La nouvelle (vieille) mode des assureurs

C'est fou de voir à quel point les vieilles tendances reviennent à la mode. Les pantalons à pattes d'éléphant des années 70, les vestons à épaulettes des années 80 et les polices d'assurance-vie entière avec participation.

Ce type d'assurance, reconnu pour la stabilité de ses rendements, effectue un retour en force depuis la crise financière. Ces produits attirent aujourd'hui près de la moitié (47 %) des nouvelles primes versées au Canada, contre seulement 27 % en 2008.

En 2013, les Canadiens ont payé des primes de 603 millions de dollars pour des polices d'assurance-vie entière, pratiquement trois fois plus qu'il y a dix ans, selon la firme de recherche LIMRA.

L'assurance-vie entière a profité du déclin des polices d'assurance-vie universelles qui sont devenues plus coûteuses avec la baisse des taux d'intérêt. L'an dernier, les ventes de polices universelles n'étaient plus que de 285 millions au Canada, un tiers de moins qu'avant la crise financière.

Alors que le coût des primes de l'assurance-vie universelle a grimpé ces dernières années, l'assurance-vie entière a livré des rendements de 5 à 7 %. De quoi convaincre des investisseurs échaudés.

Besoin d'assurances ?

Alors, assurance-vie universelle ou assurance-vie entière avec participation ? Laquelle vous convient le mieux ? À la base, il faut se demander si vous avez réellement besoin d'une assurance-vie permanente qui vous couvrira jusqu'à la fin de vos jours.

Si vous voulez mon humble avis, la réponse est non pour la grande majorité de la population. Pour la plupart des familles, les besoins d'assurance-vie se résument souvent à ceci :

- Rembourser l'hypothèque en cas de décès.

- S'assurer que le conjoint survivant et les jeunes enfants puissent maintenir leur niveau de vie en cas de décès.

Or, un bon jour l'hypothèque sera remboursée. Et une fois à la retraite, les enfants auront quitté le nid familial (souhaitons-le !) et vous aurez accumulé assez d'épargnes pour vivre jusqu'à la fin de vos jours.

Alors, pas besoin d'assurance permanente. Une police temporaire qui vous protégera pour une durée déterminée (ex. : 10 ans, 20 ans, etc.) fera très bien le travail. À moindres coûts.

Mais si vous avez un réel objectif successoral, une assurance-vie permanente peut être appropriée. Des exemples ?

- Subvenir aux besoins d'un enfant handicapé après votre décès.

- Prévoir la relève de son entreprise. Disons qu'un fermier a deux enfants dont un seul désire prendre la relève. « Si la ferme vaut 1 million, il peut prendre une assurance-vie de 1 million qui lui permettra de compenser l'enfant qui ne veut pas s'impliquer dans la ferme, sans avoir à vendre la propriété au décès pour séparer les biens en deux », expose Denis Preston, qui enseigne les assurances à HEC Montréal.

Universelle ou participante ?

Si vous avez réellement besoin d'assurance permanente, quel est le meilleur choix ?

Du côté de l'assurance-vie avec participation, les primes sont garanties. Elles ne monteront pas. Par contre, vous pourriez recevoir des participations, un peu comme un remboursement de prime, si les hypothèses de l'assureur ont été trop conservatrices (ex. : taux de mortalité, taux de déchéance, frais, rendements sur les réserves accumulées par l'assureur).

Autrement dit, on ne peut qu'avoir de bonnes surprises. Sauf que les participations ne sont pas garanties.

Mais les détracteurs de l'assurance-vie avec participation diront qu'il s'agit d'une boîte noire. Il est vrai que le produit est moins transparent que l'assurance-vie universelle.

Avec l'assurance-vie universelle, le titulaire connaît le coût de l'assurance. Il peut choisir les placements qui lui conviennent. Il sait exactement quels sont ses rendements. Si le titulaire fait des bons coups, il en profite. Par contre, si ses rendements sont plus faibles que les hypothèses utilisées, le titulaire va écoper. Il devra relever ses primes.

L'assurance-vie universelle est donc souple, mais aussi plus risquée que l'assurance avec participation où les actifs sont gérés par la compagnie d'assurance, sans que les assurés aient leur mot à dire.

Quelle est la meilleure formule ? Il n'y a pas de bonne réponse : tout dépend de votre profil. C'est comme choisir entre une hypothèque à taux fixe ou à taux variable, illustre Denis Tremblay, vice-président régional d'Empire-Vie.

Quel suivi ?

Une chose est sûre, ce sont des produits qui exigent un suivi serré. « On ne peut pas laisser dormir ça. Votre conseiller doit se rasseoir avec vous régulièrement », dit M. Tremblay.

Qu'allez-vous faire avec les participations versées chaque année ? L'assureur peut vous faire un chèque. Mais vous avez une foule d'autres options, comme contracter de l'assurance temporaire, ou libérer la police plus rapidement.

La complexité de ces produits peut devenir embêtante pour les consommateurs livrés à eux-mêmes. D'où l'importance d'acheter une police d'assurance avec un conseiller financier digne de confiance qui sera là pour vous épauler aux fils des ans.

Mais comme les représentants d'assurance reçoivent l'essentiel de leur rémunération à la vente du produit, certains clients doivent se croiser les doigts pour le service après-vente.




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