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Danny Maciocia a choisi la stabilité

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Ronald King
La Presse

Danny Maciocia a confirmé hier qu'il demeurait en poste avec les Carabins de l'Université de Montréal. Il n'a surpris personne, mais il a tout de même pris la peine de rencontrer la direction des Alouettes.

Expliquez-nous, M. Maciocia...

«C'était une rencontre de courtoisie, mais aussi une entrevue. Je suis allé parce que ces personnes m'ont beaucoup aidé dans ma carrière. Ils m'ont donné ma première chance. Je leur devais des explications, je voulais leur parler de ma situation à l'Université de Montréal.

«Ma décision est motivée par deux choses. Ce n'est pas une question d'argent ni de pression. Je choisis d'abord la stabilité. Dans la LCF, les entraîneurs-chefs ne survivent pas longtemps. Deuxièmement, je veux demeurer à Montréal. Je ne veux pas être obligé de me chercher du travail et de déménager dans deux ou trois ans. C'est simple, non?»

Tout à fait.

Il s'agit également d'un bel hommage au football universitaire québécois ainsi qu'au programme sportif de l'Université de Montréal. Nous en sommes au point où les entraîneurs-chefs de nos universités ne dépendent plus des Alouettes ou du football professionnel. Ils sont bien et très heureux où ils sont.

Jim Popp a déclaré à mon collègue Michel Bujold que Glen Constantin, l'homme fort du Rouge et Or de Laval, ne se sent pas prêt pour le football professionnel. Constantin a peut-être été poli. Dans les milieux du football, on sait qu'il faudrait une offre exceptionnelle pour le sortir de Québec, où il est le roi.

L'homme a oeuvré dans la NCAA, qui est très professionnelle, et il dirige à Québec une opération qui est loin d'être une petite affaire.

L'opinion de Maciocia: «Glen a raison. Il est très, très difficile de passer d'une université canadienne à une équipe de la LCF. Le dernier à le faire, Greg Marshall, de McMaster, a connu l'échec à Hamilton.

«Je crois que Glen, s'il en a envie, devrait travailler comme adjoint pendant deux ou trois ans, question de connaître la ligue.»

Pauvres Alouettes

Il reste que les temps sont durs pour nos Alouettes.

On dirait que les belles années, les années euphoriques des marches au centre-ville, sont derrière la vénérable organisation. Exit Mark Trestman, un entraîneur de prestige, de quelques-uns de ses principaux adjoints, suivi du départ de Marcel Desjardins, adjoint au D.G, puis du refus de notre chroniqueur Matthieu Proulx de prendre la relève.

Les Alouettes ont des trous importants à combler, mais le plus inquiétant demeure le lien affaibli avec la population. Ils n'ont plus Larry Smith pour charmer le public et rassembler tout ce beau monde.

Jacques Chapdelaine aurait refusé de considérer le poste de Trestman - est-ce qu'on le lui a offert? -, mais dans les milieux du football, on raconte qu'il n'a pas la personnalité d'un entraîneur-chef. Nous oublions souvent que le Rouge et Or lui avait montré la porte, après des relations tendues, pour embaucher... Glen Constantin. C'est à ce moment que l'équipe a de nouveau connu des succès fulgurants.

Et ce ne sera pas donc Danny Maciocia, le Montréalais trilingue qui aurait bien des problèmes.

Reste Pierre Vercheval, et si j'étais Jim Popp, je travaillerais très fort pour l'attirer. Vercheval a une forte personnalité, il a été un grand joueur, il a beaucoup d'entregent et n'aurait aucun mal à ramener les brebis égarées. À condition, bien sûr, de lui donner une grande visibilité. Vercheval pourrait très bien être le visage du club.

Les Alouettes n'attirent plus les foules autant qu'autrefois. Certains soirs, les 5000 sièges ajoutés à grands et longs efforts au stade Molson deviennent un fardeau plutôt qu'une mine d'or.

Mais il reste un atout majeur: le football a séduit les Québécois francophones. Qui n'a pas un fils, un neveu ou un ami dont le fils rêve de jouer au football? Les écoles secondaires créent des clubs pour attirer la clientèle étudiante.

Enfin, au poste d'entraîneur-chef, je mettrais mon argent sur Jim Zorn et sur sa longue expérience de la LNF. Un spécialiste des quarts-arrières qui a joué une saison dans la LCF et qui, surtout, a été l'entraîneur d'Anthony Calvillo dans la NCAA.

Parce que c'est encore au vieil Anthony qu'on demandera de sauver les meubles. Vaut mieux le rendre le plus à l'aise possible.

La pub de la pub

Reçu hier un courriel me vantant la publicité que GoDaddy, une entreprise de gestion d'affaires, a préparé pour le match du Super Bowl. Nous en sommes là: une pub pour vanter la pub qui s'en vient.

À 3,8 millions pour 30 secondes, il y a de quoi y mettre le paquet.

Le hasard a fait que je l'ai vue, cette fameuse publicité. Un bizarre de concept, qui nous met mal à l'aise, mais qui nous captive. On a hâte que ça se termine, et pourtant...

Je ne vous en dis pas plus.

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Commentaires (2)
    • Pour la majorité des gens le football c'est la NFL,point final.Les Alouettes sont une espèce de bête bizarre qui est regardée de temps en temps à la télé par curiosité,sans plus.Financièrement c'est une organisation non rentable qui survit grâce à un mécène(y a pas d'autres mots!)...un certain Bob Wetenhall.Quand il ne sera plus là,qui osera prendre la relève?
      Il existe un choix pour les Alouettes: que l'équipe embauche beaucoup de francophones,tant à la direction que sur le terrain où le quota des joueurs canadiens serait remplacé majoritairement par des québécois.Question de se connecter et de susciter un certain intérêt.
      Ce n'est pas un hasard si les noms de Vercheval,Proulx,Maciocia,Constantin et Chapdelaine circulent au sein de l'équipe.

    • Il y a un pas entre notre football universitaire et la ligue canadienne. Quoiqu'on en dise il n'a pas été franchit. Soyons patients!
      Je comparerais cela au saut à faire entre la CFL et la NFL... Mais au moins il y a l'intention des Alouettes de se rapprocher de leurs fans. C'est louable.
      Vercheval, Proulx, Heppel, Sutherland... on a acquis ici une expertise en football qui rassemble les amateurs.
      Chacun est bien là où il est et finalement je trouve ça dommage un peu! Pourquoi pas risquer pour les partisans et surtout sauter sur l'opportunité maintenant.
      En tout cas ils sont mieux de pas critiquer, hein?
      Comme un relent de petit pain... à hot-dog tiens, steamé!

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