La grande illusion

Artturi Lehkonen déjoue Zachary Fucale, dans la demi-finale... (Photo Frank Gunn, La Presse Canadienne)

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Artturi Lehkonen déjoue Zachary Fucale, dans la demi-finale opposant la Finlande au Canada. La consolation, pour les fans du Canada et du Canadien, réside dans le jeu des espoirs du Tricolore, dont Lehkonen et Fucale.

Photo Frank Gunn, La Presse Canadienne

Ronald King
La Presse

Il y a quelque chose qui cloche lorsqu'on voit le Canada être privé de médaille pour une deuxième année de suite au Championnat du monde de hockey junior. Avec toute la place que tient le hockey dans nos vies, se faire dérouiller 5-1 par la Finlande, c'est un peu gênant.

Dans nos vies, le hockey sert à vendre de la bière et des camions, mais aussi des burgers, des beignes et bien d'autres choses. Il sert à rassembler des familles et des villages, mais aussi à produire des bagarres générales entre enfants sur la patinoire et entre parents dans les gradins. Beaucoup d'adultes dépensent une grande part de leurs économies en espérant que fiston sera le prochain Vincent Lecavalier... Le hockey nous rend un peu cons, si vous voulez mon avis.

Pendant que les Russes sortaient les Feuilles d'érable du podium hier à Malmö, un analyste de RDS nous expliquait que le Canada jouait pour la médaille d'or et que ses petits princes du hockey junior n'étaient pas motivés par le bronze... Comme il n'y a pas eu de médaille d'or depuis cinq ans, il faudrait peut-être revoir son approche, recommencer à zéro, en y allant étape par étape.

L'analyste n'a pas souligné que sur une grande patinoire européenne, où il faut patiner, passer et réfléchir, les petites vedettes des diverses provinces canadiennes, les enfants-rois de nos villes et de nos villages, ressemblent à des coureurs des bois qui auraient perdu leur boussole.

Hockey Canada nous a pourtant donné un indice dès le début en nommant Brent Sutter comme entraîneur-chef. Pas le plus progressiste des hommes de hockey, avec son style de jeu Northern Alberta, basé sur la rudesse et l'intimidation, et qui produit surtout de l'indiscipline et des pénalités.

Non seulement le Canada ne gagne plus au niveau junior, mais il perd de manière stupide. Et ses adversaires, on le voyait très bien, ne sont plus intimidés du tout. Pour eux, le hockey canadien, c'est surtout la violence, comme leur jeune Puize-Roy l'a démontré il y a une semaine à peine. Ils en rient.

Combien de temps faudra-t-il à Bob Nicholson et aux dirigeants de Hockey Canada pour s'en rendre compte? Un grand changement est nécessaire. Malheureusement, il reste cinq frères Sutter...

Pendant que les autres nations progressent, le Canada mise toujours sur l'agressivité, sur un style de hockey de cowboy, sur l'intensité inégalable du peuple canadien lorsqu'il met ses patins, comme ils disent en dégoulinant de patriotisme.

Tout ça ne tient plus. On l'a vu une fois de plus hier.

Après la défaite, une femme dans les gradins tenait une affiche sur laquelle on pouvait lire: «It's still Canada's game.»

Pas sûr, madame.

Seule consolation dans ce tournoi, les jeunes repêchés par le Canadien ont été brillants. Je parle des Suédois Jacob de la Rose et Sebastian Collberg, du Finlandais Artturi Lehkonen et du Slovaque Martin Reway.

Il ne nous manque plus qu'une grande patinoire au Centre Bell, le Centre Bell qui était plein, hier, pour l'entraînement d'une équipe assez moche et dirigée par une sorte de Sutter francophone.

J'espère que les enfants ont appris quelque chose.




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