Ouais, ouais, c'est ça...

Après des années de baisse, la prime d'assurance... (Photo Patrick Sanfaçon, Archives La Presse)

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Après des années de baisse, la prime d'assurance automobile moyenne a déjà augmenté de 3 % depuis deux ans au Québec.

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S'il y avait un cadran indiquant le niveau de votre prime d'assurance sur le tableau de bord de votre véhicule, je suis prête à parier que l'aiguille serait en train de grimper en ce moment.

Après des années de baisse, la prime moyenne a déjà augmenté de 3 % depuis deux ans au Québec. Et l'écrasante majorité des assureurs a l'intention de gonfler encore les prix en 2017, selon les renseignements obtenus par l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Soyez vigilants, car certains clients risquent d'être frappés de plein fouet par les changements tarifaires.

C'est le cas d'un client extrêmement fidèle de Wawanesa qui a subi une hausse de 37 % de sa prime lors du renouvellement de sa police au début de juillet. Plus précisément, la prime d'assurance de son véhicule Subaru Forester de deux ans a grimpé de 442 $ à 603 $, taxes incluses, d'une année à l'autre.

« Ça me choque, lance-t-il. Comment on peut justifier une telle hausse alors qu'il n'y a rien, rien, rien, mais tellement rien de changé dans ma situation personnelle ? »

Pas d'accident. Pas de déménagement. Toujours le même employeur. Toujours le même kilométrage annuel. Pas l'ombre d'une raison qui motiverait cette hausse soudaine.

L'assuré a bien tenté d'obtenir une explication. D'un agent du service à la clientèle à l'autre, il a eu droit à une foule d'explications aussi évasives que nébuleuses. On lui a parlé de restructuration, de décisions prises en haut lieu...

« Ouais, ouais, c'est ça », comme dirait l'humoriste François Pérusse, qui s'amusait à déformer le nom de Wawanesa dans une capsule hilarante sur les réclamations d'assurance.

Officiellement, l'assureur m'a avoué qu'il avait modifié deux fois sa grille tarifaire depuis six mois. Selon leur profil, certains clients ont été plus touchés que d'autres.

« Même en comptant ces deux hausses, nos primes moyennes globales étaient malgré tout environ 30 % moins élevées que la moyenne de l'industrie pour le marché québécois à la fin du mois de mars », fait valoir la porte-parole Jessica Poitras.

Wawanesa ajoute que de nombreuses compagnies d'assurances sont en train d'augmenter leurs primes parce que l'industrie de l'assurance auto est de plus en plus difficile.

« Au Québec, par exemple, nous assistons à une hausse des demandes d'indemnisation et les coûts de réparation augmentent en raison de la complexité croissante de la technologie intégrée aux véhicules », explique Mme Poitras.

En effet, l'assurance auto est dans le rouge depuis deux ans, selon l'AMF. Quand on compare le coût des sinistres et les frais d'exploitation aux revenus provenant des primes et des placements, on réalise que l'industrie a roulé à perte de 2,4 % l'an dernier. On est bien loin des années 2007 à 2011 où la rentabilité oscillait entre 10 et 15 %.

Durant cette période, les primes moyennes avaient d'ailleurs baissé, pour le plus grand plaisir des assurés. Mais elles sont reparties à la hausse depuis deux ans pour se fixer à 542 $ pour les véhicules et à 753 $ pour les véhicules utilitaires en 2016.

Et ce n'est pas fini : 43 assureurs représentant 90 % du marché envisagent des hausses des primes pour 2017.

Alors, plus que jamais, il est crucial que les consommateurs magasinent. Si vous êtes assuré au même endroit depuis 25 ans, comme le conducteur dont je vous racontais l'histoire plus haut, il est temps de vous mettre au téléphone.

Ça vaut le coût, car les écarts de primes peuvent aller du simple au double... et même plus. Pour le prouver, l'Autorité des marchés financiers s'est prêtée à un exercice très révélateur. L'AMF a comparé les primes offertes par 10 assureurs pour 10 profils d'assurés, obtenant un total de 100 soumissions.

Je vous ai préparé une version abrégée du tableau.

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INFOGRAPHIE LA PRESSE

Dans l'un des cas, vous voyez que la prime offerte par l'assureur le plus concurrentiel est deux fois et demie moins chère (1195 $) que celle de l'assureur le moins bon marché (2990 $). Cela signifie qu'en magasinant bien, l'assuré pourrait économiser jusqu'à 1800 $ par année. Fantastique !

Mais il n'y a pas de constante. Un assureur peut être très concurrentiel pour un profil d'assuré, mais pas du tout pour l'autre. Chaque entreprise a sa propre évaluation des risques qui varie selon une foule de facteurs : le type de véhicule, le profil de l'assuré (âge, sexe, emploi, etc.), son lieu de résidence, le nombre de kilomètres qu'il parcourt, etc.

Les résultats peuvent être déroutants. En observant l'analyse de l'AMF, vous verrez que l'assureur 4 offre le meilleur prix pour le deuxième profil d'assuré, alors qu'il présente la prime la plus chère pour les consommateurs 3, 4 et 5.

Bref, aucun assureur n'est systématiquement plus avantageux que les autres. Tout dépend du conducteur. Pour dénicher le meilleur prix, il n'y a donc pas d'autre choix que de faire ses devoirs.




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