L'influence d'une mère

Le jeune Stéphane Laporte est entouré de sa... (Photo fournie par Stéphane Laporte)

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Le jeune Stéphane Laporte est entouré de sa mère, son père, sa tante et sa soeur.

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C'est un matin comme tous mes matins d'enfant de 5 ans. Je déjeune avant d'aller à l'école. Je suis déjà en première année. C'est sérieux. Sur le mur devant moi, il y a un téléphone. Accroché. Un gros téléphone immobile. À côté de lui, il y a un petit babillard. On y retrouve deux papiers épinglés, en cas d'urgence. Le numéro de téléphone de la police et celui des pompiers. Les numéros importants, comme dit papa.

« Finis tes céréales, Stéphane.

- Oui, maman. »

Ma mère s'approche du babillard et y agrafe un bout de page découpé dans une revue.

« C'est quoi ?

- Ce sont les paroles d'une chanson.

- Quelle chanson ?

Quand on n'a que l'amour de Jacques Brel.

- Pourquoi tu mets ça là ?

- Parce que c'est important de se rappeler ce que dit cette chanson.

- C'est aussi important que les numéros de téléphone de la police et des pompiers ?

 - Plus encore. »

Oh boy ! Qu'est-ce que ça raconte ? Je commence à peine à savoir lire, alors j'essaie, du mieux que je peux, de déchiffrer toutes ces lettres : 

Quand on n'a que l'amour

À s'offrir en partage...

Matin après matin, je me rends plus loin...

Quand on n'a que l'amour

Pour unique raison

Pour unique chanson

Et unique secours.

Une semaine plus tard, je peux la lire d'un coup, au complet.

Alors sans avoir rien

Que la force d'aimer

Nous aurons dans nos mains

Amis, le monde entier.

Ce matin-là, je demande à ma mère de faire tourner le disque et nous la chantons ensemble. Fort dans la maison. Il pleut dehors, mais il fait beau en dedans.

Sans le savoir, ma mère vient de me faire tomber amoureux des mots des chansons. Avec les mots, tout court. Des grandes idées, de la poésie, ça peut faire partie de nos vies. Au quotidien. Ça peut se dresser devant notre face, tous les matins. Ça peut se retrouver à côté du téléphone. Et on peut s'y attarder, à tous moments. En cas d'urgence du coeur.

Au domicile familial, le numéro de la police a servi seulement une fois, mais les rimes de Brel ont servi des milliers de fois.

En ce week-end de la fête des Mères, je veux dire merci à la mienne, pour tous ces petits gestes qu'elle a faits, qui ne semblaient pas pour moi. Les petits gestes qu'elle faisait pour elle.

Si ce matin-là, elle a affiché cette chanson au babillard, c'est parce qu'elle l'aimait bien. Tout simplement. Mais ça a influencé ma vie. Et éveillé une passion.

Ce n'est pas seulement les grands actes de bravoure et les grandes confessions qui marquent. C'est beaucoup plus, la façon d'être, qui marque en profondeur.

Durant ma tendre enfance, j'ai appris à vivre en regardant ma mère vivre. Mon père aussi, mais je le voyais moins souvent. L'être humain que j'avais le plus sous les yeux, celui dont je pouvais le plus observer les comportements, celui dont je pouvais le plus m'inspirer, c'était elle. Et je suis chanceux. J'ai une mère très inspirante.

Mères de tous les petits, sachez que chacun de vos gestes compte. Et c'est parfois le plus anodin d'entre eux qui aura la plus grande portée. Votre enfant est une éponge, et vous êtes la mer. Ils se remplissent de vous.

Quand vous arrosez les fleurs, quand vous flattez le chien, quand vous parlez au cellulaire, vous influencez la petite étoile qui tourne autour de vous.

Je voudrais remercier ma mère d'être comme elle est. Et d'agir comme elle le fait. Depuis toujours.

Joyeuse fête des Mères ! xx

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