Les «Flying Frenchmen» volent bas...

Ronald King
La Presse

Ça repart ce soir et peut-être jamais, dans toute leur histoire, les Flying Frenchmen n'auront-ils volé aussi bas. Non seulement l'équipe est sans vie, sans fierté, mais sa direction a réussi à se mettre à dos la grande majorité de sa dévouée clientèle.

Le CH a des partisans prêts à tout avaler sans perdre leur passion pour le club. Du moins, on le croyait, jusqu'à ce qu'un mauvais calcul, une erreur de jugement du directeur général entraînent l'équipe encore plus bas.

Cette mauvaise lecture du milieu a été la grande erreur d'un homme qui n'habite pas ce milieu, justement. Monsieur Gauthier a choisi d'installer sa famille à Burlington, au Vermont. Lorsqu'il a répondu avec mépris à la question d'un collègue concernant le coach unilingue anglophone, il s'est trahi.

Chez les anglos

Avez-vous jeté un oeil ou une oreille aux médias anglophones? Non, vous ne l'avez pas fait.

Il n'en reste plus beaucoup... un journal majeur, une station de télé locale majeure, quelques vedettes à la radio... Avec le temps, les anglos ont quitté le Québec pour Toronto ou Calgary, et ceux qui ont choisi de rester méritent notre considération.

Bien sûr, ils ne croient pas que l'entraîneur du CH doive parler français. Ils croient que l'entraîneur doit d'abord gagner et, curieuse expression, il doit savoir parler hockey.

Et ils semblent se ranger derrière Randy Cunneyworth comme s'il pouvait sauver cette équipe démolie. In your dreams... comme vous dites. (Cela dit, je ne suis pas d'accord avec ceux qui se moquent de Cunneyworth. Le gars n'a pas demandé de se retrouver au centre d'une polémique qui le dépasse).

Chez les anglophones, on obtient un juste portrait de l'état d'esprit en lisant les nombreuses lettres des lecteurs. Ils rappellent qu'eux aussi ont articipé à bâtir Montréal et que le Canadien leur appartient également.

Le ton est déterminé, mais pas agressif. C'est celui d'une minorité qui a compris qu'elle ne ferait plus jamais la loi au Québec, que ce temps-là est très loin. C'est une minorité qui demande qu'on la respecte, ce que nous faisons d'habitude, mais il y a ce maudit hockey qui vient gâcher les choses...

Un chroniqueur de CTV a parlé d'hystérie collective de la part des médias francophones... Je crois que les médias ont fait leur travail et que l'hystérie est survenue quand des politiciens, des porte-parole de groupuscules - je les soupçonne toujours d'en être le seul membre - et tout ce qui grenouille ont fait la file pour obtenir leurs 30 secondes à la télé ou publier son commentaire dans le journal.

On en a trop entendu et lu. «Nous sommes des Latins et nous avons besoin de vibrer», s'est écrié l'increvable Denis Coderre, mais je n'ai pas bien compris à quoi il voulait en venir avec ce cliché éculé.

Un autre s'est inquiété pour les pauvres jeunes Québécois qui se présenteraient dans un vestiaire où tout se passe en anglais... Tout se passe déjà en anglais dans ce vestiaire, Monsieur Louis Bernard. Pensez-vous que Jacques Martin et Pierre Gauthier se parlent en français? Dans vos rêves peut-être...

Malaise chez les joueurs

En ce qui regarde les jeunes hockeyeurs québécois, j'ai l'impression qu'en voyant tout ce grabuge, ils seront encore moins tentés de choisir le Canadien. Il n'est pas facile pour eux de répondre quotidiennement à des questions délicates à propos de choses dont ils se foutent pas mal. Ils ont d'autres problèmes que ceux-là, comme celui de survivre dans un monde coupe-gorge.

Et j'espère que ce grand spectacle public n'influencera pas Garry Bettman quand viendra le temps de revenir à Québec. Lui et ses sbires n'aiment surtout pas avoir des ministres et autres maires bavards dans les pattes. Ils détestent devoir s'expliquer et nous avons tendance à poser beaucoup de questions...

Mathieu Darche

Ce qui fait de Mathieu Darche le porte-parole numéro un du CH au Québec. M. Gauthier est chanceux de l'avoir, celui-là. Il répond toujours sans envenimer la situation, il temporise, il apaise, il détourne le sujet, bref, ce garçon est mûr pour une belle carrière en diplomatie. Sa position est loin d'être agréable.

Je lui souhaite d'en profiter, il le mérite bien. À Columbus ou à Dallas, Mathieu Darche serait un joueur anonyme. À Montréal, il est plus important qu'un médiateur de l'ONU.

Ce qui lui permet d'entreprendre une petite carrière en publicité et d'arrondir ses fins de mois. Même que M. Gauthier devrait lui accorder un bonus pour le bon travail qu'il fait en tentant de sauver ce qui reste des meubles.

À l'avenir, si Mathieu Darche me recommande une huile à moteur, je l'achèterai, même si je n'ai pas d'auto.

Un déodorant? Vendu!

Que faire avec mon argent? Mathieu Darche connaît sûrement une bonne maison de placement...




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