Jonathan et P.K.

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L'attaquant Jonathan Drouin, 22 ans, a été obtenu du Canadien en retour de Mikhaïl Sergachev jeudi.

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Stéphane Laporte

Collaboration spéciale

La Presse

Oui, Jonathan Drouin ! Un joueur talentueux, spectaculaire, avec du caractère. Un joueur qui réalise son rêve en jouant pour le Canadien. Un joueur qui sait qu'ici, tout est hockey. Et qui veut en faire partie. Et surtout, un joueur qui compte des buts. On applaudit ! Bravo Marc Bergevin ! Tout est parfait.

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PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE - Montreal --- Marc Bergevin tiens une conference de presse du Canadiens de Montreal pour presenter leurs nouvelle acquisition Jonathan Drouin. --- -15 juin 2017 -SPO # 868128

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J'entends le sceptique. Parce que dans ce cas, il ne peut pas en avoir plus qu'un. A-t-on trop donné pour lui ? Mikhaïl Sergachev était l'avenir de l'organisation. Et s'il devenait un défenseur énorme ? Tant mieux pour lui. Jonathan Drouin a 22 ans. L'avenir de l'organisation, maintenant, c'est lui. Et dans son cas, on a l'assurance qu'il peut dominer dans la LNH. Non, je vous le confirme, c'est un sacré grand coup que la direction du CH vient d'accomplir. Tellement qu'il n'y a plus rien à dire. Alors on parle de quoi ? Parlons de P.K. !

Avant que l'échange de juin 2017 fasse oublier l'échange de juin 2016, essayons de nous faire une tête sur notre traumatisme de l'été passé.

Pis, P.K. ? Vous en êtes où ? Pas facile. Les commentateurs sont aussi étourdissants que Subban lorsqu'il fait le tourniquet dans sa zone. Un jour, c'est un génie. Le lendemain, c'est un gênant.

Ça va faire un an, le 29 juin, qu'a débuté l'affaire P.K.. Le Canadien échange aux Predators de Nashville son meilleur défenseur et, surtout, le joueur le plus charismatique de l'équipe. Et de loin. P.K. Subban était la seule star de l'équipe, depuis des décennies, à avoir développé un lien fort avec les partisans. Le P dans P.K., c'était pour Poune. Il aimait son public et son public l'aimait. Il s'intéressait à nous. Il faisait partie de la gang. Il tripait avec Louis Morissette, Julie Snyder, Paul Arcand et Guy A. Lepage. Il ne disait pas seulement merci beaucoup en français à la fin de ses entrevues, en se sauvant. Il était bien avec nous. Et s'impliquait dans sa communauté. Généreusement.

Un joueur comme ça, c'est une mine d'or pour une franchise. Un vendeur de tickets et de t-shirts incroyable. Alors pourquoi l'échanger ?

On se souvient tous ce que l'on faisait quand on a appris la nouvelle. J'étais dans une régie quand le bandeau est apparu sur mon portable : P.K. échangé. J'ai dit le mot le plus utilisé durant un match de hockey : fuck ! Mon joueur préféré ! Et j'ai eu une peine d'amour de fan. Puis j'ai regardé ce qu'on avait obtenu en retour. Shea Weber. Quand même. Au moins, c'est pas Martin Rucinsky. C'est un joueur vedette. Plus mature mais plus vieux. On a toujours le défaut de sa qualité.

Le Canadien venait de rater les séries. Ça prenait un coup de barre. Et la direction nous a vendu que c'était le geste à faire. On laissait croire que Subban était aussi impopulaire dans le vestiaire qu'il était populaire en dehors du vestiaire. Avec Weber, on avait un vrai leader. Et que le CH allait gagner en équipe.

Certains ont acheté la théorie, plusieurs ont déchiré leur chandail tricolore, et le sage a dit : « Attendons, seul le temps aura raison. »

Octobre est arrivé. Le Canadien s'est mis à gagner. Weber a joué comme à ses plus belles années. Pendant ce temps, Nashville en arrachait. Subban aussi. C'était réglé. Bravo la direction ! Quelle transaction éclairée ! À nous la Coupe Stanley ! Plusieurs ont remis leur chandail avec juste un 6 dans le dos. Et le sage a dit : « Attendons, seul le temps aura raison. »

Les mois ont passé. Le Canadien, comme toujours, a perdu le rythme de sa belle lancée. Weber est resté fiable mais plus discret. Les Prédateurs ont repris du poil de la bête. Subban a retrouvé ses repères. Tout était moins clair. Puis le Canadien a connu une mauvaise séquence et Bergevin a congédié Therrien. Oups ! Ce n'était plus la faute de Subban. L'opinion a changé de bord. Les chandails tricolores se sont redéchirés. Et le sage a dit : « Attendons, seul le temps aura raison. »

Au fond, tout allait se décider en série. Qui ira le plus loin ? Montréal avec Weber ? Nashville avec Subban ? Toutes les stratégies et les transactions sont pensées en fonction de ça. Avancer en séries. S'approcher de la Coupe Stanley.

Le CH a perdu en première ronde contre les Rangers. Pouet, pouet. Et Nashville a balayé Chicago. Ayoye ! Puis vaincu St. Louis. Et Anaheim. Ils n'étaient plus qu'à quatre victoires de la Coupe. Maintenant, plus de doute, c'était la pire transaction depuis celle qui a envoyé Patrick Roy gagner la Coupe Stanley au Colorado. La fin de l'ère glorieuse.

Tout le monde était donc rendu du bord de Subban. On rêvait déjà de le voir défiler avec les enfants de l'hôpital, la Coupe au bout de ses bras.

Quin toé ! On a de quoi être fier de lui. Tout le long des séries, il est le joueur le plus utilisé de son équipe. Pas de sparages. Pas de provocations. Un pur-sang qui prend les bonnes décisions. Pittsburgh remporte les deux premiers matchs. Subban assure que Nashville gagnera le troisième. A-t-il trop parlé ? Non. Il gagne son pari. Nashville inscrit une victoire. Voilà qu'en plus, Subban est un grand leader. Un Messie. Un Messier. À la fin de la rencontre, petite altercation avec le plus grand joueur de la ligue. Les journalistes lui demandent ce que lui a dit Crosby : « Il m'a dit que j'avais mauvaise haleine. »

Les scribes rient. Crosby pas : « J'ai jamais dit ça. » Subban en remet. Il arrive au match suivant avec des bouteilles de Listerine. Il fait son show. Pour la première fois depuis longtemps. Nashville ramène la série à 2-2. Son show semble fonctionner. Et puis non. Sydney Crosby se lève. Prend un deuxième souffle. Pittsburg remporte les matchs cinq et six. Les enfants de l'hôpital attendront. La Coupe Stanley, ce sera pour une autre fois.

Le discours a changé du tout au tout. P.K., le cocky, est devenu le bouc émissaire de la défaite des Predators. Il a détourné l'attention vers lui. Déconcentré ses coéquipiers. Et motivé le meilleur joueur de hockey de la planète.

Ah qu'on a bien fait de se débarrasser de lui ! Un instant. Pas si vite. Le CH fut éliminé en première ronde. Nashville était à deux matchs de la Coupe.

Qui a eu l'avantage dans cet échange ? Pour l'instant, le Canadien a perdu sa star la plus inspirante et n'a rien gagné.

Oui, mais si le Canadien gagnait l'an prochain ? Price et Weber ne pouvaient pas tout faire, ça prend des attaquants aussi. À Nashville, P.K. a des marqueurs devant lui. Maintenant avec Drouin, si le Canadien se met à scorer...

Et si, en 2018, le Canadien se rendait plus loin que les Preds ?

Alors, en conclusion, l'échange de P.K. ?

Attendons, seul le temps aura raison.




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