Quand le hockey était péché

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Ronald King
La Presse

Howie Morenz était contre. Les curés du Québec des années 40 et 50 l'ont déclaré péché.

Le hockey féminin, qui a connu une grande popularité au cours du XXe siècle, surtout pendant que les hommes partaient à la guerre, a failli disparaître. Mais il est revenu et a connu sa consécration comme discipline olympique.

C'est ce que la journaliste Lynda Baril nous raconte de belle façon dans Nos Glorieuses (Éditions La Presse). Pour ceux qui aiment toujours les beaux livres, celui-là sera apprécié. La recherche historique nous apprend des choses étonnantes, le travail d'édition est un plaisir pour l'oeil.

Des Canadiennes de Montréal, qui jouaient devant 3000 personnes, aux Flyées de Longueuil en passant par les Marquises, les Princesses, les Majestés et les Souveraines, la plupart des hockeyeuses et leur place dans notre histoire sont méconnues des Québécois et des Canadiens.

En 1904, une certaine Evelyn Molson, ancêtre de Geoff, entre autres, était une sérieuse hockeyeuse.

On y croise la belle aventure d'Abigail Abbie Hoffman, qui se faisait passer pour un jeune garçon jusqu'à ce qu'on la démasque et l'expulse des arénas. Elle participera à quatre Jeux olympiques en athlétisme et sera porte-

drapeau du Canada aux Jeux de Montréal en 1976.

Une rumeur voulait que le hockey provoque le cancer du sein, à cause des coups reçus sur la poitrine...

Le Québec a eu ses vedettes des temps modernes, les Manon Rhéaume, France St-Louis, Danielle Goyette... Les Martlets de l'Université McGill, une équipe au long et glorieux passé, sont toujours une redoutable machine.

Et puis, nous terminons aux Jeux olympiques avec les médailles canadiennes. Avec Caroline Ouellette, ma joueuse préférée et l'orgueil de Rosemont. À quelques semaines de Sotchi, elle se prépare pour une quatrième et dernière médaille.

C'est un scoop.

Enfin, en ce qui regarde les curés, lorsque le hockey était péché, un jeune jésuite avant-gardiste, le père Marcel de la Sablonnière, a défié l'Église en formant sa propre équipe de hockey féminin en 1961 au centre Immaculée-Conception. Il était même l'entraîneur.

C'était le début de la Révolution tranquille.

On lit, apprend et regarde tout ça avec plaisir.

Le retour des Bleus

Dans le quartier où j'habite, on peut difficilement acheter un pain ou commander un café sans s'adresser à un jeune Français ou à une jeune Française.

Même au Dollarama, on risque fort d'être servi par un jeune homme de Nantes ou de Montpellier, qui est sans doute un peu surpris de la tournure des événements.

C'est l'invasion et les expatriés, comme tous les expatriés du monde, en veulent toujours un peu au pays d'origine qui les a déçus. Nos Français ne sont pas tendres envers la France.

Mais, mardi, pendant que Paris était terrifié par un tireur fou, même les expatriés l'avouaient : cette victoire va servir de baume à un peuple qui en a bien besoin. Surtout que la victoire était tellement inattendue.

Battus 2-0 en Ukraine, les Bleus avaient besoin d'une victoire par trois buts dans ce match retour à Paris pour gagner une place à la Coupe du monde qui approche. Trois buts d'avance, au soccer, c'est pas de la tarte...

Et pourtant.

La victoire de 3-0 est une bonne nouvelle comme on n'en voit pas souvent en France ces temps-ci. Apprendre que la France ne participerait pas à la Coupe du monde aurait été un drame national de plus, comme le chômage, les tensions sociales, la montée de l'extrême droite...

Mon ami Dominique, de Nice, le roi des cyniques, m'a rappelé que le coq est le seul animal qui chante lorsqu'il a les deux pieds dans la merde... Même Dom était content ce jour-là.

Et puis le spectacle s'est poursuivi mardi avec le choc des deux bulldozers du monde du foot : Cristiano Ronaldo et Zlatan Ibrahimovic.

Cristiano 3, Zlatan 2

La Coupe du monde ne sera pas très intéressante sans la présence du grand Suédois.

Ce n'est pas moi qui le dis, c'est lui.

Belle victoire, ou presque

Toujours mardi, la victoire du Canadien sur le Wild du Minnesota aurait été plus belle si notre entraîneur n'avait pas demandé un temps d'arrêt avec quatre minutes à jouer et cinq buts d'avance.

Et s'il n'avait pas terminé le match en riant aux éclats, lui qui n'a aucun sens de l'humour.

Pour l'élégance dans la victoire, on repassera.




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