avait pas été gagné, il aurait atteint 2 milliards demain.

La raison de ce lot record est que personne n'avait eu les six numéros gagnants depuis 10 semaines. Même si des gains moindres avaient été distribués, le gros lot avait continué d'augmenter, passant le cap du milliard dimanche.

L'hystérie collective était à son comble cette semaine. Les gens ont joué en famille, avec des amis ou des collègues de travail ; ils en ont parlé au bureau, ils ont rêvé de changer de vie, de quitter leur emploi, de faire le tour du monde, de payer leurs dettes, de s'acheter une nouvelle voiture, un chalet... Ils se sont probablement même amusés dans la file d'attente pour acheter leurs billets et ont sans doute retenu leur souffle en prenant connaissance des résultats en direct, tard mercredi soir.

« Pour 10 $ (cinq billets), je peux envisager la possibilité de gagner, et réfléchir à ce que l'argent signifie pour moi », a expliqué un joueur du New Jersey, sur le site du New York Times

« Pour moi, ça ne signifie pas un yacht ou un voyage à Aruba. Mais ça me donnerait l'assurance de ne plus jamais avoir à me soucier des factures à payer à la fin du mois, ou de ce qui arriverait à mes chats si je me faisais heurter par une voiture. »

« J'ai acheté mes billets mardi, a-t-il ajouté. Ça me donne 50 heures de rêveries. Voilà un grand divertissement pour 20 cents de l'heure. Vous ne pouvez pas battre ce prix. La plupart des rêves coûtent beaucoup plus cher et ne se réalisent pas non plus. »

Vrai.

Au Canada, le plus important lot de l'histoire du 6/49 a atteint 64 millions de dollars et a été remporté en Ontario, le 17 octobre dernier.

Qui joue au loto ? Un peu tout le monde. Chez nous, selon une étude de Statistique Canada parue en 2011, les loteries d'État sont de loin les plus populaires : 

61 % des Canadiens ont acheté au moins un billet de loto au cours de la dernière année

12 % sont allés au casino, ou ont joué aux loteries vidéo

23 % ont participé à d'autres jeux comme les bingos et les tombolas

Mais, toutes proportions gardées, on le sait, les familles pauvres engloutissent une part beaucoup plus grande de leurs revenus pour acheter du rêve. Quand elles jouent, elles dépensent en moyenne 390 $ par année pour jouer, alors que les familles qui sont de trois à quatre fois plus riches déboursent la même somme. Avec un revenu de moins de 20 000 $ par année, un ménage peut consacrer 2,7 % de son revenu en billets de loto et autres jeux. Avec 70 000 $, cette dépense ne représente que 0,7 %.

Autre chiffre tout à fait renversant : 34 % des Québécois, sondés par BMO Groupe financier en janvier 2014, disaient espérer gagner à la loterie pour financer leur retraite. Oui, financer leur retraite.

On comprend donc l'engouement suscité par les jeux de hasard. Dans les faits, plus le lot est élevé, plus les gens jouent. La perspective de devenir riche du jour au lendemain est encore plus excitante. Super-lot = plaisir accru.

Le record absolu au Powerball reste celui de mai 2013, quand une retraitée de 84 ans, Gloria C. Mackenzie, avait gagné à elle seule le gros lot de 590,5 millions. Qu'a-t-elle fait avec sa fortune ? Le Daily Time nous apprenait, en juin 2013, que la Floridienne avait conservé un style de vie simple, magasinant chez Walmart et mangeant dans les restos du coin.

Et vous, quelle folie feriez-vous avec vos millions ?

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